Saint-Gobain cède ses activités emballages aux Etats-Unis

Olivier James , ,

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En droite ligne avec sa stratégie de recentrage sur les métiers de l’habitat, Saint-Gobain est en train de négocier la vente de ses activités de conditionnement au groupe Ardagh pour 1,3 milliard d’euros.

Saint-Gobain cède ses activités emballages aux Etats-Unis © DR

Saint-Gobain se rapproche un peu plus de son objectif. Avec la vente imminente, annoncée ce lundi 14 janvier au matin, du rachat de Verallia North America par le groupe luxembourgeois Ardagh, le numéro un mondial des matériaux de construction poursuit son recentrage sur les activités liées à l’habitat entamé depuis 2007. "C’est une belle opération industrielle, financière et stratégique", estime d’ailleurs son PDG, Pierre-André de Chalendar. Elle est de fait l’une des plus importantes transactions de Saint-Gobain depuis le début du XXIème siècle.

L’offre d’achat du groupe Ardagh, spécialiste des emballages en verre et en métal, est jugée "ferme" et "définitive" par la direction de Saint-Gobain. Le montant de la transaction s’élève à 1,275 milliard d’euros, soit 6,5 fois l’excédent brut d’exploitation de 2012. L’an dernier, cette filiale américaine de Saint-Gobain a dégagé un chiffre d’affaires de 1,6 milliard d’euros.

Ardagh change d’échelle

A priori, avec cette transaction, les deux parties peuvent être satisfaites. Ardagh se pose en compétiteur de poids face au numéro un actuel, le groupe Owens-Illinois d’abord. En rachetant Verallia, numéro deux de la production de pots en verre aux Etats-Unis avec 13 sites industriels et 4 400 salariés, il participe à une concentration du marché. Présent dans 25 pays et employant 17 700 personnes, Ardagh fait aujourd’hui un bond de géant. Dans un communiqué, le président d’Ardagh, Paul Coulson, parle d’ailleurs d’un "changement d’échelle" pour son groupe.

Pour Saint-Gobain, l’opération est également bienvenue. Désireux de se défaire de ses activités non liées à l’habitat, son actuel PDG tente depuis plusieurs années de vendre Verallia. Mais, patient et tenace, il a toujours assuré vouloir le faire à un bon prix et au bon moment. Non que ce pôle ne soit pas rentable. C’est même le contraire : au troisième trimestre de 2012, seul Verallia n’a pas connu de recul du volume des ventes au sein de Saint-Gobain.

Une introduction en bourse avortée

Saint-Gobain parvient donc à vendre cette filiale de manière avantageuse. Une vente qui va permettre de renforcer le bilan du groupe. En 2011, l’endettement de Saint-Gobain s’élevait à 8,1 milliards d’euros, soit 44% des fonds propres.  "Cette transaction valorise,  - dans de très bonnes conditions supérieures à ce qui était envisagé lors du projet de mise en bourse de 2011 - , nos activités américaines de conditionnement, tout en leur offrant de vraies perspectives  industrielles", assure aujourd’hui Pierre-André de Chalendar.

Pour rappel, l’entrée en bourse de Verallia annoncée en juin 2011 n’avait finalement pas aboutie. Deux semaines après cette déclaration, elle était abandonnée "en raison de conditions de marché très défavorables". Un coup d’épée dans l’eau en pleine tempête boursière qui est en quelque sorte rattrapée aujourd’hui.

Reste que cette vente n’est que partielle. Quid des activités de conditionnement en Europe et en Amérique Latine qui restent à vendre ? "Toutes les options sont ouvertes", répète Pierre-André de Chalendar. Une nouvelle tentative d’introduction en bourse ne serait pas non plus écartée. L’opération, qui devrait aboutir dans le courant de l’année après consultation du comité d’entreprise, sera soumise à l'autorisation des autorités de la concurrence aux Etats-Unis.

Olivier James

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