Sale temps pour la machine-outil italienne

Troisième constructeur mondial de machines-outils, l’Italie enregistre une baisse de 30% de la production en 2009.

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Sale temps pour la machine-outil italienne

La crise économique mondiale a mis à rude épreuve en 2009 l'industrie italienne constructrice de machines-outils, robots et systèmes d'automatisation. « C’est la pire année de tous les temps », clame Giancarlo Losma, président d'Ucimu.
L’analyse des résultats prévisionnels 2009, indique une chute de la production sectorielle italienne de 4 milliards d'euros, 30% de moins que l'année précédente. Le chiffre d'affaires du secteur revient ainsi aux valeurs de 2003-2004.

« Le résultat global a souffert d'une part des résultats négatifs des constructeurs sur le marché domestique et de l'autre, de la baisse des exportations », explique le responsable de l’Ucimu. Sur le front intérieur, la baisse de la consommation a été de 44,1%, à 2,3 milliards d’euros. Elle a durement affectée les livraisons des constructeurs qui ont été de 1,6 milliards d'euros. Soit 36% de moins qu’en 2008. L'impact sur les importations a été pire encore : descendues à 728 millions d'euros, elles enregistrent une baisse de 56,4%.

« Ces chiffres démontre la capacité des constructeurs d'être mieux présents sur le territoire national par rapport aux concurrents étrangers, une capacité qui se heurte néanmoins au redimensionnement inquiétant du marché italien”, analyse Giancarlo Losma.

Les exportations (machines-outils, robots et systèmes d’automatisation), 2,4 milliards d'euros en 2009, marquent une baisse moins brutale : 25,5% seulement par rapport à 2008.

Dans les neuf premiers mois de l'année, les exportations italiennes des seules machines-outils ont baissé de 24,1% par rapport à la période janvier-septembre 2008. L’Allemagne et la Chine figurent en tête du classement des exportations italiennes de machines-outils, suivis par les Etats-Unis et la France.
Tout n’est pas noir pour autant. Des signes positifs viennent de Chine, où les ventes ont augmenté de 22,9%, Corée du Sud (+21,8%) et de Finlande, Egypte, Iran. Autant de marchés dynamiques, même si les achats sont assez réduits en valeurs absolues. Les ventes sur les principaux marchés d’exportation des équipements italiens sont en revanche décevants : Allemagne (-17,2%), France (-25,3%), Russie (-44,3%).

La part de production destinée aux exportations atteint 60,7%, avec une augmentation de plus de trois points en pourcentage. Le solde de la balance commerciale est également à la hausse et atteint 1,7 milliards d'euros. Soit une augmentation de 5,5% .

Plus inquiétant, les prévisions 2010 ne sont pas très réjouissantes. Selon les estimations, la production de l’industrie sectorielle italienne va encore baisser à 3,5 milliards d'euros, une diminution de 14,1% par rapport à 2009. Les exportations sont estimées à 2,1 milliards d'euros, avec une baisse de 12,1%. Il en est de même pour les livraisons des constructeurs, qui baisseront de 17,3%, en descendant à 1,3 milliards d'euros. D’autre part, en 2010 la consommation domestique fera état d'une réduction ultérieure qui en portera la valeur à 1,955 milliards d’euros (-16,3%).

Dans un moment difficile, comme c'est le contexte actuel, les entreprises du secteur ont quand même pu garder leurs structures. En 2009, l’effectif a connu une baisse de 1,6% et a été de 31.750 personnes. La baisse du nombre de salariés sera plus nette en 2010 lorsque les entreprises n'auront plus la possibilité d'utiliser les amortisseurs sociaux. Le nombre de salariés employés dans l’industrie de la machine-outil va descendre à 30.750, 3,1% en moins par rapport à l'année précédente.
Alors, quelles solutions pour sortir de cette crise sans précédent ? « Nous demandons au gouvernement un système de prime à la casse des machines obsolètes avec une déduction de l'impôt à hauteur de 50% du montant investi dans l'achat de nouvelles machines de remplacement », répond Giancarlo Losma. « Cette mesure fera d’une pierre deux coups. Elle favorisera la reprise de la consommation tout en permettant la mise à jour des systèmes de production, indispensable au maintien de la compétitivité de l’industrie italienne. Nous demandons également la prorogation, jusqu'à la fin de 2010, de la mesure Tremonti Ter. Ainsi, les constructeurs italiens demandent que cette détaxation soit appliquée aux machines de production commandées avant le 31 décembre 2010 et livrées dans les dix-huit mois suivant l'émission de la commande. »

Enfin, les entreprises italiennes du secteur ont commencé à prêter une attention particulière au sujet des agrégations et autres fusions. Objectif : optimiser les coûts, améliorer les performances et, dans certains cas, survivre aux difficultés que provoque la crise économique mondiale. A ce titre, l’Ucimu propose la création de holdings regroupant les entreprises du secteur. Le projet, sur lequel l'association travaille depuis quelques mois déjà, prévoit la création de MU Holding constitué d'un ensemble de participations publiques et privées. Les entreprises qui accueilleront le holding pourront décider si et comment garder le contrôle. De cette manière, les entrepreneurs qui le voudront seront directement impliqués dans les processus décisionnaires de l'entreprise.

Mirel Scherer

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