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Saft complète son usine de batteries lithium-ion de Jacksonville, en Floride

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Reportage Saft termine l’installation d’une troisième ligne de production de batteries lithium-ion dans l’usine de Jacksonville en Floride. Le français est armé pour tirer profit de l’essor de ce marché, qui accélère déjà la croissance du groupe.

Saft complète son usine de batteries lithium-ion de Jacksonville, en Floride © Capture d'écran vidéo Aeronewstv

Le champion français des batteries est en train de finaliser une troisième ligne de production dans son site de Jacksonville dévolu au lithium-ion, dans le nord de la Floride. Avec une capacité de production de 2 millions de cellules par an, soit 6 fois celle de son usine "mère" à Nersac (Charente), "c’est la plus grosse usine du groupe, et la plus automatisée", apprécie Bruno Dathis, directeur financier du groupe et président du directoire par intérim depuis le décès soudain fin septembre du précédent patron, John Searle.

Avec cette nouvelle ligne, Saft satisfait à ses obligations envers le Department of energy (DOE, le ministère de l’Energie américain). Le français a reçu 95,5 millions de dollars de subventions du gouvernement des Etats-Unis, soit presque la moitié de l’investissement nécessaire à la construction du site démarrée début 2010 et dont les premières batteries sont sorties en janvier 2012. Saft a été l’une des neuf sociétés à avoir bénéficié des 1,2 milliard de dollars de subventions consacrés à la filière batteries dans le cadre de "l’american recovery reinvestment act" du président Obama (un plan de relance de l'économie lancé en février 2009).

AU-DELÀ DE L’USINE, LES PRODUITS

"Le DOE est assez content de nous", glisse Frank Cecchi, responsable de l’activité lithium-ion du groupe. A contrario, d’autres "usines Obama" comme celle de l’américain A123 n’ont pas donné satisfaction. Cette start-up du secteur avait suscité la polémique en 2012 : ses ouvriers jouaient à des jeux vidéo faute de commandes à honorer. Elle a ensuite été rachetée par le chinois Wanxiang. "Ce n’est pas tout d’avoir une usine et de fabriquer des éléments, il faut avoir des produits !" pointe Bruno Dathis. Pour cela, il faut maîtriser d’une part l’électronique et le logiciel qui sont nécessaires au contrôle de la chimie délicate du lithium-ion et, d’autre part, avoir travaillé en amont avec les clients pour répondre à leurs besoins avec cette technologie récente.

Saft travaille sur cette technique depuis près de vingt ans et produit en masse des batteries de ce type depuis 2009. La collaboration avec sa clientèle sur des solutions à haute valeur ajoutée est inscrite dans son ADN. Résultat, "le lithium-ion accélère la croissance du groupe, qui s’établit à 12,8% (hors effet de change) sur les 9 premiers mois de l’année, après une croissance organique de 7,5% en 2013", se félicite Bruno Dathis. Le dirigeant table sur un chiffre d’affaires compris entre 660 et 680 millions d’euros en 2014 et sur un Ebitda compris entre 102 et 105 millions d’euros (environ 15,5% de marge).

STRATÉGIE DE NICHES

"Saft a su prendre avec succès le virage du lithium-ion", se félicite Franck Cecchi. "Et nous n’en sommes qu’au début". Cette technologie ne représente que 18% des ventes du groupe. Si les marchés plus traditionnels de Saft (les batteries au nickel et celles au lithium primaire, non rechargeables) ont de belles perspectives de croissance, c’est le marché du lithium-ion qui devrait croître le plus vite, estime la firme. Saft compte bien en tirer profit en ne changeant pas la stratégie qui lui a réussi jusqu’ici : viser les niches à haute valeur ajoutée.

Le français veut développer les applications du lithium-ion dans l’aéronautique (alimentation de secours), le ferroviaire (alimentation de la traction), les véhicules industriels électriques ou hybrides (bus et chariots élévateurs), l’alimentation d’appoint des stations télécoms des pays émergents. Enfin, et non des moindres, celles pour le stockage de l’énergie du réseau électrique pour accompagner l’essor des énergies renouvelables. Hors de question pour cette ETI d’affronter les géants japonais et coréens du lithium-ion sur leur terrain : les marchés de masse comme l’électronique grand public et, demain, la voiture électrique. Dans le lithium-ion, Saft est plus qu’un champion français : c'est le champion de l’Occident face à l’Asie.

De Jacksonville, Manuel Moragues

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