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Sanofi : les dessous de l'éviction de Chris Viehbacher

Elodie Vallerey , , , ,

Publié le , mis à jour le 29/10/2014 À 15H59

Le 29 octobre, Christopher Viehbacher s'est fait évincer de son poste de directeur général de Sanofi par le conseil d'administration du groupe pharmaceutique. Retour sur les raisons qui ont poussé le "board" de la multinationale à se séparer du Germano-canadien après six ans de collaboration.

Sanofi : les dessous de l'éviction de Chris Viehbacher © AFP

Fin de partie pour Chris Viehbacher à la tête de l'une des plus grosses capitalisations boursières françaises, le groupe pharmaceutique Sanofi.

Depuis le 1er décembre 2008, le Germano-canadien, comptable de formation, occupait le poste de directeur général de la multinationale. Le 29 octobre, il s'est fait sortir par une décision à l'unanimité du conseil d'administration du groupe après des semaines de tergiversations.

ambiance "glaciale" lors du conseil d'administration du 27 octobre

Chris Viehbacher savait en fait depuis lundi 27 octobre après-midi qu'il allait devoir quitter Sanofi. Selon nos informations, lors d'une réunion du conseil d'administration à l'ambiance "glaciale", il a largement questionné les membres du board sur sa pérennité à la tête du groupe.

Durant l'été déjà, puis de manière plus insistante ces dernières semaines, des rumeurs d'éviction l'avaient poussé à vanter son bilan auprès des administrateurs. Le 27 octobre, Serge Weinberg, le président du conseil d'administration, aurait refusé d'évoquer le sujet malgré l'insistance de Chris Viehbacher. Ce 29 octobre au matin, lors d'une réunion expéditive du board  - une trentaine de minutes tout au plus - et dénuée d'échanges, la décision déjà prise en sous-main a été annoncée au directeur général dès lors désarmé.

un management trop "personnel"

L'un des principaux griefs formulés par le conseil d'administration à Chris Viehbacher réside dans son management jugé trop "personnel". Selon nos informations, il lui aurait souvent été reproché de piloter Sanofi "en solo", loin du conseil d'administration, souvent mis au pied du mur concernant les projets de la direction générale. "Les administrateurs historiques, notamment ceux issus de L'Oréal, n'aimaient pas voir les projets internes révélés par la presse avant qu'ils leur soient présentés", rapporte une source.

Autre point de tension : l'insistance de Chris Viehbacher pour occuper à la fois les postes de directeur général et de président du conseil d'administration. Le Germano-canadien avait même commencé les procédures pour se faire naturaliser afin de pouvoir être nommé PDG, souffle-t-on en interne. C'était sans compter les us du groupe pharmaceutique, pas prêt à sacrifier sa direction bicéphale. 

un cahier des charges pourtant respecté à la lettre

C'est autour de Serge Weinberg, le président du conseil d'administration de Sanofi depuis mai 2010, que les tensions entre Chris Viehbacher et les administrateurs du groupe se sont cristallisées. Un affrontement d'egos attisé par le déménagement de Chris Viehbacher aux Etats-Unis au printemps, pourtant approuvé par le conseil d'administration... 

Malgré un cahier des charges imposé par les actionnaires lors de son recrutement fin 2008 respecté à la lettre (économies drastiques, restructurations, refonte de la R&D, diversification, acquisitions...), Chris Viehbacher aura fait les frais d'une gestion probablement trop "anglo-saxonne" d'un groupe encore solidement ancré sur sa terre natale.

Elodie Vallerey

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