Salaires des jeunes - Dégel en vue

Même si les employeurs s'intéressent de nouveau aux jeunes diplômés, on ne peut pas dire qu'il y ait surenchère ni de la part des entreprises ni de la part des candidats. Toutefois la baisse des salaires d'entrée est définitivement enrayée. Et

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Jeunes ingénieurs, patience ! L'embellie en matière de recrutement ne se traduira pas dès cette année par une amélioration sensible de votre salaire d'embauche. 2005 se situe dans la stricte continuité de 2004, avec une rémunération globale annuelle qui varie entre 33150 et 38800euros en fonction de la formation. Telle est la conclusion de l'enquête exclusive que le cabinet Hewitt a réalisée pour «L'Usine Nouvelle » auprès d'une population de 12000débutants dans 84entreprises (dont une moitié d'employeurs de l'industrie, toutes tailles et tous secteurs confondus). Objectif de cette enquête portant sur les salaires pratiqués en janvier dernier : permettre aux jeunes diplômes des écoles d'ingénieurs et des écoles de commerce, mais aussi aux titulaires d'un BTSDUT, de cerner plus précisément les rémunérations pratiquées en fonction du niveau des écoles, de l'expérience des candidats et du secteur d'activités des employeurs. Notre enquête est aussi pour les entreprises l'occasion d'affiner leur politique de salaires par rapport aux jeunes recrues.
On ne peut pas dire qu'il y ait surenchère ni de la part des entreprises ni de la part des candidats. Certes, les employeurs commencent sérieusement à se réintéresser aux jeunes diplômés. Pour anticiper la reprise du marché de l'emploi et faire face à l'inévitable renouvellement des générations, certains d'entre eux commencent même à mettre en place des viviers de jeunes ingénieurs, ce qui ne se pratiquait plus guère ces dernières années. Toutefois, comme le redémarrage demeure modéré, la pression sur les rémunérations reste extrêmement faible. La tendance vaut y compris dans les secteurs - automobile, aéronautique ou télécommunications - qui ont repris activement leurs recrutements.
Signe toutefois que la conjoncture est plus favorable aux jeunes diplômés : la baisse des salaires d'entrée est définitivement enrayée. Et si le climat est encore à la frilosité et à la prudence, les politiques de rémunération ne sont pas figées. Incontestablement, les entreprises cherchent à les adapter aux profils et aux performances, notamment en accordant une plus large part au salaire variable. Ainsi, les jeunes qui commencent leur carrière à l'étranger peuvent espérer une rémunération nettement supérieure à la moyenne : de l'ordre de 40 000 euros selon notre enquête. Quant à ceux qui ont fait un stage d'un an entre la deuxième année et la troisième année (une pratique, dite de la « césure », de plus en plus courante dans les écoles d'ingénieurs et les écoles de commerce), ils touchent en moyenne 15 % de plus que les autres. Et pour cause ! On se les arrache. Ces jeunes avec une expérience de plusieurs mois trouvent à s'embaucher avant même l'obtention de leur diplôme.

Par Jean-Louis Marrou, rédacteur en chef

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