Sanofi-Aventis cherche des acquisitions en ophtalmologie

par Noëlle Mennella et Caroline Jacobs

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Sanofi-Aventis cherche des acquisitions en ophtalmologie

PARIS (Reuters) - Sanofi-Aventis va créer une division dédiée à l'ophtalmologie afin de se renforcer dans cette spécialité via des acquisitions, a déclaré à Reuters Marc Cluzel, vice-président chargé de la recherche-développement.

Le numéro six mondial de la pharmacie considère aujourd'hui que l'ophtalmologie est "un domaine stratégique" au même titre que l'oncologie et le diabète, deux domaines déjà gérés dans des unités spécifiques.

"Nous allons bientôt créer une troisième division en ophtalmologie, ce qui veut dire que l'on investira sur le long terme dans ce secteur. On pense faire des acquisitions de produits ou de petites sociétés. Tout est ouvert", précise Marc Cluzel.

Sanofi s'est positionné dans ce secteur en 2009 grâce à son alliance avec le britannique Oxford Biomedica et le rachat de la société française Fovea qui développe trois molécules dédiées au traitement des maladies oculaires.

Marc Cluzel précise que le premier produit devrait être sur le marché en 2012.

"En 2013, Sanofi-Aventis sera très développé dans l'oncologie, le diabète et commencera dans l'ophtalmologie", ajoute-t-il.

L'arrivée de Chris Viehbacher en décembre 2008 à la tête de Sanofi a entraîné un changement radical dans un pôle R&D fragilisé par l'échec retentissant de l'Acomplia, la pilule anti-obésité.

15% À 16% DU CA POUR LA RECHERCHE

"L'idée de Chris Viehbacher a été de dire que la recherche n'est pas une dépense mais un investissement qui doit être comparé aux autres investissements du groupe. (..) Le coût n'est pas notre seul argument mais on veut le meilleur rapport qualité-prix", explique Marc Cluzel.

Cette philosophie a conduit à la mise en place d'un vaste programme de transformation avec deux milliards d'euros d'économies en ligne de mire en 2013. Il s'est traduit par l'abandon de 14 projets sur 65 et à la fermeture de huit sites sur 27.

"Aujourd'hui, le plan social est terminé. Sur une période de trois ans nous n'envisageons pas en France la fermeture de sites supplémentaires", assure Marc Cluzel.

La prise en main du groupe par Chris Viehbacher s'est aussi traduite l'an dernier par la réalisation de 33 acquisitions, partenariats ou licences dans les génériques, la biotechnologie et les médicaments sans ordonnance.

En 2010, le groupe devrait en réaliser autant, promet Marc Cluzel.

"On valorise notre recherche interne grâce à des collaborations externes. Ce n'est pas de l'externalisation, c'est multiplier nos chances de réussite", souligne-t-il, en précisant que de façon permanente la part du chiffre d'affaires consacré à la recherche "oscille entre 15% et 16%".

Prié de dire quels sont les produits les plus prometteurs parmi les 11 aujourd'hui en phase III de développement, il cite le Jevtana (cabazitaxel), dans le cancer de la prostate, qui devrait être enregistré avant la fin de l'année aux Etats-Unis, où la FDA a accéléré son examen.

Il évoque aussi le VEGF-TRAP (cancer colorectal) et le BSI-201 (cancer du sein). Pour ce dernier produit, les autorités sanitaires américaines ont également raccourci de dix à six mois le temps d'examen.

Sanofi va demander de bénéficier de cette procédure accélérée pour le Temusi, dans le domaine cardiovasculaire. "Si ça marche, ce sera le premier produit de thérapie génique", note Marc Cluzel.

DES SOLUTIONS INTÉGRÉES DANS LE DIABÈTE

Commentant sa stratégie dans le diabète, il souligne que Sanofi est le seul groupe à envisager des solutions totalement intégrées de la mesure du taux de glucose dans le sang, jusqu'à leur transmission aux médecins.

S'agissant du Multaq, dans les troubles cardiaques, Marc Cluzel dit attendre "prochainement" l'avis de la Commission de la transparence française "sans le minimiser ni le maximiser". Le produit est déjà commercialisé aux Etats-Unis, au Canada et dans sept pays d'Europe, dont le Royaume-Uni.

Enfin, évoquant l'expansion géographique du groupe, Marc Cluzel annonce qu'au Japon, deuxième marché pharmaceutique mondial derrière l'américain, Sanofi-Aventis est "activement à la recherche de partenariats avec des universités".

Il rappelle que le groupe a conclu 14 accords de collaboration avec des universités chinoises.

Médecin, pneumologue, titulaire d'un Ph.D en biochimie, Marc Cluzel, âgé de 55 ans, est entré chez Sanofi en 1991. Il a succédé en janvier 2007 à Gérard Le Fur à la direction de la R&D lorsque ce dernier a pris la direction générale du groupe.

Marc Cluzel est marié et père de quatre enfants. Il vit à Montpellier (Hérault), qu'il rejoint en fin de semaine pour des temps de loisirs qu'il consacre au VTT et à la lecture.

En 2009, Sanofi a réalisé un bénéfice net de 8,6 milliards d'euros sur un chiffre d'affaires de 29,3 milliards. En Bourse, le titre a perdu 10,24% depuis le début de l'année, à peu près autant que le CAC 40, alors que l'indice sectoriel européen inscrit un gain de 0,81%.

Edité par Dominique Rodriguez

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