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Saint-Gobain affiche ses ambitions chinoises en fêtant ses 350 ans à Shanghai

Manuel Moragues , , , ,

Publié le , mis à jour le 13/01/2015 À 11H58

Reportage Saint-Gobain a lancé, vendredi 9 janvier, les célébrations de son 350e anniversaire, à Shanghai. Le français est tourné vers l’avenir, qui passe par la Chine et l’Asie du Sud-Est. Mais il reste sélectif dans ses activités locales.

Saint-Gobain affiche ses ambitions chinoises en fêtant ses 350 ans à Shanghai © D.R.

Pas question de retourner à Versailles pour l’ancienne manufacture des glaces de Colbert ! C’est face aux impressionnantes tours du quartier d’affaires de Shanghai que Saint-Gobain a lancé les célébrations de son 350ème anniversaire, vendredi 9 janvier. Cet anniversaire, Pierre-André de Chalendar, PDG du groupe, le souhaite "résolument tourné vers l’avenir. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de le faire ici, à Shanghai, car l’Asie est pour nous symbole de dynamisme, d’avenir et d’innovation", a déclaré le dirigeant, sur les quais shanghaïotes, devant plusieurs centaines d’invités, clients, officiels et collaborateurs.

Le spécialiste des matériaux de construction a réalisé 2,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en Asie en 2013 (plus 400 millions d’euros en Inde), dont la moitié en Chine. Des montants assez faibles comparés au chiffre d’affaires global du groupe, qui atteint 42 milliards d’euros. L’Asie-Pacifique ne pèse que 5% des ventes de Saint-Gobain. La veille, 8 janvier, lors d’un entretien avec des journalistes français, Pierre-André de Chalendar a indiqué qu’il visait une croissance à deux chiffres en Asie et un doublement de la part de la zone dans le chiffre d’affaires du groupe à 10% d’ici à cinq ans.

Le suisse Sika dopera la croissance en Asie

La prise de contrôle, début décembre 2014, du suisse Sika devrait l’y aider. "Sika réalise plus de 800 millions d’euros de vente en Asie, dont les deux tiers en Chine, où l’entreprise est très reconnue", s’est félicité Javier Gimeno, délégué général du groupe pour l’Asie-Pacifique. De quoi accélérer la croissance du groupe dans la zone, à 80% organique sur les cinq dernières années selon lui.

Ambitieux pour ses activités en Chine au vu des fantastiques marchés locaux de la construction et de l’automobile, Pierre-André de Chalendar se veut aussi sélectif. La Chine n’est pas aussi rentable pour Saint-Gobain que le reste du monde. Une comparaison qui masque des situations très différentes. L’activité de matériaux à haute performance, tournée à 50% vers l’automobile, est "très profitable en Chine", selon le dirigeant, grâce à son positionnement sur des niches technologiques.

Dans les plaques de plâtre pour la construction ou les vitrages pour l’automobile, Saint-Gobain tire son épingle du jeu en misant sur le haut de gamme face aux géants locaux, CNBM pour le plâtre et Fuyao Glass pour les vitrages auto, qui détiennent chacun environ 60% du marché local.

Ajustement du portefeuille d’activités en Chine

Le groupe a ouvert une deuxième usine de fabrication de verre pour l’auto en 2012 et une troisième usine de plaques de plâtre en 2013. Il projette d’ouvrir une troisième usine de transformation verrière en 2016 à Wuhan, notamment pour fournir PSA. Sa capacité de production passera alors de 2,5 à 4 millions de pare-brise, pour un marché chinois de 20 millions de voitures neuves par an.

En revanche, le français a coupé dans son portefeuille d’activités chinois ces deux dernières années, d’où une stagnation du chiffre d’affaires dans la zone depuis 2011. "Nous avons fermé notre grande usine de vitrages [pour le bâtiment] de Nankin fin 2012 face à l’énorme surcapacité de production chinoise", explique Javier Gimeno. "Sur nos produits de base, nous ne pouvons pas gagner de l’argent en Chine", reconnaît Pierre-André de Chalendar.

Prochaine étape, São Paulo

L’activité de distribution de matériaux de construction, qui pèse 45% du chiffre d’affaires mondial du groupe, a aussi été arrêtée en Chine après une expérience pilote il y a une dizaine d’années, et Saint-Gobain ne prévoit pas d’y revenir à court terme. "Le marché n’est pas mûr pour notre modèle de distribution", explique Javier Gimeno. Avec encore 81% de son chiffre d’affaires réalisé en 2013 en Europe occidentale et en Amérique du Nord, Saint-Gobain a bien d’autres pays à cibler que la Chine pour croître dans les pays émergents. Les célébrations du 350e anniversaire du groupe, matérialisées par quatre étonnants pavillons mettant en œuvre les dernières innovations de Saint-Gobain, vont d’ailleurs partir pour São Paulo, au Brésil, le 18 janvier. Avant de passer à Philadelphie, aux Etats-Unis, pour finir en octobre 2015 à Paris. Le lieu exact n’est pas encore dévoilé. Mais ce ne sera pas Versailles. 

Manuel Moragues, à Shanghai

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