Safran défend son rachat de Zodiac, accuse TCI de dénigrement

PARIS (Reuters) - Safran accuse le fonds spéculatif TCI de mener une "campagne publique de dénigrement" en menant la charge contre son projet de rachat de Zodiac Aerospace, dont le groupe défend le bien-fondé et les termes.

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Safran défend son rachat de Zodiac, accuse TCI de dénigrement
Safran accuse le fonds spéculatif TCI de mener une "campagne publique de dénigrement" en menant la charge contre son projet de rachat de Zodiac Aerospace, dont le groupe défend le bien-fondé. /Photo d'archives/REUTERS/Jacky Naegelen

Le président du conseil d'administration de Safran, Ross McInnes, a répondu jeudi dans une lettre de six pages au courrier que TCI lui avait envoyé le 14 février tout en le diffusant sur internet.

Le fonds britannique, qui s'est illustré par sa récente fronde contre la direction du constructeur automobile allemand Volkswagen, juge notamment le prix d'achat de Zodiac proposé à 29,50 euros par action trop élevé, estimant la juste valeur aux environs de 20 euros.

Ross McInnes rejette aussi les critiques de TCI qui doute des capacités de Safran à intégrer des acquisitions.

"En matière de gestion de portefeuille, nous n’avons de leçon à recevoir de personne", a-t-il dit à Reuters, citant les plus-values, mentionnées par le fonds, prévues à la suite des cessions des activités de sécurité et de détection de Safran.

Safran a vendu sa participation dans le spécialiste des paiements Ingenico entre 2013 et 2015 pour un total de 892 millions d'euros, alors qu'elle ne valait que 470 millions en 2012 lorsque TCI avait déjà écrit à Safran, l'enjoignant de céder ses actions, a rappelé Ross McInnes.

Concernant le risque intrinsèque lié à l'intégration de Zodiac, le directeur général de Safran Philippe Petitcolin s'est montré convaincu de la capacité de Safran à redresser la marge opérationnelle courante de sa cible aux environs de 14%, son niveau avant la crise entraînée par des retards de livraisons.

"Même en excluant l'influence positive du dollar, on devrait les ramener à une rentabilité au minimum égale à celle qu'ils ont connue sous deux ans", a-t-il précisé à Reuters.

Mais TCI, qui détient 4% de Safran et est aussi actionnaire de Zodiac, a dit douter de cet objectif, souligne que Safran n'avait pas pu avoir accès aux usines de Zodiac pour mener une procédure de "due diligence".

Sans plus de certitudes sur la réalité de la situation opérationnelle de Zodiac, Safran ne peut donc pas justifier la valorisation de l'opération, souligne TCI.

"Mauvais deal, mauvais prix - les calculs ne sont pas corrects", a déclaré à Reuters Jonathan Amouyal, partenaire au sein du fonds.

Mais des analystes ont mis en doute les propres projections de TCI concernant la valorisation de Zodiac.

Dans sa lettre, Safran défend sa stratégie de diversification permettant au motoriste d'accroître son exposition au rentable secteur des équipements aéronautiques de Zodiac.

"Le conseil d'administration n'a pas l'intention de changer son fusil d'épaule", a déclaré Ross McInnes, soulignant que les motoristes américains General Electric et United Technologies avaient eux aussi réalisé des acquisitions dans les équipements.

Pas question d'une AG avant l'OPA

Dans le cadre d'une opération complexe destinée à satisfaire des actionnaires des deux groupes, Safran doit d'abord convaincre les minoritaires de Zodiac, qui détiennent 68% du capital, d'apporter leurs titres à une OPA. Si plus de la moitié d'entre eux acceptent, Safran pourra passer à la seconde phase.

Les actionnaires de Safran recevront aussi un dividende exceptionnel de 5,5 euros avant la fusion.

TCI, lui, juge qu'un rachat d'actions serait bien plus rémunérateur et bien moins risqué pour les actionnaires de Safran qu'un rachat de Zodiac, une attitude jugée "court-termiste" par Ross McInnes.

Mais TCI demande aussi une assemblée générale extraordinaire du groupe avant le lancement de l'OPA sur Zodiac, elle-même prélude à une deuxième phase, la fusion des deux groupes par échange d'actions.

"La demande d'un vote des actionnaires de Safran avant le lancement de l'offre publique est infondée au plan juridique comme selon les principes de bonne gouvernance", déclare Ross McInnes dans sa lettre à TCI.

"Les actionnaires ne sont pas consultés en référendum permanent", a-t-il précisé à Reuters.

Sollicitée sur les arguments de TCI, une porte-parole de l'Autorité des marchés financiers (AMF) s'est refusée à tout commentaire.

TCI a déclaré jeudi dernier avoir reçu le soutien de plusieurs fonds américains et européens. Reuters n'a pour l'instant obtenu aucune confirmation de tels ralliements.

Mais selon des analystes, ses arguments peuvent convaincre certains actionnaires.

Pour Reuters, Cyril Altmeyer et Tim Hepher, édité par Jean-Michel Bélot

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