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Sans lutte contre le réchauffement climatique, la pollution deviendra indestructible

Olivier Cognasse

Publié le

Les travaux de l’Ineris apportent un élément essentiel pour comprendre la lutte contre la pollution. Cette dernière peut se révéler totalement inefficace si une politique au niveau planétaire n’est pas menée contre le réchauffement du climat. Eléments de réponses avec le programme Salut’Air d’Ineris, qui modélise les prévisions à l’horizon 2050.    

Sans lutte contre le réchauffement climatique, la pollution deviendra indestructible © Guy Goreck - Flickr c.c.

L’envolée des émissions de dioxyde de carbone (CO2) devient préoccupante. Le rapport annuel du Global Carbon Project (GCP) chiffre à 2,3% l’augmentation des émissions de CO2 en 2013. Et cette année, les chiffres devraient être du même ordre. Si des mesures draconiennes ne sont pas instaurées rapidement, il sera impossible de limiter à 2°C le réchauffement planétaire d’ici à la fin du siècle. L’Europe s’inquiète.

La Commission européenne a discuté du paquet "qualité de l’air" le 18 décembre 2013. Si les décisions n’ont pas encore été prises, l’idée est d’imposer de nouveaux plafonds d’émission de polluants. Il prévoit en 2030 une réduction de 52 % - par rapport à 2005 - des incidences de la qualité de l’air sur la santé et une baisse de 35 % de la superficie d’écosystèmes dépassant les limites établies concernant l’eutrophisation, processus d’accumulation dans un milieu d’éléments nutritifs comme l’ammoniac ou les azotes qui peut porter atteinte à la biodiversité en favorisant la croissance de certaines espèces au détriment d’autres.

Mais il ne s’agit plus seulement de lutter contre les polluants. "Sans politique du climat, les mesures et la législation contre la pollution seront inopérantes. Tout sera compensé par le réchauffement climatique, dont les effets seront trop importants. Par contre, si un effort est fait sur le climat, l’amélioration sera significative sur l’ozone et sur les particules, même si ces dernières baisseront moins nettement", résume Laurence Rouil, responsable du pôle environnemental à l’Ineris.

Une précision de simulation jamais atteinte

L’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) conduit depuis des années des travaux destinés à évaluer l’impact des politiques de gestion de la qualité de l’air. L’Institut et ses partenaires (CNRS, Université de Strasbourg) ont développé dans le cadre du projet de recherche Salut’Air, financé par le ministère de l’Ecologie et dévoilé ces derniers jours, une chaîne de modélisation intégrant le changement climatique et des facteurs comme la pollution longue distance pour évaluer les politiques de gestion de la qualité de l’air à l’horizon 2050.

Elle met en cohérence quatre modèles : circulation générale de l’air couplée océan/atmosphère ; climat régional ; modèle global de chimie atmosphérique ; qualité de l’air régional. Ce projet bénéficie d’une technique novatrice de correction d’incertitudes, notamment avec les avancées du programme de simulations régionales Euro-Cordex, qui permet d’atteindre un niveau de résolution spatiale jamais atteint : 12 kilomètres. Les projections en 2050 permettent de comprendre un paramètre déterminant : le changement climatique doit être pris en compte, sans quoi les législations sur la qualité de l’air seront inopérantes. "En effet, on va réduire nos émissions d’oxyde d’azote, de composés organiques volatils, mais comme il fera beaucoup plus chaud parce qu’on n’aura rien fait pour le climat, il y aura un effet de compensation qui fait que les efforts consentis sur la qualité de l’air seront à long terme inopérants", prévient Laurence Rouil. La mise en place d’une politique ambitieuse est inévitable, mais elle ne peut se limiter à une seule région du monde.

Pas de surcoût financier

"Les décisions doivent être internationales en raison des transports longue distance des polluants. Sur l’ozone, les niveaux observés en Europe sont influencés par les Etats-Unis. Il existe, par exemple, des phénomènes de traversée de panache de particules partant du Sahara pour aller vers les Antilles y créer un épisode de pollution. En France, l’importation des particules en provenance d’Europe de l’Est peut représenter 10 à 60 % du total. A l’inverse, les émissions partent de France vers le Royaume-Uni - qui s’en plaint - et vers l’Europe de l’Est", explique-t-on à l’Ineris.

Et pour ceux qui ne voient que le porte-monnaie, les analyses montrent qu’agir pour atténuer le réchauffement climatique conduit certes à une augmentation des coûts, mais l’impact de ces mesures permet d’équilibrer la balance en réduisant considérablement les dépenses de santé et de gestion de la qualité de l’air. Un bon argument pour convaincre les récalcitrants.

Olivier Cognasse

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2 commentaires

Nom profil

06/10/2014 - 14h06 -

On nous parle de lutte contre le réchauffement climatique, ce qui est très étonnant, car enfin la TMAG (température moyenne annuelle globale) est stable depuis 1997, alors que, sur cette période, nous avons émis 40% de toutes nos émissions de CO2 depuis le début de l’ère industrielle. Je ne vois donc pas l’intérêt de dépenser des sommes aussi pharaoniques qu’inutiles pour lutter contre un RC qui n’existe pas. Il y a d’autres priorités pour traiter des problèmes bien réels qui ont besoin de financement…
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Nom profil

04/10/2014 - 19h52 -

Encore faudrait-il qu’il y ait effectivement réchauffement climatique, ce qui voudrait dire que les thèses hypothétiques du GIEC soient exactes, et que les projections des modèles numériques soient crédibles. Or, depuis 18 ans, les projections des modèles numériques, dont les thèses du GIEC en constituent le socle, divergent de plus en plus des observations. Dans tout domaine scientifique sérieux, quand une telle divergence entre les observations et les sorties d’un modèle numérique se produit, la théorie, même si elle est belle, est considérée comme fausse, et le modèle numérique sensé la valider est mis à la poubelle. Mais en climatologie mainstream, qui est trop influencée par une idéologie radicale, on garde les modèles quoiqu’il arrive, on cherche des explications pour « expliquer » la divergence, mais aucune n’a un soupçon de crédibilité.
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