[Salon de l’agriculture] "La blockchain peut permettre de renforcer la sécurité des données agricoles", estime Mehdi Siné

La blockchain n’est pas réservée qu’aux mineurs de bitcoin. Au Salon de l’Agriculture, l’Association de coordination technique agricole (Acta) a lancé son livre blanc, "La blockchain dans le monde agricole : quels usages pour quels bénéfices ?", en partenariat avec Atos.

Mehdi Siné, directeur du numérique et de l’informatique de l'Acta et de l’Institut des grandes cultures Arvalis, dévoile cette publication à L’Usine Nouvelle.

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[Salon de l’agriculture]

L’Usine Nouvelle – Pourquoi vous être intéressé aux usages agricoles de la blockchain ?

Mehdi Siné - L’idée originale du livre blanc a germé par le biais de rencontres, notamment avec le consultant en digitalisation de l’agriculture Hervé Pillaud. Nous avions édité l’an dernier un livre blanc consacré à l’ouverture des données. La blockchain est un moyen de partager des données de manière plus ouverte, et d’offrir des services aux producteurs. Nombre d’agriculteurs voient le numérique à la fois comme une opportunité et comme une menace, avec un risque d’être dépossédés de leurs données.

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La question de la sécurité est cruciale. Nous avons déjà initié des projets, notamment pour enregistrer comme une transaction un échange de données entre applications. L’Acta, Arvalis, l’Institut de l’élevage, Smag (une des filiales numériques de l’union de coopératives InVivo) et Orange vont utiliser la blockchain sur la donnée acquise en exploitations agricoles (IoT, outils d’aide à la décision, outils de gestion parcellaire), mais il faut que l’agriculteur garde la maîtrise de ses données et puisse bénéficier d’outils interopérables.

Quels sont ses usages possibles dans le secteur ?

La blockchain est un tube dans lequel on va empiler des blocs. C’est un registre dont on ne peut pas enlever d’éléments. La blockchain repose non pas sur un tiers de confiance, mais sur la force du réseau, ce qui la rend très difficile à corrompre. Elle est utile pour des acteurs qui ne se font a priori pas confiance. Dans le domaine agricole, l’utilisation la plus évidente est un registre de traçabilité, du producteur au collecteur et du distributeur au consommateur. La blockchain permet d’enregistrer les conditions de respect d’un cahier des charges, par exemple.

Les coopératives commencent à s’y intéresser, mais les autres acteurs doivent être intégrés. Le consommateur final pourrait ainsi scanner sa bouteille de vin pour en remonter la chaîne de valeur. Des "smart contracts" peuvent également être déployés : des algorithmes sont envisageables dans le cadre de l’assurance indicielle, par exemple. Nous pourrions automatiser des observations et déclencher des contrats à partir de certains seuils.

Quels investissements sont nécessaires ?

Ils restent encore difficiles à quantifier. La blockchain évolue de semaine en semaine. Il faut investir dans des technologies encore à l’état de prototypes. Cela requiert des investissements relativement faibles. De très nombreuses start-up présentent des solutions open-source ; des solutions propriétaires plus coûteuses présentent d’autres avantages. Les coûts seront liés à la volumétrie des flux qu’il faudra engager. Nous sommes pour cela accompagnés par Atos, qui recherchait des partenaires disposant d’une connaissance métier et nous a aidés à décrypter cette technologie. Les instituts techniques envisagent d’engager des projets, sous forme de preuves de concept, avec Atos. Orange nous accompagne également.

Propos recueillis par Franck Stassi

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