Saint-Jean de Maurienne : l’avenir sera scellé en septembre

Rio Tinto Alcan poursuit son bras de fer avec EDF pour tirer vers le bas le prix de l’électricité de son site savoyard. La direction vient de poser un ultimatum au mois de septembre.

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Saint-Jean de Maurienne : l’avenir sera scellé en septembre

En septembre, le sort sera jeté. C’est ce que vient d’annoncer le PDG du géant minier Rio Tinto Alcan, Jacynthe Côté, concernant l’usine de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie). Des déclarations prononcées il y a quelques jours lors de sa venue en France et qui fixent, pour la première fois, un horizon à court terme pour cette usine d’aluminium centenaire.

Pourquoi cette date ? "Si une fermeture était annoncée, il faudrait entre 18 mois et deux ans pour la rendre effective, pour trouver par exemple des solutions de reclassement", explique une porte-parole du groupe. Le groupe va d’ailleurs lancer dans quelques jours un "test marché", à l’aide d’une banque externe dont le nom n’a pas été communiqué, afin de savoir si des repreneurs seraient intéressés. Selon certaines rumeurs, le producteur d’aluminium Alcoa se serait rapproché de Rio Tinto Alcan, ce que dément la porte-parole.

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Cette durée de 18 mois à deux ans permettrait au groupe de mener la fermeture jusqu’au mois de mars 2014, date à laquelle le généreux contrat d’électricité négocié avec EDF il y a 30 ans prendra fin. Car c’est bien le bras de fer avec l’électricien français qui semble toujours condamner à terme l’usine. Etabli jusque-là à 18 euros le MWh, soit deux à trois fois moins cher que le prix du marché, il offrait un avantage compétitif certain pour ce site très gourmand en énergie en raison du procédé d’électrolyse qu’il met en œuvre. Les négociations actuelles, qui durent depuis plusieurs années, s’établiraient entre 30 et 40 euros le MWh.

Si au mois de septembre, aucun accord n’est trouvé, deux scénarios sont envisageables. Soit le groupe trouve un repreneur, et le site est sauvé, en partie au moins. Soit aucun repreneur ne sort du bois et là, la fermeture semble inévitable. Mais elle ne concernerait toutefois qu’une partie seulement de l’activité savoyarde de Rio Tinto Alcan.

Ce sont les sites de production qui sont les plus en danger, hormis bien entendu le site moderne de Dunkerque (Nord). Seraient ainsi sur la sellette le site de Saint-Jean-de Maurienne mais pas son Laboratoire de recherches sur les fabrications (LRF). Le centre de recherches de Voreppe (Isère) resterait quant à lui dans le giron de Rio Tinto Alcan. En revanche, le site de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne) serait aussi sur la sellette. Ce sont donc précisément 480 emplois qui sont menacés.

Pour beaucoup de syndicats, la fermeture de l’usine de Saint-Jean-de-Maurienne semble inévitable. Elle se dessine sur fond de désindustrialisation massive de la production d’aluminium dans l’ensemble de l’Europe, au profit de régions fortement pourvus en énergie bon marché, comme le Moyen-Orient. L’avenir du site est également devenu hautement politique, toutes tendances confondues. "La vérité, c’est que Rio Tinto Alcan ne veut plus produire d’aluminium en France, a déclaré au Figaro Hervé Gaymard, député UMP et président du conseil général de la Savoie. Je nourris cette intuition profonde depuis de nombreuses années."

Jean-Jack Queyranne, président (PS) du conseil régional de Rhône-Alpes, dénonce "la stratégie industrielle au niveau mondial de Rio Tinto" qui prouve que le groupe "n’a pas préparé l’avenir du site de Saint-Jean de Maurienne". Quant à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, lors d'un déplacement à Saint-Jean-de-Maurienne, il avait promis une "confrontation avec ces grands groupes qui ne sont intéressés que par la rentabilité financière".

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