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L'Usine Santé

Sanofi, un labo en plein tournant stratégique

Coralie Lemke

Publié le

Sanofi, un labo en plein tournant stratégique
Avec les rachats de Bioverativ et d’Ablynx [photo], Sanofi se renforce dans les maladies rares.

Sanofi connaît un tournant. En l’espace d’une semaine, le groupe pharmaceutique tricolore vient d’annoncer deux gros rachats. Celui de la biotech américaine Bioverativ d’abord, celui de la belge Ablynx ensuite. Deux acquisitions pour lesquelles Sanofi a déboursé plus de 13 milliards d’euros. Après avoir acheté en 2011 Genzyme, qui élabore des traitements contre les maladies rares, Sanofi poursuit sa spécialisation. Bioverativ se concentre sur l’hémophilie, surnommée « la plus commune des maladies rares », et Ablynx sur les maladies rares du sang. « Les maladies rares et la médecine de spécialités sont un moteur de croissance important. Nous attendons une progression d’au moins 10 % par an d’ici à 2020, explique un porte-parole de Sanofi. Genzyme a déjà généré 17,3 % de croissance de nos revenus, soit 5 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2016. » Son département maladies rares a progressé de 11,7 % en 2016 et représente désormais 2,7 milliards d’euros du chiffre d’affaires du groupe.

Deux réussites après deux ratés

Sanofi peut compter sur une base solide. « Son business s’appuie sur un socle diversifié, avec des traitements qui s’adressent au plus grand nombre, comme les antidiabétiques et les insulines, mais aussi les OTC [pour « Over the counter », ndlr], les médicaments grand public en vente libre. Sans oublier les vaccins. Aujourd’hui, avec une assise dans les maladies rares, Sanofi élargit sa base », analyse Vincent Genet, associé d’Alcimed, une société de conseil en innovation et développement de nouveaux marchés. Le laboratoire a établi une feuille de route jusqu’à 2020. L’une de ses priorités est d’occuper une position de leader dans les domaines qu’elle investit.

Ces deux annonces arrivent à point nommé. « Auparavant, Sanofi a raté deux acquisitions. La première, celle de Medivation en 2016, finalement racheté par Janssen. La seconde, celle d’Actelion, tombé dans l’escarcelle de Pfizer en 2017. Il fallait absolument s’activer pour rassurer les investisseurs et les actionnaires », rappelle Isabelle Fréret, déléguée nationale CFE-CGC pour la branche santé. À propos de sa dernière acquisition, Ablynx, Sanofi peut même se targuer d’avoir gagné la bataille contre Novo Nordisk, qui avait approché la biotech belge. Le géant pharmaceutique danois n’avait proposé que 2,6 milliards d’euros pour racheter l’entreprise. Il n’a pas souhaité renchérir après l’offre de Sanofi, d’un montant de 3,9 milliards d’euros. Quelques jours plus tôt, Sanofi n’avait pas hésité à débourser 9,3 milliards d’euros pour Bioverativ, soit une offre 64 % supérieure au cours de la Bourse de la biotech américaine. Des montants qui soulèvent des questions, selon les experts. « Après les deux dernières annonces de rachat, on a constaté par deux fois une baisse de l’action de Sanofi en Bourse. Le cours finit par remonter. Mais les analystes boursiers considèrent que ces rachats sont trop élevés, qu’ils ne se font pas au bon prix », explique Isabelle Fréret.

Des montants élevés, mais nécessaires

Accusé de mettre des chèques trop gros sur la table, Sanofi avait perdu ses précédents bras de fer parce qu’il ne faisait pas d’offres assez alléchantes. En 2016, pour Medivation, spécialisé dans les traitements contre le cancer, le groupe proposait 8 milliards d’euros quand, en face, Pfizer avançait 11 milliards. « En réalité, si Sanofi avait fait une proposition inférieure pour Bioverativ ou Ablynx début 2018, on lui aurait reproché de ne pas avoir les moyens de ses ­ambitions, souligne Vincent Genet, d’Alcimed. Si aujourd’hui les sommes paraissent élevées, l’enjeu principal était de pouvoir s’assurer que ces achats seraient réalisés par le groupe. » La multinationale ­française retient les enseignements du passé et préfère désormais avancer immédiatement une somme assez élevée.

Le retour sur investissement attendu de ces deux acquisitions vaut bien les milliards mis sur la table, selon l’expert : « Racheter ces biotechnologies va permettre de créer de véritables relais de croissance. C’est tout simplement le prix à payer pour accéder à ces innovations. » Sanofi a choisi de déployer du capital plutôt que de miser sur une croissance organique. Mettre au point ces deux produits en interne n’aurait pas été plus avantageux pour le laboratoire. « Quand on compare ces montants avec ce que coûte une R & D en interne, de la découverte jusqu’à la mise sur le marché, cela se chiffre aussi en centaines de millions d’euros, précise ­Vincent Genet. Là, au moins, au moment du rachat, le concept est déjà avancé. » 

Février 2011 : Sanofi rachète Genzyme, le leader mondial des maladies rares, pour 16milliards d’euros.

Août 2016 : Pfizer souffle à Sanofi Medivation,la biotech américaine spécialisée dans les traitements contre le cancer.

Janvier 2017 : L’américain Johnson & Johnson double le français pour l’acquisition d’Actelion.

Janvier 2018 : Sanofi débourse 9,3 milliards d’euros pour acheter Bioverativ, un laboratoire américain centré sur l’hémophilie.

Janvier 2018 : Le groupe annonce le rachat de la biotech belge Ablynx pour 3,9 milliards d’euros, damant le pion au danois Novo Nordisk.

 


 

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