Sanofi recentré, quel avenir pour ses usines

Une semaine après la présentation de la feuille de route du nouveau directeur général de Sanofi, les discussions s’amorcent avec les représentants du personnel. Pour les usines européennes, l’impact de la nouvelle stratégie sera contrasté.   

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Site R&D de Sanofi - Crédits : Sanofi-Aventis

Sans surprise, le nouveau patron de Sanofi, Olivier Brandicourt, a décidé de suivre le chemin pris par les autres grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux, en se recentrant sur la santé humaine et les nouvelles molécules. Pour financer de futures acquisitions dans ce domaine, Merial, sa filiale vétérinaire, et Zentiva, son activité de médicaments génériques en Europe, sont sur la sellette. Cession, joint-venture, introduction en bourse voire réintégration : toutes les options sont sur la table, a insisté le directeur général lors de la présentation de la feuille de route le 5 novembre.

Une expertise pour mesurer l’impact d’une sortie des génériques

Cinq jours plus tard, devant les représentants européens du personnel de Sanofi, il a précisé se laisser un an pour décider. Une façon de procéder plutôt bien accueillie par les élus, en particulier étrangers, selon Stéphane Galiné, le secrétaire CFDT du comité européen Sanofi, car elle tranche avec les méthodes plus brutale de son prédécesseur, Chris Viehbacher. Reste à savoir quel sera l’impact d’une éventuelle sortie des génériques. Ces derniers sont produits dans les trois usines dédiées de Zentiva situées en Roumanie, République Tchèque et Turquie, mais aussi dans une vingtaine d’autres sites du groupe Sanofi, notamment en France, à côté d’autres médicaments chimiques. Les élus européens ont donc voté une expertise pour comprendre les enjeux d'un éventuel découpage des activités.

Pas de fermeture de site, mais des cessions ?

Désireux de rassurer l’opinion publique et ses actionnaires hexagonaux, Sanofi s’est engagé à ne fermer aucun site de production en France. Difficile pour autant d’exclure l’éventualité de cessions à un sous-traitant façonnier, qui s’engagerait durant quelques années à maintenir l’emploi en contrepartie d’une garantie de volumes assurée par Sanofi, estime un consultant. Que deviendront en particulier les sites fabricant des médicaments anciens et des génériques, comme Compiègne, dans l’Oise, déjà partie prenante de l’accord de compétitivité industrielle lancé par le groupe à l’échelle mondiale ?

Mettre l’accent sur les biotechnologies

"Nous devons attendre l’expertise pour voir, voire formuler des contre-propositions visant les orientations stratégiques présentées à l’horizon 2018-2020", confie Stéphane Galiné, n’excluant pas "la possibilité de leur démontrer qu’une acquisition pour compléter une gamme de génériques serait peut-être plus judicieuse que de s’en séparer". D’autres sites de production du groupe Sanofi, comme le francilien Vitry seront à contrario renforcés par la nouvelle stratégie d’Olivier Brandicourt. Il entend en effet investir dans les capacités de production de médicaments biologiques.

Gaëlle Fleitour

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