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Salaires L'heure du désenchantement

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Publié le

I Les mesures en faveur du pouvoir d'achat annoncées par Nicolas Sarkozy, le 29 novembre, sont loin de satisfaire les attentes des salariés. Déjà sensible dans les entreprises ces dernières semaines, la grogne risque de s'amplifier à l'approche des négociations salariales

«Les Français n'attendent pas que je distribue les cadeaux du Père Noël alors qu'ils savent bien qu'il n'y a pas d'argent dans les caisses. » En annonçant ses mesures tant attendues en faveur du pouvoir d'achat, le 29 novembre, Nicolas Sarkozy est resté fidèle à son credo : gagner plus, oui... mais en travaillant davantage ! Assouplissement des 35 heures, rachat de RTT et quelques promesses sur le logement... Plutôt décevant pour ceux qui attendaient des espèces sonnantes et trébuchantes ! Et ils sont nombreux. Le niveau de salaire arrive en tête des préoccupations de 51 % des salariés du privé, selon un sondage Ipsos. Chez les cadres, la rémunération est devenue une priorité plus importante que l'intérêt du travail, longtemps en tête, selon le dernier baromètre de la CFE-CGC.

Des mesures ponctuelles

L'idée de jouer sur les 35 heures (lire ci-dessous) satisfait le patronat. Au Medef, l'idée a été accueillie « avec beaucoup d'intérêt et d'espoir ». Thomas Chaudron, le président du Centre des jeunes dirigeants (CJD), n'est pas mécontent de voir les négociations salariales relancées dans les entreprises à condition de ne pas exclure les PME. Les syndicats ne voient pas les choses du même oeil. Maryse Dumas, la secrétaire confédérale de la CGT, déplore que les salariés doivent puiser dans leurs économies - comptes épargne-temps ou RTT - pour améliorer le quotidien.

Le déblocage exceptionnel de la participation, dans la limite de 10 000 euros non imposés, n'est pas plus consensuel. « C'est présenté comme une avancée pour le pouvoir d'achat, mais ce n'est pas une revalorisation du travail ! », lance Jean-Luc Hulin, le délégué syndical CGT de l'usine JSPM de Jeumont (Nord), une filiale d'Areva. A l'association Fondact, chargée de promouvoir la gestion participative, Lionel Tourtier, le délégué général, regrette que le dispositif ne s'applique pas à toutes les TPE et PME. « Ce dispositif laisse de côté huit millions de personnes qui ne bénéficient pas d'accords de participation ou d'intéressement. Et il y a deux millions de salariés couverts par un accord qui ne perçoivent pas de participation », fait-il remarquer. Pour compenser, Nicolas Sarkozy a évoqué la défiscalisation d'une prime de 1 000 euros dans les entreprises de moins de 50 salariés. Mais ces mesures restent trop ponctuelles.

Même s'il est difficile de mesurer l'impact des dispositifs annoncés, la grogne perceptible sur le terrain depuis octobre risque de s'amplifier. Aussitôt après les annonces du président de la République, la CGT a déclaré que « les salariés devront aller chercher leurs augmentations de salaire eux-mêmes par leur mobilisation ». Une réaction prévisible, selon Henri Vacquin, conseil en relations sociales chez Idée consultants, qui voit 2007 comme une année charnière : « En lançant une tornade de réformes, Nicolas Sarkozy a suscité des attentes fortes et renforcé les revendications salariales dans le secteur privé, habituellement résigné. »

Une Forte mobilisation

Déjà, plusieurs entreprises ont connu des arrêts de travail. Avec, partout, une mobilisation exceptionnelle. Comme dans l'usine Smart de Hambach (Moselle) où 80 % des salariés en CDI ont paralysé la production, début octobre. Chez Upsa, au Passage et à Agen (Lot-et-Garonne), près de 1 300 salariés ont cessé le travail, le 28 novembre, réclamant 7 % d'augmentation générale au lieu du 1,3 % proposé par la direction. Un compromis a été trouvé avec une hausse de 3 %.

Sous la pression, quelques rares employeurs ont lâché du lest. Chez JSPM, les salariés ont décroché 50% de plus que l'an dernier : 85 euros bruts d'augmentation générale, 0,9 % de revalorisation individuelle et une prime de 250 euros pour les non-cadres. « Ces mesures vont dans le bon sens, mais elles sont insuffisantes pour compenser la baisse du pouvoir d'achat », juge pourtant Jean-Luc Hulin, le délégué CGT. L'insatisfaction est plus marquée à l'usine Sevelnord, filiale de PSA, de Hordain (Nord) où les gains n'ont pas été pas à la hauteur de la mobilisation. Mi-novembre, cette unité a vu sa production bloquée pendant quatre jours par 1 000 grévistes. Un mouvement d'une ampleur jamais vue en quinze ans, selon Ludovic Bouvier, délégué CGT. Ce qui a mis le feu aux poudres ? Un petit déjeuner pour récompenser le personnel du succès du véhicule utilitaire G9, élu « International Van of the year ». Levée de bouclier immédiate des syndicats qui réclamaient une prime de 200 euros. La direction n'a rien lâché, mais les ouvriers restent sur le pied de guerre d'ici au 20 décembre, date d'ouverture anticipée des négociations. Partout, la colère gronde. Et les salariés ne devraient pas compter sur la largesse des dirigeants : selon lpsos, seuls 35 % sont optimistes sur la possibilité d'augmenter les salaires... .

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