Sanofi réorganise sa chimie et les syndicats craignent une cession

PARIS (Reuters) - Sanofi souhaite réorganiser son activité de chimie pour la scinder en deux entités : l'une fabriquant les molécules pour son propre compte et l'autre pour des clients tiers, a appris lundi Reuters.

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Sanofi envisage de regrouper les forces commerciales de son activité "tiers", qui produit notamment des vitamines B12 où des corticoïdes pour des sociétés externes, avec les unités de production de ses principes actifs (Elbeuf et Vertolaye en France, Ujpest en Hongrie) donnant naissance à une entité économique regroupant 1.600 personnes, a précisé un porte-parole du laboratoire pharmaceutique.

Le projet a été présenté la semaine dernière en comité central d'entreprise (CCE). Il serait mis en oeuvre à partir du 1er janvier 2017, selon un document que Reuters s'est procuré.

Dans ce même document, Sanofi écrit que "la chimie-biochimie doit améliorer sa performance en diminuant ses coûts de revient de 20% entre le budget 2015 et le réel 2018" et que "ces 20% représentent la distance minimum qui nous sépare de nos compétiteurs".

"Sanofi ne se désengage pas de la chimie et il n'y aura pas d'impact sur les effectifs" mais se laisse "la possibilité d'envisager différentes options pour définir la meilleure stratégie de développement de cette entité, qu'il s'agisse d'une cession, d'une joint-venture ou d'un maintien au sein de l'entreprise", a expliqué le porte-parole du groupe.

"Cette nouvelle organisation permettra à Sanofi de gagner en réactivité et ainsi de mieux répondre aux attentes de ses clients tiers. Elle contribuera à une croissance durable de l'activité des sites concernés."

Les syndicats craignent la cession de l'activité pour tiers de Sanofi

Les syndicats CGT et CFDT craignent qu'un projet de scission des activités chimiques aboutisse assez vite à une cession de l'activité pour tiers.

"Nous avons le sentiment que le projet de cession est celui que privilégie la direction. Pour nous, c'est inacceptable car l'activité est rentable et qu'une cession fragiliserait l'ensemble des activités du groupe", commente Thierry Bodin, coordinateur CGT de Sanofi.

L'activité de vente aux tiers représente un chiffre d'affaires annuel d'environ 400 millions d'euros.

A la CFDT, un élu au CCE estime que "le choix de la cession est déjà fait mais qu'il ne devrait être annoncé qu'à partir du second semestre 2017", après l'élection présidentielle.

"Sanofi se sépare de Zentiva, son activité de médicaments génériques en Europe, et de Merial (santé animale) ; pourquoi garderait-il son activité "tiers" qui n'est pas son coeur de métier ? La cession est donc logique à terme", ajoute ce syndicaliste.

Pour Reuters, Noëlle Mennella, édité par Dominique Rodriguez

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