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Samsung s’enfonce dans le scandale de corruption politique qui secoue la Corée du Sud

Ridha Loukil ,

Publié le

Le géant coréen de l’électronique Samsung a fait l’objet d’une perquisition judiciaire, la deuxième depuis l’éclatement du scandale politique en Corée du Sud. Les soupçons de trafic d’influence et de corruption de l’entourage de la Présidente de la République, qui pèsent sur le groupe, se précisent.

Samsung s’enfonce dans le scandale de corruption politique qui secoue la Corée du Sud © Samsung

Le mauvais vent, qui souffre contre  Samsung, prend de l’ampleur. En difficultés dans les mobiles après le fiasco de son dernier smartphone vedette, le Galaxy Note 7, le géant coréen de l’électronique s’enfonce dans le scandale politique, qui secoue actuellement la Corée du Sud. Selon la presse locale, des enquêteurs du parquet de Séoul ont procédé le 23 novembre 2016 à une descente de perquisition dans le siège de Samsung Electronics, le vaisseau amiral du conglomérat responsable de la production des mobiles, de la télévision, de l’électroménager et des semiconducteurs. Il s’agit de la deuxième descente de perquisition après celle du 8 novembre 2016.

Fusion de Samsung C&T et Cheil Industries en question

Samsung est soupçonné d’avoir versé 2,8 millions d’euros à la fille de Choi Soon-sil, une amie proche de la Présidente de la République Park Geun-hye, surnommée en Corée du Sud de « Raspoutine coréenne » pour son influence sur le chef de l’Etat.  Il l’aurait fait dans le but de favoriser la fusion en 2015 de deux sociétés du conglomérat : Samsung C&T, en charge des activités dans le BTP, et Cheil Industries, spécialisée dans le textile, la mode et la chimie. Une opération de consolidation qui a permis à la famille fondatrice Lee d’accroitre son contrôle sur l’ensemble du groupe. La Raspoutine coréenne aurait fait joué son influence de façon à ce que le fonds public de pension NPS, actionnaire de Samsung C&T, approuve la fusion, en dépit de l’opposition d’actionnaires minoritaires comme le fonds d’investissement américain Elliot Associates, qui détenait 7,1% du capital de la société.

D’autres grands groupes industriels du pays, dont Hyandai, sont également soupçonnés d’avoir agi de la sorte pour bénéficier des services de Choi Soon-sil. Dans le cas de Samsung, les enquêteurs cherchent à obtenir des preuves et à remonter jusqu’aux dirigeants impliqués. Lee Kun-hee, qui dirige le groupe depuis 1987, a été déjà condamné en 2008 par la justice pour fraudes fiscales et abus de confiance. Mais il est malade depuis 2014. Ce nouveau scandale pourrait l’inciter à démissionner et à précipiter sa succession en faveur de son fils Lee Jae-yong, aujourd’hui numéro deux du groupe.

Coût du fisaco du Galaxy Note 7: 4,5 milliards de dollars

Ce scandale arrive au plus mauvais moment pour Samsung. Il risque de ternir davantage son image alors que le groupe doit faire face à la plus grande crise industrielle de son histoire :  la gestion des retombées du Galaxy Note 7 qu’il a été contraint de retirer à la hâte du marché faute d’avoir trouvé une solution au problème d’incendie de sa batterie. Selon les estimations internes, ce fisaco représente une ponction sur les bénéfices de 2 milliards de dollars sur le troisième trimestre 2016 et de 2,5 milliards de dollars sur le semestre à venir.

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