L'Usine Santé

Sanofi et le jeu subtil de l'ancrage français dans une compétition internationale

Gaëlle Fleitour , ,

Publié le

Quel héritage reçoit Olivier Brandicourt, nommé ce 19 février directeur général de Sanofi ? Sous la direction de Chris Viehbacher (directeur général de 2008 à 2014) l’ancrage français du groupe a subi de nombreuses réorganisations, notamment au sein de la R&D. Certains sites ont été renforcés pour accueillir de nouvelles technologies ou intensifier les exportations. Avec 12,2 milliards d’exportations, Sanofi est le quatrième exportateur français. Le groupe est aussi le premier investisseur R&D dans l’Hexagone puisqu'il a injecté 1,9 milliard d’euros dans ces activités en 2013.

Sanofi et le jeu subtil de l'ancrage français dans une compétition internationale © Emmanuel VIVENOT

La succession d’opérations de croissance externe a transformé, en quelques décennies, Sanofi en premier acteur pharmaceutique du pays avec 47 sites (R&D, production, sièges, distribution et sites tertiaires) et 26 882 collaborateurs, soit près d’un quart des effectifs du groupe (voir notre carte détaillée).

82% des médicaments et vaccins produits par le laboratoire en France partent à l’étranger, ce qui fait du groupe, avec 12,2 milliards d’euros, le quatrième exportateur français. Avec 1,9 milliard d’euros dépensés en 2013, Sanofi est aussi le premier investisseur R&D - toute industrie confondue - de l’Hexagone.

Troisième Big Pharma mondiale

Sur le plan social, le groupe a souffert des larges plans de réduction des coûts impulsés en six ans par le PDG récemment évincé, Chris Viehbacher, pour rendre le groupe plus compétitif à l’échelle internationale et en faire la troisième big pharma mondiale, avec 32,95 milliards d’euros de chiffre d'affaires en 2013, dont seulement 7,8% en France.

Quelques sites de R&D et de production ont été cédés ou fermés. Six sites ont été renforcés comme ceux des vaccins de Val-de-Reuil et de Neuville-Sur-Saône qui se prépare à produire le premier vaccin contre la dengue, ou encore des investissements en production biotechnologique à Lyon et Vitry-sur-Seine...

plate-formes externalisées, usines cédées

Cinq sites ont été restructurés, en grande partie dans la R&D avec la cession en cours de Toulouse, où il ne devrait plus rester que des plate-formes externalisées. Deux usines ont été cédées (Quetigny et Romainville) et trois autres sites seraient menacés dans le cadre du projet Phoenix, dévoilé par la presse ceà l'été 2014. Il viserait à diminuer la présence industrielle de Sanofi en Europe… Un projet qui ne serait plus d’actualité selon, Serge Weinberg, le patron par intérim. Comment maintenir l’ancrage français tout en restant compétitif sur le plan international sera l'un des principaux défis que devra relever Olivier Bradincourt, nommé directeur général du groupe ce 19 février.

Gaëlle Fleitour

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