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Sanofi : portrait-robot du successeur de Chris Viehbacher

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Après l’éviction spectaculaire du patron de Sanofi ce mercredi matin, qui va prendre la direction du premier laboratoire français, dans le top 5 mondial ? Au sein de Sanofi, aucun homme fort n’avait émergé. Tandis qu’à l’extérieur, la prime à la nationalité française pourrait limiter le choix d’un dirigeant d’envergure internationale...

Sanofi : portrait-robot du successeur de Chris Viehbacher © AFP

Après l’éviction spectaculaire de son directeur général lors d’un conseil d’administration ce mercredi 29 octobre, qui prendra la tête de Sanofi ? Le premier groupe pharmaceutique français (32,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2013, en chute de 5,7% par rapport à 2012) vient d’annoncer s’être séparé de Chris Viehbacher, le patron germano-canadien qui présidait à sa destinée depuis six ans.

Dans l'attente de la nomination de son successeur (aucune date n’a été précisée), le président du conseil d'administration Serge Weinberg assurera ses fonctions à titre intérimaire. La gouvernance reviendra ensuite à une présidence et une direction générale dissociées, selon le groupe.

Ces rares patrons français de laboratoires internationaux...

En 2008, pour remplacer Gérard Le Fur en froid avec le charismatique ancien président Jean-François Dehecq, Sanofi n’avait pas hésité à débaucher le patron de son concurrent anglais GSK, Chris Viehbacher, pour se trouver un dirigeant de stature internationale capable de le maintenir parmi le top 5 des big pharmas mondiales. Le laboratoire français ira-t-il à nouveau piocher chez ses proches concurrents : les suisses Novartis et Roche, l’américain Pfizer… ? Selon Les Echos, "des contacts auraient été pris avec au moins un haut dirigeant d'un laboratoire pharmaceutique concurrent", mais "n'ont pas abouti". Serge Weinberg, lui, reconnaît des échanges avec de potentiels candidats.

A moins que le groupe hexagonal ne préfère se choisir un patron de nationalité française ? Le choix serait alors réduit, à moins d’aller chercher chez des laboratoires plus petits… Ainsi, Christophe Weber dirige le japonais Takeda, tandis que Pascal Soriot s’est fait une renommée cette année à la tête de l’anglais AstraZeneca pour avoir su repousser l’OPA du géant Pfizer. Il y a peu de chances, dans tous les cas, que Sanofi fasse remonter une candidature interne : le management de Chris Viehbacher, jugé trop solitaire par son Conseil d’administration, n’ayant fait émerger aucun autre homme fort - mis à part le brillant patron de la R&D, Elias Zehrouni - susceptible de prendre la tête d’un groupe aux grandes ambitions. Mais la piste d’un Frenchy venu de l’extérieur semble privilégiée. Car parmi les griefs reprochés à Chris Viehbacher, son déménagement à Boston depuis quelques mois semblait en première ligne… Un ancrage américain d’une partie de la direction et de la R&D de Sanofi qui suscitait, depuis quelques mois, une inquiétude croissante en interne. Même si les Etats-Unis représentent encore, et de loin, le premier marché pharmaceutique au monde, Sanofi conserve en France un tiers de ses chercheurs, et ses racines...

Se montrer plus collaboratif avec le Conseil d’Administration

"La poursuite du développement du groupe exige aujourd'hui un management fédérant plus largement les talents, une focalisation plus grande sur l'exécution et une collaboration étroite et confiante avec le Conseil", selon le conseil d’administration de Sanofi. Serge Weinberg a fixé les conditions. Le nouveau directeur général devra être "un professionnel de la pharmacie ayant une vision, une capacité de maintenir l'innovation et la recherche à un haut niveau dans les priorités et capable de poursuivre la stratégie du groupe". Il affirme que "la nationalité n'est pas un facteur". Quel que soit le candidat pressenti, le travail ne manquera pas à la tête pour redresser un groupe dont les derniers résultats trimestriels publiés mardi, avec un bénéfice net en baisse de 2,4% au troisième trimestre et un chiffre d'affaires en hausse de 4,1% à 8,78 milliards d'euros, ont globalement déçu les marchés.

Assurer le retour à la croissance du groupe

"La stratégie de développement du groupe, de développement de ses plates-formes de croissance (ses activités stratégiques - médicaments contre le diabète, vaccins, traitements vétérinaires ou encore biotechnologies - qui représentent désormais 78% du chiffre d'affaires total du groupe, ndlr), fondée notamment sur un effort important d'innovation et de recherche, tout ceci reste à l'ordre du jour", précise Serge Weinberg.

Chris Viehbacher avait déjà mené une ample et douloureuse restructuration des activités de R&D du groupe, dont une partie a d’ailleurs été invalidée récemment. Sanofi compte d'ailleurs faire appel de ce jugement. Le germano-canadien avait essayé de préparer le terrain pour permettre à Sanofi de  surmonter une pénible "falaise des brevets", c’est à dire la fin de la période d'exclusivité de ses médicaments phares.

Son successeur devra désormais assurer le retour à la croissance - alors que celle de l’activité diabète, pourtant phare pour le groupe, semble déjà compromise pour l’an prochain - et le lancement de tous les nouveaux médicaments promis par le groupe pour faire face à la concurrence...

Gaëlle Fleitour

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