Safran lâche les mobiles Sagem au fonds Sofinnova

Sagem Mobiles est cédée par le groupe Safran au fonds français de capital risque Sofinnova, qui tentera d'enrayer le déclin du dernier fabricant de téléphones portables de l'Hexagone. Rebaptisée Sagem Wireless, la nouvelle société sera spécialisée dans le

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Safran lâche les mobiles Sagem au fonds Sofinnova
Autrefois leader sur le marché français, le dernier fabricant hexagonal de téléphones portables, Sagem Mobiles, passe entre les mains de Sofinnova, fonds français de capital risque indépendant spécialisé dans les investissements high-tech (créé en 1972). Le groupe Safran annonce qu'il se désengage « dans des conditions optimisées sur le plan économique et social ». Sagem Mobiles, qui enchaîne les pertes (encore 45 millions d'euros au premier semestre 2008), poursuivra son activité jusqu'à finalisation de l'opération, au plus tard fin 2008.

Sur la base du fonds de commerce, de la marque et de ses technologies, Sofinnova fondera une nouvelle société, baptisée Sagem Wireless et basée à Cergy-Pontoise. Safran y conservera une participation d'environ 10 %. Présidée par Pasquale Pistorio et spécialisée dans les activités ODM (Original Design Manufacturer) de téléphonie mobile, Sagem Wireless développera des produits sous des marques tierces et pour le compte d'opérateurs ou d'autres constructeurs, ainsi que sous des marques de mode, de sport ou de luxe. Mais sous-traitera totalement la fabrication. Elle emploiera environ 310 personnes : 70 à Cergy-Pontoise et 240 à Ningbo, en Chine. Contre près de 4 100 salariés actuellement au sein de Sagem Mobiles.

Sagem Wireless recentrée en constructeur designer

Cette nouvelle société confiera le développement de ses plateformes technologiques et logicielles à Esmertec et Purple Labs, deux entreprises (respectivement suisse et britannique) qui conçoivent des logiciels de télécommunications et dont Sofinnova est actionnaire. Ainsi, 250 salariés du service R&D de Sagem Mobiles « seront appelés » à intégrer ces deux sociétés, tout en restant à Cergy-Pontoise. Sagem Wireless sous-traitera également des travaux de personnalisation et de packaging de téléphones portables à l'usine Safran de Fougères (Ille-et-Vilaine).

Jean-Paul Herteman, président du directoire de Safran se dit persuadé du succès de cette solution, « car le modèle économique ODM est particulièrement bien ciblé et les coûts fixes optimisés par l'intégration des équipes R&D de Sagem Mobiles avec celles de sociétés du portefeuille de Sofinnova ». Et Thierry Buffenoir, président-directeur général de Sagem Mobiles, d'ajouter : « notre implantation européenne, notre force technologique et notre stratégie devraient nous permettre certainement de séduire les plus grandes marques en leur proposant des produits uniques. Ainsi, Sagem Wireless devrait avoir des perspectives de croissance prometteuses. »

220 M€ de restructuration pour Safran

De son côté, Safran proposera aux salariés de Sagem Mobiles non concernés par ces transferts (notamment les 370 de Cergy) un reclassement, principalement au sein du groupe, en particulier dans les divisions Sécurité et Electronique embarquée (en meilleure santé financière), qui requièrent des qualifications semblables. La diversification du site de Fougères, qui a intégré la fabrication de cartes électroniques et du système militaire Felin (Fantassin à Equipements et Liaisons Intégrés), sera poursuivie dans certains domaines connexes. Parmi les 770 salariés de Fougères (Sagem Industrie), quelque 150 seront affectés à la sous-traitance de Sagem Wireless, près de 200 à la sous-traitance tierce, les 400 autres personnes sont déjà reclassés ou devront l'être. En revanche, l'usine chinoise de Ningbo, qui emploie 2 400 personnes à proximité du centre de R&D repris par Sofinnova, sera revendue au second semestre.

« Le coût total de cette évolution s'élève à environ 220 millions d'euros. Outre les pertes opérationnelles enregistrées par la branche d'activité sur l'exercice 2008, il comporte principalement des mesures d'accompagnement et d'adaptation mises en place au sein des différentes entités et sites concernés, ainsi que diverses provisions et dépréciations d'actifs », précise le groupe Safran.

Né en mai 2005 de la fusion entre le motoriste Snecma et l'électronicien Sagem, Safran, qui employait 63 000 personnes (dont près de 39 000 en France) dans 30 pays fin 2007 pour un chiffre d'affaires d'environ 12 milliards d'euros, se concentre sur ses métiers prioritaires : la propulsion aéronautique et spatiale, les équipements aéronautiques et la défense-sécurité. Fin janvier 2008, il avait déjà finalisé la cession de Sagem Communications (haut débit et convergence) au fonds américain The Gores Group pour 383 millions d'euros.

Matthieu Maury

A lire aussi :
Safran en pleine forme... sans Sagem Communications (14/02/2008)

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