Quotidien des Usines

Sanofi Pasteur restructure le site de Marcy-L’Etoile

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Des productions sont transférées en France et en Inde. 400 postes sont menacés. Des investissements sont réalisés sur de nouvelles technologies.

Sanofi Pasteur restructure le site de Marcy-L’Etoile © Sanofi Pasteur

Aux portes de Lyon, le plus grand site mondial de recherche et production de vaccins se prépare à une grande mutation. Leader mondial des vaccins devant les laboratoires occidentaux GSK, Merck et Novartis, Sanofi Pasteur doit aussi s’armer pour faire face à la concurrence de fabricants asiatiques, désormais capables de produire des vaccins sophistiqués. A Marcy-l’Etoile (Rhône), son principal site occupe 40 hectares et 90 bâtiments, dédiés à trois activités : la R&D, la chimie pour fabriquer les principes actifs des vaccins (les antigènes) et la mise en forme pharmaceutique (sous seringue ou flacon). Il exporte 97 % de sa production, à 90 % dans les pays émergents.

"Or, les prix pratiqués sur les marchés émergents, où se trouve le potentiel de croissance de nos ventes de vaccins, sont très bas, et les marges s'en trouvent sensiblement dégradées", a expliqué Christian Lajoux, le président France du groupe Sanofi, lors de son audition devant l’Assemblée Nationale en décembre. D’où "l’impératif d’être compétitif et d’adapter nos activités", explique André Dupont, directeur du site de Marcy-l’Etoile. Dans le plan de restructuration hexagonal annoncé par Sanofi en juillet 2012, la filiale Sanofi Pasteur n’est pas épargnée. Elle doit améliorer la performance économique de ses unités industrielles.

Des activités stoppées ou transférées en France et en Inde

Pour se réorganiser, Marcy-L’Etoile va stopper une partie de ses activités. Soit parce qu’elles sont jugées trop obsolètes, comme la répartition de seringues, qui aurait demandée 60 millions d’euros d’investissements, explique André Dupont. Elle va donc être transférée sur deux autres sites de Sanofi en Haute-Normandie, qui disposaient de capacités disponibles.

La fabrication de certains antigènes - comme le Pneumo 23, immunisant contre 23 types de pneumocoques - dont les prix ne peuvent plus concurrencer ceux des acteurs low cost sera également stoppée. "Ils représentent moins de 4 % de notre chiffre d’affaires", relativise André Dupont. D’autres, comme le vaccin contre la coqueluche, seront désormais produits sur le site indien de Shantha, un fabricant indien de vaccins racheté par Sanofi Pasteur en 2009.

200 millions d’euros dans un nouveau bâtiment

Pour le vaccin contre l’hépatite A, le groupe a choisi le pragmatisme : les doses à destination des voyageurs seront toujours produites à Marcy-l’Etoile, tandis que Shantha prendra en charge les doses pour les marchés émergents. Conséquence qui inquiète les syndicats : sur les 3 400 salariés de Marcy-l’Etoile, 400 devraient être reclassés sur d’autres sites : chez la filiale voisine Mérial, dédiée à la médecine vétérinaire, sur le site normand du Val-de-Reuil (Eure) de Sanofi Pasteur ou dans d’autres activités de Marcy-l’Etoile.
Car, parallèlement, le groupe continue d’investir sur ce site, afin de garder une avance technologique dans la mise au point et la production de vaccins plus sophistiqués. Plus de 800 millions d’euros ont ainsi été injectés en dix ans. Dont 200 millions dans un nouveau bâtiment de trois étages, doublant les capacités de production de trois antigènes (contre la méningite du nourrisson, la diphtérie et la fièvre typhoïde). Ne reste plus qu’à faire valider les procédés par les autorités sanitaires du monde entier, pour produire les premières doses d’ici 2015.

Gaëlle Fleitour

Un nouveau vaccin pédiatrique bientôt autorisé

Pour consolider son avance mondiale, Sanofi Pasteur n’a pas oublié sa R&D, sur laquelle planche 25 % des effectifs de Marcy l’Etoile. L’agence européenne des médicaments (EMA) vient de recommander ce vendredi l'autorisation de son vaccin Hexyon/Hexacima : un vaccin pédiatrique combiné pour six maladies, qui ne nécessite pas d’être reconstitué au moment de l’injection, contrairement à son concurrent. Une innovation que le Français compte lancer dans le monde dès cette année.


 

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