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L'Usine de l'Energie

Salaires chez EDF, la réponse de Jean-Bernard Levy à la Cour des comptes

Aurélie Barbaux ,

Publié le

Suite à un premier rapport en 2013, la Cour de comptes pointe à nouveau la politique salariale d’EDF SA dans son bilan public 2019. Elle serait toujours déconnectée des performances réelles de l’entreprise. L'avantage énergie devrait être supprimé.

Salaires chez EDF, la réponse de Jean-Bernard Levy à la Cour des comptes
Jean-Bernard Levy renvoie la balle dans le camp de l'Etat actionnaire.
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Des rémunérations élevées, déconnectées des performances de l’entreprise et de son environnement concurrentiel. Un accord sur le forfait jours des cadres trop coûteux. Des rémunérations variables individuelles insuffisantes. Un avantage énergie (électricité gratuite) mal évalué. Trop de logements de fonction. Un système de retraite, géré par l’entreprise, ne convergeant pas assez vite vers le régime général… Dans son bilan public 2019, la Cour des comptes pointe à nouveau la politique salariale d’EDF SA (66 503 salariés à fin 2017 sur les 154 847 du groupe EDF) et le statut d’IEG (industries électriques et gazières) créé en 1946 et dont bénéficie une grande majorité des effectifs d’EDF SA.

Supprimer l'avantage énergie

Dans son rapport de 2013, la Cour avait déjà pointé la déconnexion des salaires, compléments et avantages "sans équivalents" accordés aux salariés d’EDF avec les performances réelles de l’entreprise et son nouvel environnement concurrentiel depuis l’ouverture du marché en 2000. Elle avait formulé un certain nombre de recommandations, pas assez suivies si l’on en croit ce nouveau rapport.

Si "les baisses d’effectifs engagées à partir de 2015 ont contribué à contenir l’augmentation des dépenses de personnel, […] elles n’ont pas été accompagnées par les réformes indispensables de la politique salariale", écrit la Cour des comptes. Elle demande maintenant des négociations d’entreprise. Elle propose d’accroître la part de la rémunération variable dans la rémunération totale, de renforcer la différenciation dans l’attribution des primes et de simplifier les dispositifs de rémunérations complémentaires en les ciblant mieux. Elle recommande aussi de supprimer par étapes l’avantage énergie et de réduire et mieux utiliser le parc de logements.

De Rugy et Le Maire d’accord

Dans sa réponse François de Rugy, ministre de la transition écologique et solidaire, écrit partager globalement l’analyse de la Cour des comptes mais rappelle que "depuis la loi du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du service public de l’électricité, le sujet des rémunérations et des avantages en nature sous ses différents aspects relève de la négociation collective de branche".

Le ministre de l’Économie et des finances, Bruno Le Maire, écrit lui "approuver l’appréciation générale de la Cour des comptes sur la nécessité d’approfondir et de sécuriser dans la durée les efforts entrepris par EDF au cours des dernières années en termes de maîtrise de sa masse salariale".

Il soutient les cinq recommandations, mais précise que "l’affirmation selon laquelle 'les réformes indispensables du système de rémunération n’ont pas été engagées' est inexacte, notamment dans la mesure où un projet de réforme du cadre de la rémunération variable fait l’objet de discussions au sein du groupe EDF".

Jean-Bernard Levy renvoie la balle à l’Etat

La réponse de Jean-Bernard Levy, PDG d’EDF est, elle, beaucoup plus musclée, on s’en doute. Il rappelle d’abord qu’EDF SA a réduit de plus de 5 600 postes ses effectifs depuis 2015, contractant mécaniquement la masse salariale. Il rappelle aussi que, fait "inédit dans son histoire", en 2017, EDF a procédé à "un gel du salaire national de base". Quant au régime spécial de retraites applicable aux agents d'EDF, il est bien "en cours de rapprochement" progressif du régime général.

Mais Jean-Bernard, Levy précise aussi que "la rénovation du cadre social ne saurait être appréciée isolément" et qu’elle doit être regardée à l’aune des efforts engagés dans "une mise à niveau sans précédent de la sûreté et des performances industrielles de son parc nucléaire". Bref, que face aux enjeux du grand carénage et de la mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche), ce n’est pas le moment de démotiver les équipes et de ruiner la paix sociale chèrement acquise par son prédécesseur Henri Proglio.

Quant à la transformation du pacte social demandée par la Cour des comptes, le PDG d’EDF renvoie la balle dans le camp de l’État actionnaire (83,7 %), expliquant qu’elle "ne pourra être menée à bien qu'à condition d'être soutenue sans ambiguïté par son actionnaire de contrôle, se déroulera en cohérence et au rythme des réformes portées par les pouvoirs publics, comme nous le faisons actuellement pour la convergence des différents systèmes de retraite". À bon entendeur !

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