Economie

Salaires : l'individualisation gagne du terrain

Christophe Bys , ,

Publié le

Aon Hewitt publie comme chaque année son enquête de révision salariale, qui  s’intéresse aux prévisions pour 2012 et 2013. Le taux de croissance des budgets devrait compenser l'inflation. A ceci près que les hausses individuelles sont des plus en plus pratiquées. Tous étaient candidats, rares étaient les élus...

Salaires : l'individualisation gagne du terrain © D. R.

Pour les augmentations globales, les entreprises prévoient un budget d'augmentation de 2,8 % pour 2012 et un peu mieux pour 2013, où elles anticipent une hausse légèrement supérieure, 2,9%. Tels sont les résultats pour les rémunérations brutes qui ressortent de l'enquête réalisée par Aon Hewitt (284 entreprises ont répondu). Dans le détail, elles anticipent un budget en hausse de 2,6 % en 2012 et en 2013 pour les augmentations individuelles, et, pour les augmentations générales, une hausse de 1,3 % cette année et de 1,4% en 2013.

Globalement, la société de conseil note que les hausses obtenues dans l'industrie sont plus élevées que dans les services. Un résultat qui pourrait dépendre de l'échantillon, où les secteurs industriels dynamiques (pharmacie, aéro, IT) sont bien représentés, alors que les services répondants sont en moins bonne santé (banques, transport, tourisme).

Au-dessus de 3% avant la crise

"Avant la crise, on était plutôt au-dessus de 3%", rappelle Vincent Cornet, responsable de l'activité rémunérations. Les budgets d'augmentation globale ont été prévus pour couvrir l'inflation anticipée, de sorte que le pouvoir d'achat du salaire brut reste constant en moyenne. L'écart entre les budgets d'augmentation générale et individuelle reflète l'autre priorité des politiques de rémunération : "reconnaître la performance pour retenir les meilleurs". Un signe ne trompe pas : 91 % des entreprises ont déclaré pratiquer des augmentations individuelles en 2012 et les deux tiers d'entre elles ne pratiqueront que de telles augmentations. Autrement dit, si les budgets globaux augmentent, tout le monde n'est pas élu.

Rien d'étonnant donc si de plus en plus de salariés sont touchés par les augmentations individuelles : en 2000, seules 70 % des entreprises les pratiquaient pour les cadres, elles sont 95 % en 2012 (pour les non cadres, les proportions sont de 20 % et 86 %).

Autre signe du développement de ces pratiques : les taux d'augmentation prévus des budgets d'augmentation individuelle sont relativement homogènes quelle que soit la catégorie socio professionnelle. L'enveloppe pour les dirigeants et le senior management, les responsables de services devrait croître de 2,7 % en 2012 et en 2013, celle allouée aux employés et à la maîtrise progressera de 2,6 % ces deux années et celle pour les ouvriers de 2,5 %.

Des oublis

Au-delà, ces données sur les hausses générales individuelles et globales ne disent pas tout des pratiques des entreprises en matière de rémunération. Elles excluent par exemple les heures supplémentaires payées, ignorent la participation et l'intéressement, dont la fiscalité vient d'être changée. En outre, Vincent Cornet rappelle que certaines entreprises ont changé leurs pratiques : "dans une conjoncture incertaine, elles ne s'engagent pas trop dans les négociations salariales et préfèrent attendre les résultats pour distribuer des primes exceptionnelles".

Les données recueillies par Aon Hewitt témoignent de cet attentisme : en période d'incertitude économique, où la fiscalité est incertaine, les DRH semblent ne pas trop vouloir s'engager, sans mécontenter les salariés, dont l'engagement est plus que jamais indispensable. Bon courage !

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