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L'Usine Santé

Sanofi confirme "des réflexions en cours" sur la cession de médicaments matures

Elodie Vallerey , ,

Publié le

Selon des informations du Canard enchaîné du 9 juillet, le groupe pharmaceutique Sanofi travaillerait sur un projet de cession de 200 médicaments dits "matures" et réduirait son empreinte industrielle en Europe en vendant quatre usines, dont trois en France. Les syndicats s'inquiètent d'un "dépeçage" du fleuron pharmaceutique hexagonal.

Sanofi confirme des réflexions en cours sur la cession de médicaments matures © 96dpi-Flickr-C.C

"Inacceptable". Pour Thierry Bodin, coordonnateur CGT au sein du groupe Sanofi, les rumeurs sur la vente de 200 médicaments qui pourrait toucher plusieurs sites industriels français, jouent les oiseaux de mauvais augure.

Des révélations faites ce 9 juillet par Le Canard enchaîné, selon lequel Sanofi travaillerait depuis le début de l'année sur un projet de cession baptisé Phoenix. "(Le groupe) veut se débarrasser de 200 médicaments, comme le Plavix, l'Aprovel ou le Dépakine (des médicaments dits "matures", ndlr)" car "leur rentabilité est vouée à décliner", écrit le journal.

les sites de Compiègne, Amilly et Quetigny concernés

Une cession éventuelle à des concurrents (Le Canard enchaîné cite Pfizer, Abbott et Otsuka) ou à des fonds d'investissement américains, évoquée lors d'un comité d'investissement au travers d'un document que le journal satirique s'est procuré.

Sanofi souhaiterait aussi "réduire son empreinte industrielle en Europe" en cédant quatre sites de production - dont trois en France - cités dans le document interne : Compiègne (Oise), Amilly (Loiret) et Quetigny (Côte-d'Or), tous trois appartenant à la filiale Sanofi Winthrop Industrie.

Des cessions qui concerneraient, selon Le Canard, 2 600 emplois dans l'Hexagone pour un "profit de 6,3 milliards d'euros" généré par la création d'une coentreprise avec l'acheteur potentiel.

"rien n'est décidé" selon sanofi

"Sanofi a toujours fait évoluer son portefeuille de produits afin de répondre le mieux possible aux attentes des patients. Cela fait partie du processus normal de l’entreprise que de réfléchir à sa gamme de produits et de faire évoluer ses activités", a commenté une porte-parole du groupe pharmaceutique à L'Usine Nouvelle. "Des dizaines de documents et d’études sont présentées au comité d'investissement sans qu’aucune suite ne soit donnée".

Sanofi concède néanmoins des "réflexions en cours en ce qui concerne les produits matures". "Mais rien n’est décidé", assure-t-on.

"Les médicaments matures sont ceux qui assurent la plus grande partie de notre chifre d'affaires, et ils sont fabriqués en France", plaide Thierry Bodin, de la CGT, qui assure que son syndicat "va tout faire pour que ce projet ne voie jamais le jour". "Ce serait catastrophique d'un point de vue industriel et pour l'emploi en France, un véritable dépeçage", constate-t-il, rappelant avoir interpellé sur le sujet de la stratégie du groupe les élus invités à déjeuner par le directeur général de Sanofi le 24 juin.

prochain conseil d'administration le 30 juillet

"Nous sommes très surpris par ce projet", commente Michel Histe, délégué syndical CFE-CGC pour le site de Compiègne, qui pourrait être concerné par le projet Phoenix. "Le site de Compiègne est rentable. Il a été félicité pour ses résultats et sa réduction des coûts". "Quant aux acheteurs potentiels, Pfizer s'est totalement désengagé de France, cela m'étonnerait qu'il cherche à y racheter des usines", s'interroge le représentant syndical.

Le 30 avril, Reuters révélait l'existence d'un projet de cession de médicaments matures pour 7 à 8 milliards de dollars étudié par Sanofi.

Issu du comité d'investissement, le projet - s'il existe - doit être entériné en conseil d'administration avant d'être présenté aux partenaires sociaux. Réponse probable lors du prochain CA le 30 juillet prochain... ou fin octobre.

Elodie Vallerey, avec Gaëlle Fleitour

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