Safran veut persuader Zodiac de discuter fusion

par Matthias Blamont et Tim Hepher

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PARIS (Reuters) - Safran continue de croire à un rapprochement avec Zodiac et espère convaincre l'équipementier aéronautique de se pencher sur un tel schéma industriel, a déclaré lundi son directeur financier.

Zodiac a annoncé dimanche que son conseil de surveillance avait décidé à l'unanimité de ne pas donner suite à une proposition de fusion de Safran, la maison mère du motoriste Snecma, présentée le 6 juillet.

Le directeur général, Olivier Zarrouati, a estimé que les synergies dégagées par une telle fusion seraient "extrêmement modestes."

"Il s'agit pour nous d'étudier les mérites d'un projet industriel qui regrouperait les deux entreprises, c'était valable la semaine dernière, ça reste valable aujourd'hui et demain", a souligné Ross McInnes, directeur financier de Safran, lors d'une interview téléphonique à Reuters.

Selon lui, les synergies de coûts ne sont pas le principal enjeu d'une telle opération.

"Notre proposition est de prolonger ce mouvement qui correspond à une demande des donneurs d'ordres d'avoir en face d'eux des équipementiers de premier rang qui soient capables d'avoir une offre plus large, une maîtrise de systèmes et une fonction d'intégration, au-delà de l'hétérogénéité de tel ou tel produit, c'est une démarche intelligente", a-t-il plaidé.

Safran réalise la majorité de son chiffre d'affaires dans la propulsion aéronautique et spatiale et cherche depuis plusieurs années à se renforcer dans la défense et la sécurité. Les équipements aéronautiques, susceptibles de s'associer à l'activité de Zodiac, ont représenté 26% des ventes en 2009.

De son côté, Zodiac génère 51% de son chiffre d'affaires dans les aménagements des cabines d'avions, le reste des ventes étant dégagées dans la sécurité et les systèmes aéronautiques.

Les deux entreprises sont des fournisseurs dits de Rang 1 (Tier one) et travaillent directement aux côtés des grands constructeurs aéronautiques que sont l'européen Airbus, l'américain Boeing ou le brésilien Embraer

OPA HOSTILE PRÉMATURÉE

Interrogé sur la possibilité pour Safran d'effectuer une offre publique d'achat (OPA) hostile sur le capital de Zodiac si ses avances venaient à échouer, Ross McInnes a répondu qu'il était prématuré d'envisager toute autre approche que celle présentée le 6 juillet.

Selon Olivier Zarrouati, le président du directoire de Safran, Jean-Paul Herteman, a évoqué la possibilité d'offrir des titres et du cash aux actionnaires de Zodiac mais n'a pas fait de proposition chiffrée.

"Je ne suis pas sûr que l'intérêt de nos actionnaires serait servi par autre chose que ce que nous proposons, à savoir de se réunir autour de la table. Nous n'avons pas d'autre idée à ce stade que de répéter la proposition qui a été faite il y a une dizaine de jours", a dit Ross McInnes.

"Il nous semble que ce que nous proposons mérite d'être étudié. Pourquoi? Parce que quand on regarde ce qui se passe dans le monde des équipementiers aéronautiques de premier niveau, on assiste depuis de nombreuses années à une consolidation, à des rapprochements. Je note que Zodiac en est une excellente illustration, Safran aussi d'ailleurs."

Le directeur financier a ajouté que Safran, contrôlé à près de 30% par l'Etat français, n'avait pas abandonné l'espoir d'échanger des actifs de défense avec Thales à l'avenir. Les deux sociétés ont décidé en mai de mettre fin à leurs discussions.

Edité par Jean-Michel Bélot

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