Economie

Saint-Nazaire privé de courant, la Gare de Lyon bloquée, les centrales nucléaires à l'arrêt… Le point sur les actions syndicales du 2 juin

Pierre Monnier

Publié le

Entre le rejet du projet de loi travail par le corps syndical et les différentes revendications de certaines branches, de nombreuses actions syndicales ont eu lieu en France le jeudi 2 juin. Les manifestations ont engendré des perturbations, telles qu’une coupure de courant dans la région de Saint-Nazaire, un arrêt du trafic ferroviaire Gare de Lyon à Paris, mais également un passage de l’électricité en tarif heure creuse pour un million d’usagers.

Saint-Nazaire privé de courant, la Gare de Lyon bloquée, les centrales nucléaires à l'arrêt… Le point sur les actions syndicales du 2 juin © @jvinzent / Twitter / CC

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120 000 foyers privés d’électricité en Loire-Atlantique

Les régions de Saint-Nazaire, de Donges et de Guérande ont subi une coupure de courant en fin de matinée. A l’origine de l’incident, des manifestants anti-loi travail se sont introduits à l’intérieur du poste de 225 000 volts de Saint-Malo-de-Guersac qui alimente l’ensemble de la Loire-Atlantique. Les grévistes ont évacués les lieux peu après midi permettant le rétablissement du courant.

Les chantiers navals de STX France ont été touchés dans cette action, l’un des navires en construction a été évacué. Plus anecdotique, la résidence secondaire de Pierre Gattaz, le président du Medef, a elle-aussi été privée d’électricité pendant que son usine Radiall à Voreppe en Isère était bloquée.

Un million de clients passés en tarif heures creuses

La section Energie de la CGT a revendiqué le passage en tarif heures creuses de plus de 1,1 millions d’abonnés de la région parisienne pour s’opposer à la loi travail. Des actions du même type ont été menées à Lorient (Morbihan) et près de Cherbourg (Manche) touchant plus de 100 000 personnes selon le syndicat. De son côté, Enedis, nouveau nom d’ERDF, a minimisé l’ampleur du mouvement en évoquant 500 000 clients concernés.

16 centrales nucléaires ont arrêté le travail

Des arrêts de travail, allant d’une heure à la journée entière, ont été votés dans 16 des 19 centrales nucléaires du parc français. Parmi les actions menées contre la loi travail, des barrages filtrants, des rassemblements et des occupations de sites ont eu lieu à Flamanville (Manche), Gravelines (Nord), Paluel et Penly (Seine-Maritime).

Trafic TGV perturbé après l’occupation de Gare de Lyon

La grève reconductible débutée mardi 31 mai au soir par une partie des employés de la SNCF a impacté le trafic : six TGV sur dix, quatre Transilien sur dix, un Intercités sur trois et un TER sur deux ont circulé jeudi 2 juin. Malgré l’annonce du retrait du préavis de grève de l’Unsa, la manifestation pour défendre les conditions de travail des cheminots sera reconduite le vendredi 3 juin avec les mêmes taux de circulation que la veille selon la SNCF.

Dans ce contexte, près de 200 manifestants de la CGT et de SUD ont envahi un poste d’aiguillage de la Gare de Lyon à Paris en fin de matinée. Pendant près d’une heure, ils ont occupé les lieux, empêchant tout départ ou arrivée de train, afin de protester en faveur du retour des accords de branche. Un TGV a même dû s’arrêter le temps du blocage à Montgeron dans l’Essonne. Le trafic a repris progressivement à partir de 13h30.

La RATP rejoint le mouvement

Pour obtenir la réouverture des négociations salariales annuelles et le retrait du projet de loi travail, la RATP est rentré dans une grève illimitée le jeudi 2 juin. Pourtant, le trafic n’a pas été perturbé sur l’ensemble du réseau puisque seuls le tramway 4 et le RER B ont été touché. La ligne T4 était d’ailleurs la seule entièrement bloquée. Pour le RER B, le trafic a été divisé en deux en Gare du Nord avec un train sur trois vers le nord (Roissy-Charles de Gaulle) et trois trains sur quatre vers le sud.

Le trafic aérien échappe (pour le moment) aux ennuis

Un appel à la grève dans l’aviation civile a été lancé par l’UGFF-CGT et relayé par l’Unsac-CGT afin de cesser le travail les 3, 4 et 5 juin. Les négociations devaient déboucher à l’arrêt des baisses d’effectifs et à une renégociation de leur cadre social et indemnitaire mais n’ont rien donné mardi 31 mai. Pourtant, la situation s’est débloquée jeudi 2 juin avec une levée des préavis de grèves de l’ensemble des syndicats.

Les accords signés ne prévoient aucune suppression de postes chez les contrôleurs aériens. A l’origine du mouvement, 116 postes devaient disparaître en 2016, suivi de 50 postes supplémentaires par an jusqu’en 2019.

Le mouvement des centres de déchets parisiens s’amplifient

Depuis lundi 30 mai, le plus important centre de traitement des déchets parisiens, situé entre Ivry-sur-Seine et Paris, est bloqué. Les éboueurs et égoutiers de la ville de Paris manifestent contre le projet de la loi travail. Leur mouvement a été rejoint par les centres d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) et de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).

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