Samsung décapité, toute l’électronique mondiale tremble

Accusé de corruption politique, le vice-président de Samsung Jae-yong Lee fait l’objet d’un mandat d’arrêt. Un épisode qui plonge le conglomérat coréen dans l’incertitude, déstabilise l’économie du pays et fait trembler l’ensemble de l’électronique mondiale.

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Samsung décapité, toute l’électronique mondiale tremble
Jae-yong Lee, vice-président e Samsung, bientôt sous les verrous

C’est le pire scénario pour Samsung. Impliqué dans le scandale de corruption politique, qui secoue la Corée du Sud depuis novembre 2016, le conglomérat est décapité. Son vice-président Jae-yong Lee, qui assume la réalité du pouvoir depuis la crise cardiaque de son père Kun-hee Lee en 2014, fait l’objet d’un mandat d’arrêt. C’est-ce que la commission, chargée d’enquêter sur l’affaire, a décidé ce 16 janvier 2016. L’action de Samsung Electronics, le vaisseau-amiral du groupe en charge des mobiles, de l’électronique grand public ou encore des semiconducteurs, a dévissé de 12,4% en Bourse.

Processus de succession compromis

L’homme fort de Samsung, entendu le 12 janvier 2016, par les enquêteurs pendant 22 heures d’affilé, est accusé de corruption et de trafic d’influence. La justice coréenne lui reproche d’avoir monnayé le soutien du gouvernement à la fusion de deux sociétés, Samsung C&T et Cheil Industries. Une opération visant à conforter le contrôle de la famille Lee sur le groupe. Les enquêteurs envisagent d’autres chefs d’inculpation dont le parjure et l’abus de confiance.

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L’arrestation de son leader jette Samsung dans l’incertitude. Elle crée un vide de pouvoir de nature à amplifier les problèmes de gouvernance dont souffre le groupe depuis l’hospitalisation de son président en 2014. En tant que fils unique de Kun-hee Lee, Jae-yong Lee est vu en Corée du Sud comme le seul prince hériter du conglomérat. Après le fiasco du Galaxy Note 7, le smartphone vedette retiré en octobre 2016 pour cause de problème d’incendie de batterie, il a tenté une reprise en main dans l’objectif d’accélérer la succession à son père. Un processus désormais compromis par l’épisode judiciaire.

17% du PIB de la Corée du Sud

Toute l’économie de la Corée du Sud s’inquiète. Samsung est le plus grand « Chaebol » du pays avec près de 60 sociétés présentes dans des métiers aussi variés que l’électronique, la construction navale, le BTP, le textile, les biotechnologies, le médical, le négoce, la banque ou l’hôtellerie. Avec 305 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2014 et un effectif de près de 500 000 personnes, il représente 17% du PIB national. C’est pourquoi de nombreux politiques réclament aux enquêteurs de la clémence vis-à-vis de Samsung dans l’intérêt économique du pays.

Des concurrents comme Apple, LG, Huawei ou Sony pourraient se réjouir et voir dans les difficultés de Samsung une opportunité pour avancer leurs pions. Mais cet épisode a de quoi faire trembler toute l’électronique mondiale. Car si Samsung est le leader mondial dans les mobiles et la télévision, il est aussi le numéro un dans les puces mémoires (Dram et Flash) et les écrans Oled. Des composants clés dans la construction de PC, mobiles, montres connectées et autres gadgets électroniques. Même Apple, son ennemi juré dans les mobiles, en a besoin pour ses iPhone et iPad. Samsung s’impose par ailleurs comme l’un des trois fondeurs de semiconducteurs les plus avancés en technologie de production aux cotés de l’américain Intel et du taïwanais TSMC. Il fabrique notamment des puces pour la firme à la pomme et Qualcomm. Ses problèmes ne peuvent laisser aucun grand électronicien dans le monde indifférent.

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