Sanofi promet des "profits responsables" pour son vaccin contre la dengue

Le français Sanofi Pasteur promet de mettre son vaccin contre la dengue – une première mondiale attendue pour 2015 - en priorité à destination des pays d’Amérique latine et d’Asie les plus touchés. Et de s’octroyer des profits "responsables".

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Sanofi promet des

Cela fait 70 ans que laboratoires publics et privés essaient, en vain, de mettre au point. Et dans le meilleur des cas, ce n’est pas avant 2014 que le premier vaccin contre la dengue, développé par le français Sanofi, pourrait être enregistré … puis lancé l’année suivante. Les premiers bénéficiaires devraient en être les pays émergents, a assuré ce mercredi 13 juin, la filiale vaccins du laboratoire français, lors d’une conférence à Bangkok, en Thaïlande. "La priorité sera donnée aux pays endémiques d’Asie Pacifique, d’Amérique latine et des Caraïbes", explique Jean Lang, responsable du programme de R&D sur la dengue de Sanofi Pasteur.

Une démarche inhabituelle. Car les laboratoires pharmaceutiques développent généralement en premier lieu pour les pays développés, plus solvables. Mais dans le cas de la dengue, la situation est plus complexe. 55% de la population mondiale vit dans des zones présentant un risque de développer cette maladie tropicale (deuxième plus importante après la malaria), transmise par le moustique tigre. Or il s’agit, en grande majorité, de pays à faibles ou moyens revenus.

"Nous avons réalisé un important investissement avec ce vaccin (un milliard d’euros de R&D en quinze ans, ndlr), nous voulons faire des profits responsables mais nous avons la possibilité d’utiliser un mécanisme de prix différencié avec des organismes internationaux pour aider les pays défavorisés à introduire le vaccin, assure Jean Lang à L’Usine Nouvelle. Ce sera discuté entre les ministères de la Santé, de chaque pays, les fournisseurs de soin et nous."

Mais les premiers Etats bénéficiaires devront jouer le jeu. C’est à dire, avoir peaufiné un plan de vaccination sur plusieurs années, et être capables d’assurer le suivi logistique : disposer de compétences dans la chaine du froid pour stocker les doses, parvenir à faire vacciner les enfants et adolescents, et suivre la tolérance du vaccin, pour en mesurer le bénéfice sur du long terme…

Des projets également dans les pays riches

Alors que l’OMS (Organisation mondiale de la santé) a fixé comme objectif de réduire la mortalité de la dengue (21 000 décès chaque année) de 50% d’ici 2020, Sanofi Pasteur devrait pouvoir s’appuyer sur des partenaires financiers. Il dispose déjà de l’appui de l’organisation à but non lucratif fondée par le milliardaire mexicain Carlos Slim, qui soutient des projets de santé en Amérique latine à destination des populations les plus vulnérables. Et devrait attribuer 150 millions dollars pour les trois prochaines années à la lutte contre la dengue.

Bien que Sanofi Pasteur s’exprime peu sur le sujet, les pays riches ne sont cependant pas oubliés. L’industriel mène une étude d’efficacité de son produit aux Etats-Unis, qui connaît ses premiers cas de dengue. Selon un expert, le changement climatique et les migrations devraient augmenter la diffusion de la maladie, qui pourrait arriver en Europe d’ici à 2030… "Nous sommes en négociation avec les autorités françaises pour, en fonction des résultats de notre vaccin, le mettre à disposition dans les zones endémiques des Antilles", précise enfin Jean Lang.

Gaëlle Fleitour, à Bangkok

Un vaccin issu d’une usine française
Destiné à l’Asie et l’Amérique latine, le vaccin sera cependant produit à Neuville-sur-Saône, près de Lyon. Un ancien site chimique dans lequel Sanofi Pasteur a investi plus de 300 millions d’euros pour le reconvertir en usine biotech. L’objectif étant de profiter de la proximité avec le site de R&D de Sanofi Pasteur, à Marcy l’Etoile, et des compétences du bassin lyonnais en biotechnologie. L’usine devrait être prête, fin 2014, à produire 100 millions de doses annuelles. Car en parallèle du développement du vaccin contre la dengue, la mise au point du procédé industriel avance. "Notre processus industriel est en phase 3, alors que les concurrents sont en phase 1", assure Jean Lang. Restera ensuite à l’industriel la phase de "scale-up", pour faire passer la production au stade industriel. Mais Sanofi se base sur un procédé qu’il maitrise bien : la culture des souches du vaccin avec des cellules Vero, qu’il utilise déjà pour les vaccins contre la rage et la poliomyélite.

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