Sanofi revoit légèrement à la baisse son plan de restructuration en France

Après un été à négocier avec les syndicats, la direction de Sanofi présente mardi 15 octobre, en Comité Central d’Entreprise, son plan de restructuration amendé pour la R&D. L’Usine Nouvelle vous en dévoile les principales lignes.

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Sanofi revoit légèrement à la baisse son plan de restructuration en France

Il y a deux semaines, les négociations avaient achoppé. Les syndicats avaient préféré claqué la porte. Ce mardi 15 octobre, la direction de Sanofi présente officiellement le projet de restructuration amendé ("Livre 2") de sa R&D hexagonale, devant son Comité Central d’Entreprise. Le dernier volet d’un large plan de suppressions d’emplois en France, annoncé en juillet 2012 et basé sur des départs volontaires, avec 914 postes supprimés dans plusieurs activités (production des vaccins, fonctions support, affaires médicales et R&D). La partie concernant la R&D avait en effet été rejetée en appel en mars par la justice, saisie par les syndicats.

Retour à la croissance pour la fin de l’année

Expiration des brevets, réduction des dépenses de santé dans le monde, diminution de la productivité de la R&D: "les entreprises pharmaceutiques doivent s’adapter à cette évolution de leur environnement mais voient inéluctablement leurs résultats diminuer", argumente le groupe pharmaceutique. Pourtant, la diversification des activités amorcée depuis l’arrivée fin 2008 de son nouveau directeur général, Chris Viehbacher, semble porter ses fruits (voir notre analyse "La thérapie de choc pour Sanofi"), avec un retour à la croissance annoncé par le groupe pour le quatrième trimestre. Pour la direction, pas de quoi néanmoins remettre en cause la refonte de la R&D.

Des préconisations ministérielles plus ou moins respectées

Selon le document de 263 pages présenté ce mardi, dont L’Usine Nouvelle a pu prendre connaissance, le laboratoire a cependant légèrement revu à la baisse son projet de restructuration. Le projet prévoit désormais 186 suppressions nettes d'emplois (contre 207 annoncés en juillet) sur les 5 000 chercheurs exerçant en France. Un chiffre qui serait en réalité de 348, affirment les syndicats, qui reprochent à la direction de comptabiliser 162 créations de postes qu’ils jugent hypothétiques. Le projet prévoit également 453 transferts géographiques, majoritairement vers d'autres régions (parisienne ou lyonnaise). Les principaux sites impactés restent le centre de recherche de Toulouse et le site R&D de Montpellier. En mai, un rapport d’experts commandé par le ministre Arnaud Montebourg préconisait le maintien de 500 postes sur les 617 que compte Toulouse, et demandait à Sanofi de s’engager "à maintenir le nom et supporter les différentes activités du site au moins pour cinq ans". Si la direction reprend l’idée de ce rapport de créer des "plateformes" de compétences à Toulouse, elle ne prévoit de garder que 364 postes. Et préfère promettre d’accompagner ces plateformes "pour réussir leur autonomisation dans les cinq prochaines années".

Les ambitions revues à la baisse à Lyon

Le groupe pharmaceutique semble par ailleurs revoir ses ambitions à la baisse à Lyon. Certes, il prévoit toujours d’y regrouper les activités de recherche anti-infectieuses. Mais il ne fait plus état de "la construction d’un centre d’excellence mondial", qui regrouperait l'ensemble des chercheurs de ses filiales Pasteur et Merial et ceux du site de Toulouse. Priorité est désormais donnée à la "co-localisation" en région lyonnaise, en plaçant les biologistes et les chimistes de l’unité anti-infectieuse sur ses infrastructures existantes de Marcy l’Etoile et de Neuville sur Saône.

Le projet sera désormais âprement négocié durant deux mois, en parallèle des procédures sociales menées au niveau des CCE et des instances locales. Il sera ensuite soumis à la signature des organisations syndicales. Volontariat, transferts, reclassements : "la direction de la R&D souhaite mobiliser tous les moyens permettant de favoriser le volontariat et de trouver une solution pour chacun, afin d’éviter tout licenciement", précise Sanofi. Rendez-vous mi-décembre pour faire le point.

Gaëlle Fleitour

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