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Quotidien des Usines

Safran prépare la vente de Sagem Communications

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Au-delà des mobiles, Safran s'apprête à céder la branche qui fabrique les équipements de communication, notamment la Livebox d'Orange. Il s'y prépare en remodelant son outil industriel.

Au-delà des mobiles, Safran s'apprête à céder la branche qui fabrique les équipements de communication, notamment la Livebox d'Orange. Il s'y prépare en remodelant son outil industriel. Par Jean-Pierre Vernay

Le compte n'est pas bon. Hérités de Sagem, les téléphones mobiles plombent les ventes de la branche Communications de Safran, qui ne cache guère qu'il céderait bien ses mobiles, ou cesserait cette activité. Au-delà se pose la pérennité des autres activités de cette branche, à savoir les équipements de communications. « Dès qu'une solution pour les mobiles sera trouvée, la vente de cette activité est envisageable », résume une note de la Deutsche Bank. Celle-ci, désignée dans le jargon maison sous le terme générique de Haut débit, représentait en 2005 un peu plus de la moitié de la branche Communications.

Sous cette terminologie sont regroupés en fait des produits très hétéroclites. D'abord les fers de lance. Côté matériels professionnels, les fax thermiques continuent d'être un juteux fonds de commerce. « Nous sommes clairement numéro 1 européen », se félicite Patrick Sevian, directeur général délégué de Sagem Communications. Un marché dont il revendique 50 % des parts sur le Vieux Continent, avec 1,4 million d'unités produites en 2006 et qu'il vient d'étendre à la Chine avec la création, en janvier, d'une coentreprise, contrôlée à 70 % par le français, aux côtés du chinois Photar.

Pour les applications grand public, le leadership européen de Sagem se retrouve dans les terminaux d'accès résidentiels, pour lesquels il est en concurrence frontale avec Thomson. La multiplication des offres triple play, alliant téléphonie, télévision et internet, a fait exploser la fabrication des modems et des adaptateurs (Livebox d'Orange, Freebox ou encore Alicebox). « Nous produirons 5,2 millions de terminaux cette année contre 4 millions en 2005 », explique Patrick Sevian. De la même façon, la TNT a dopé la production de décodeurs, propulsant la division au premier rang européen avec 13 % de parts de marchés et 1,5 million d'unités produites en 2005.

Seulement voilà, malgré ces positions, Sagem souffre, car la pression sur les prix est forte. Il sera difficile de tenir longtemps.

A côté de ces produits phares, la division Haut débit regroupe des gammes diverses, héritages historiques ou bien tentatives de diversification. Au rang des premiers, des équipements pour les transmissions hertziennes côtoient des systèmes de régulation de trafic et des compteurs électriques. Les secondes sont composées notamment d'équipements d'accès pour réseaux de télécommunications destinés à des pays où les infrastructures n'existent pas. Des marchés en déclin. Fini, les confortables marges du temps des monopoles européens clients ! Surtout depuis que Sagem s'est lancé à la grande exportation. Forte de ses produits leaders, la division Haut débit tire encore son épingle du jeu. Pour les neuf premiers mois de l'exercice 2006 (achevé le 30 septembre), son chiffre d'affaires en progression de 19 % le prouve. Pour autant, elle n'en a pas pour autant vocation à demeurer dans le périmètre de Safran.

Une grande hétérogénéité

 

La première raison tient à ces marchés, loin du nouveau coeur de métier de Safran, l'aéronautique et la défense. Equipements professionnels, appareils destinés au grand public, estampillés Sagem ou fabriqués pour le compte d'autres constructeurs : l'hétérogénéité de l'ensemble interdit d'avoir une approche cohérente. Il existe peu de rapport entre la gestion des Livebox vendues par Orange et celle des fax d'entreprises. Et pourtant, ils sont fabriqués au même endroit, à Bayonne (Pyrénées-Atlantique).

La deuxième raison est liée aux investissements en R et D nécessaires pour nourrir un catalogue pléthorique de produits. Malgré ses efforts, la division Haut débit est devenue un fast follower, ainsi que la décrit un fournisseur. En d'autres termes, elle agit davantage comme consommateur de nouvelles technologies que comme précurseur.

Mais avant toute cession, la direction a du pain sur la planche pour donner de la cohérence à l'ensemble. Elle a donc entrepris de remodeler son outil industriel. La première étape est dans la droite ligne de la création de Safran, par fusion de Sagem et Snecma il y a un an et demi. Fin 2005, la fabrication des câbles d'énergie et de télécommunications a été cédée à General Câble. Dans la foulée, l'activité d'installation de réseaux de télécoms pour les collectivités locales a été vendue à Bouygues. « Il y a ensuite eu une première spécialisation des sites, car selon les secteurs ce ne sont pas les mêmes rythmes de travail », juge un responsable syndical.

Cette spécialisation s'accélère. L'usine de Lannion (Côte-d'Armor), qui produisait des circuits imprimés en grandes séries pour les mobiles, est recentrée sur les petites et moyennes séries notamment pour l'aéronautique et la défense. Le transfert vers Lannion d'une partie du personnel du site de Dinan est en cours. A terme, cela pourrait amener au passage de toute l'activité dans le giron d'une autre branche de Safran.

Tout aussi inquiets que leurs collègues bretons, les salariés de Bayonne, la plus grosse usine française de la division Haut débit avec 320 CDI, voient leur production de cartes électroniques partir en Tunisie. Celui-ci, créé en 2003, compte 2 300 salariés et devrait atteindre 2 800 personnes à la fin de l'année. Trois fois plus que toutes les usines françaises réunies !

De la réussite de son remodelage dépendra le sort de la division Haut débit : l'adossement à un groupe d'électronique ou la vente par appartement

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