Saab entre en procédure de sauvegarde

Le constructeur suédois a jusqu'à la fin de l'année pour s'émanciper de General Motors, et trois mois pour prouver qu'il en est capable. Et ce, sans (trop) compter sur l'Etat suédois.

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Saab entre en procédure de sauvegarde
L'inflexibilité du gouvernement suédois a forcé le constructeur automobile à engager une procédure de sauvegarde, qui le placera à l'abri de ses créanciers durant trois mois avant qu'un tribunal statue sur la viabilité de l'entreprise. L'objectif est de trouver un repreneur ou de nouveaux financements afin de rendre son indépendance à la filiale de General Motors. Le groupe américain a en effet décidé, dans le cadre de son plan de redressement présenté mardi au gouvernement, qu'il se désengagerait Saab au plus tard début 2010.

Durant les trois prochains mois, Saab décidera de mesures de réorganisation qui lui permettront d'attirer de nouveaux investisseurs. Pour le constructeur, qui emploie 4.500 salariés en Suède, c'est certainement le début d'une réduction d'effectifs et de capacités de production. Ses créanciers devront également accepter de tirer un trait sur une partie de leurs créances. Au bout du délai de trois mois, soit la procédure sera prolongée pour une durée de un an maximum, soit la liquidation sera prononcée par le tribunal.

Le gouvernement suédois a refusé l'idée de prendre une part du capital de Saab, ce que suggérait General Motors. Il a déclaré qu'il était prêt à aider le constructeur, mais pas à assurer son sauvetage à lui seul. Selon un quotidien suédois, GM serait prêt à injecter 400 millions de dollars dans l'entreprise à condition que l'Etat suédois apporte 590 millions de dollars.

« Cela va être difficile de s'en sortir pour Saab, car ses ventes étaient déjà en baisse avant la crise, et la taille de l'entreprise est trop petite pour lui permettre de survivre par elle-même dans un secteur qui va se consolider, estime Guillaume Mouren, analyste automobile chez Xerfi. Je ne pense pas qu'il parvienne à se relever sans une aide de l'Etat et sans être racheté par un concurrent. »

Les ventes de Saab en Europe ont baissé de 23,2% en 2008 selon l'Association des constructeurs européens (ACEA), à 82.500 unités, ce qui lui procure 0,4% de part de marché. Le constructeur, propriété de GM depuis 1990, perd de l'argent depuis son rachat. Pour revenir à la rentabilité, il faudrait qu'il atteigne un objectif annuel de 120.000 à 130.000 unités.

Avec sa gamme de véhicules premium, Saab pourrait attirer un grand constructeur allemand, qui s'en tirerait avec « une acquisition à bon compte » selon Guillaume Mouren, glanant quelques points de parts de marché pour pas cher. Autre possibilité : un rachat par un constructeur asiatique. On se souvient que MG Rover, en faillite, avait été racheté par le Chinois Nanjing en 2005. Quant à une fusion avec son compatriote Volvo, dont Ford cherche à se débarrasser, aucune rumeur n'a filtré et il faudrait qu'elle soit soutenue par Stockholm. A eux deux, ils représentent un volume de moins de 400.000 véhicules en Europe.

Raphaële Karayan

Dossier : Automobile, le crash

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