[Salon de l'agriculture] La filière truffe veut sortir de l'ombre

Dotés d’un plan de filière, les acteurs de la filière trufficole veulent retrouver leur lustre passé et sont bien décidés à normaliser leur activité, même si la truffe présente d'inattendues similitudes avec le cannabis.

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[Salon de l'agriculture] La filière truffe veut sortir de l'ombre

Un marché opaque, des prix prohibitifs, des échanges réservés à une élite ? La filière trufficole souhaite tordre le cou à ces idées reçues. A l’instar de ses consœurs, elle a rédigé un plan stratégique à l’issue des Etats généraux de l’alimentation et vient de lancer un cahier des charges pour encadrer les conditions de vente du célèbre champignon. "La truffe est devenue un outil de développement dans les régions Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne Rhône-Alpes, Centre Val-de-Loire et Bourgogne Franche-Comté principalement", souligne Isabelle Chibon-Taillan, déléguée filières horticole et productions spécialisées à l’établissement public France AgriMer.

De 1000 à 70 tonnes en un siècle

Aujourd’hui, 20 000 personnes gravitent dans la filière, dont 45% à 50% ne disposent pas du statut d’agriculteur. Sur les 6000 adhérents à la Fédération française de la trufficulture, seulement la moitié sont des agriculteurs actifs. La production annuelle est variable, de 70 tonnes contre 1000 tonnes au début du vingtième siècle. "Le développement de la truffe est intimement lié à l’entretien du territoire par l’homme. La production a chuté pendant la première et la deuxième guerre mondiale, avant de se reprendre, puis a décliné au fur et à mesure de la chute du nombre d’agriculteurs pendant les Trente glorieuses", explique le président de la Fédération française des trufficulteurs, Michel Tournayre, à la tête d’une exploitation dans le Gard. 1000 hectares sont plantés en moyenne chaque année en France, pour une surface totale de 18 000 ha. Le chiffre d’affaires estimé de la filière est de 67,3 millions d’euros.

Les truffières comme outil de développement

Pour pérenniser son activité, la filière trufficole compte accroître et régulariser la production par l’amélioration des rendements et des superficies, adapter les modes de production aux conditions climatiques, mieux qualifier les qualités organoleptiques de la récolte, et renforcer la valorisation des territoires par son action. "Nous n’avons pas attendu la mode du bio et de l’agro-écologie pour nous y mettre, commente Claude Murat, ingénieur de recherche à l’Inra. Les champignons amènent de l’eau, de l’azote et du phosphore à l’arbre, tandis que l’arbre nourrit les champignons au moyen des sucres issus de la photosynthèse." L’utilisation de zones de déprise agricole, l’absence de traitement phytosanitaires, et la construction d’itinéraires techniques innovants font partie des pistes avancées pour conforter le développement de la filière.

Pour Michel Tournayre, "l’avenir de la truffe passe par les exploitations agricoles". 16 pépiniéristes agréés vendent en moyenne chaque année 300 000 plants truffiers, avec un contrôle réalisé par l’Inra et le Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes. Elles participent, sur un total de 14 sites expérimentaux, à un programme de recherche nommé CulturTruf pour améliorer la gestion de l’eau et s’adapter au changement climatique dans les truffières. Un moyen de préparer l’avenir, parallèlement à l’élaboration d’une charte pour encadrer les manifestations de ventes, autour de la transparence, le contrôle des produits vendus et l’interdiction totale de vente de produits dérivés. Cette normalisation n’empêche pas une part de mystère : "dans la truffe, on a décelé des effets dérivés des cannabinoïdes", ajoute Claude Murat. Il faudrait néanmoins en consommer de deux à trois kilogrammes pour en ressentir les effets…

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