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L'Usine de l'Energie

Sables bitumineux : les pétroliers de l’Alberta en guerre contre l’Europe

Ludovic Dupin , ,

Publié le

Les pétroliers de l’Alberta s’estiment injustement menacés par le projet européen de surtaxe des importations de pétrole issu de sables bitumineux. L’industrie locale juge que ses efforts en efficacité énergétique rendent ses émissions de CO2 comparables à celles d’autres sources d’or noir.

Sables bitumineux : les pétroliers de l’Alberta en guerre contre l’Europe © Andrew - Wikimedia commons - c.c.

Majors, unions professionnelles, ministres… Tous les acteurs pétroliers de l’Alberta font front commun contre l’Union européenne. Cette dernière est sur le point d’établir une surtaxe sur les importations d’hydrocarbures dont l’extraction est fortement émettrice de CO2. Premiers visés par la Commission européenne : les sables bitumineux, spécialité exclusive de la province canadienne. Le CAPP (Canadian Association of Petroleum Producers) remet en cause le jugement européen et avance en réponse une étude américaine de l’IHS/Cera. Elle montre que le pétrole issu des sables bitumineux n’est pas le plus émetteur de CO2. Il se place à la troisième position derrière les bruts lourds du Moyen-Orient et du Venezuela. Syncrude, le premier producteur de sable bitumineux d’Alberta, affirme même que son brut n’émet que 5 % de plus de CO2 en moyenne que le pétrole américain, grâce aux grands efforts faits en matière d‘efficacité énergétique.

"Il ne faut pas pénaliser la transparence", rage Greg Stringham, vice-président en charge des sables bitumineux au CAPP. Il ajoute : "L’Europe va se tourner vers la Russie et l’Algérie pour son approvisionnement en pétrole. Des pays qui ne rapporteront jamais la totalité de leurs émissions de gaz à effet de serre, notamment tout ce qui est torché." Du côté de la Province, le discours est exactement le même. Roger Ramchatira, directeur du développement durable des sables bitumineux pour l’Alberta, explique : "Nous sommes d’accord pour mettre en place des règles environnementales et être en compétition avec les producteurs mondiaux. Mais nous voulons des règles justes et équitables. L’Union Européenne a encore besoin d’études complémentaires pour analyser correctement les émissions de CO2 des sables bitumineux."

L’enjeu du marché européen

Si les pétroliers luttent, c’est parce que l’accès au marché européen est un enjeu économique majeur. Jusqu’alors, le principal débouché du pétrole canadien se situait aux Etats-Unis. Mais cette voie se ferme peu à peu avec le développement des pétroles de schiste et la remise en cause des grands pipelines entre le Canada et la côte du Golfe du Mexique. Pour compenser, le pays à la feuille d’érable vise aujourd’hui à exporter son or noir vers l’Asie (ce qui ne posera pas de problème vu le nombre d’investisseurs asiatiques en Alberta)… et vers l’Europe. Des pipelines aboutiront sur la côte est du Canada d’ici à 2018, dernière étape avant la traversée vers le Vieux Continent.

7 % des émissions canadiennes

Le Canada détient la troisième réserve mondiale de pétrole, derrière le Venezuela et l’Arabie saoudite, avec 173 milliards de barils. Sur ce total, 169 milliards sont des sables bitumineux. En 2013, 61 milliards d’euros ont été investis dans le pétrole et le gaz canadiens, dont 23 milliards pour les seuls sables bitumineux. En termes de rejet de CO2, les sables bitumineux représentent 7 % des émissions du Canada. Une part qui croît avec l’augmentation globale de la production (doublement prévu d’ici à 2050), malgré l’obligation légale de réduire chaque année de 12 % les émissions par baril. Globalement, le Canada et ses 35 millions d’habitants comptent pour 2 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. A titre de comparaison, l’Europe et ses 500 millions d’habitants ne représentent que 12 % des émissions mondiales.

Ludovic Dupin, à Fort McMurray

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