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Salesforce entretient l'esprit start-up

Ridha Loukil ,

Publié le

Le leader mondial de la gestion de la relation client donne à ses employés le sentiment de travailler dans une start-up. Son secret : la méthode V2MOM.

Salesforce entretient l'esprit start-up
La méthode de Marc Benioff, le PDG de Salesforce, consiste en une sorte de business plan propre à chaque collaborateur.

Depuis sa sortie de Supélec en 1989, Alex Dayon a toujours préféré travailler dans une start-up. Après avoir participé à la création de Business Objects, la plus grande success story française dans le logiciel, puis fondé sa propre entreprise, Instranet, il a atterri en 2008 chez Salesforce, leader mondial des services cloud de gestion de la relation client. Depuis 2012, il en est le président des produits, cheville ouvrière de toutes les innovations de l’éditeur californien. Et il s’y sent bien.

Pourtant, créé en 1999 à San Francisco, Salesforce n’a plus rien à avoir avec ses débuts de start-up. C’est une multinationale de 24 000 personnes et 6,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur le dernier exercice fiscal clos en janvier 2017, jouant dans la cour des grands du logiciel aux côtés de Microsoft, Oracle, IBM et SAP. « Quand j’ai vendu ma société Instranet à Salesforce en 2008, j’aurais pu me défaire de l’obligation de rester, explique Alex Dayon. Si je ne suis pas parti, c’est parce que je me sens comme dans une start-up. Nous sommes dans une société en forte croissance. Nous avons six services cloud qui constituent autant d’activités. Les patrons de ces divisions rendent compte de leurs résultats tous les trimestres. Pour l’exécution du plan d’affaires, chacun fonctionne sur un modèle de délégation et d’autonomie. »

La recette tient dans la méthode de management V2MOM (Vision, value, methods, obstacles, measures). Elle vient de Marc Benioff, le PDG et cofondateur de l’entreprise. Destinée au départ à assurer l’essor de la société, elle a été maintenue pour perpétuer l’esprit de start-up. « C’est une idée simple, mais géniale, de la part de Marc Benioff, s’extasie Alex Dayon. Elle permet à chaque collaborateur d’être en permanence calé sur le plan de développement défini au niveau au-dessus. Si demain je crée mon entreprise, la première chose que je ferai sera de mettre en place cet outil de management. »

Un mini-entrepreneur en chaque collaborateur

Le V2MOM se présente comme un document de travail de deux pages rédigé chaque année par chaque collaborateur. Il définit les objectifs à atteindre au cours de l’année (vision), les valeurs et les convictions à respecter (value), les cinq à huit actions à engager (methods), les obstacles à anticiper pour les franchir (obstacles) et les résultats mesurables à obtenir (measures). « C’est un travail important à faire chaque année en équipe, explique Alex Dayon. En entreprise, tout est connecté. Le V2MOM doit être établi en cohérence avec ce que font les autres. Ceci nous oblige à être synthétiques et clairs. Ainsi, tout le monde reste aligné sur l’objectif stratégique fixé par la direction. Les indicateurs sont réajustés chaque trimestre. » Cette méthode fait de chaque collaborateur un mini-entrepreneur. Le V2MOM constitue en quelque sorte son business plan. Paradoxalement, il n’est pas considéré comme un document personnel. Il est partagé en ligne par tous les salariés. « Tout le monde voit le V2MOM de tout le monde et peut le commenter, confirme Alex Dayon. Car c’est un vrai travail collectif. Ainsi chacun voit ce que Marc Benioff veut faire cette année. »

Alex Dayon apprécie tout particulièrement l’effort de hiérarchisation des actions à engager. « En général, le volet méthodes comprend une dizaine de travaux à livrer dans l’ordre de priorité, détaille-t-il. En premier arrivent des missions comme faire tourner les datacenters, ensuite aider les clients à réussir leurs projets, puis vendre des services. Les questions de produit et de budget arrivent bien après. » Toutefois cette méthode ne fait pas l’unanimité chez les collaborateurs de Salesforce. « C’était cauchemardesque, se souvient une ancienne salariée du siège de l’entreprise, à San Francisco. Les objectifs bougeaient tout le temps et mon responsable hiérarchique n’était jamais disponible pour m’aider à ajuster mon V2MOM. » Elle a fini par craquer et quitter Salesforce… pour aller travailler dans une vraie ­start-up à San Francisco. Au-delà de l’outil, il faut toujours compter avec les hommes. 

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