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L'Usine de l'Energie

Une opération entre RWE et E.ON chamboule le secteur de l'énergie en Allemagne

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Le premier producteur d'électricité allemand, RWE, doit vendre à E. ON sa filiale Innogy. Une opération, convenue le dimanche 11 mars, qui transforme le paysage énergétique allemand et touche au-delà le secteur en Europe.

Une opération entre RWE et E.ON chamboule le secteur de l'énergie en Allemagne
RWE et E.ON se sont entendus sur des échanges d'actifs complexes qui bouleversent le secteur de l'énergie en Allemagne.
© Bjoern Schwarz CC Flickr

Les entreprise allemandes RWE et E.ON se sont entendus le dimanche 11 mars sur des échanges d'actifs complexes impliquant notamment Innogy dans le cadre d'une opération qui bouleverse le secteur de l'énergie en Allemagne.

Premier producteur d'électricité en Allemagne, RWE va céder à E.ON sa participation majoritaire dans Innogy, dont la capitalisation boursière s'élevait vendredi à 19 milliards d'euros. Il va parallèlement prendre une participation minoritaire dans E.ON et récupérer les actifs dans les énergies renouvelables aussi bien d'E.ON que d'Innogy, ont annoncé les deux groupes dans des communiqués publiés dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 mars.

E.ON a précisé qu'il allait soumettre une offre sur la participation de 76,8% de RWE dans Innogy au prix de 40 euros par action en numéraire. Le titre Innogy a terminé vendredi à 34,53 euros. Ce prix de 40 euros comprend 3,24 euros correspondant aux dividendes supposés d'Innogy pour 2017 et 2018.

Cette transaction, qui verra aussi E.ON effectuer une offre de 5,2 milliards d'euros aux autres actionnaires d'Innogy, va de fait entraîner le démantèlement de ce dernier, dans lequel RWE avait placé en 2016 ses réseaux et ses activités dans les énergies renouvelables.

E.ON s'est lui aussi scindé en 2016 en séparant ses centrales électriques à combustibles fossiles de ses activités de réseaux et d'énergie renouvelable, plus prometteuses.

RWE va devenir le champion de l'énergie verte

L'opération annoncée dimanche est ainsi l'aboutissement d'une restructuration en profondeur des groupes énergétiques allemands rendue nécessaire par la décision soudaine en 2011 du gouvernement d'Angela Merkel de sortir le pays du nucléaire et de promouvoir les sources d'énergies alternatives après la catastrophe de Fukushima au Japon, survenue il y a exactement sept ans.

Avec ces échanges d'actifs et de participations, E.ON va se concentrer sur les réseaux dans l'électricité à tarifs réglementés et les services aux clients tandis que RWE, qui est l'un des principaux émetteurs de dioxyde de carbone en Europe avec ses centrales à charbon et à gaz, va devenir le champion allemand de l'"Energiewende", c'est-à-dire la transition vers l'"énergie verte".

 

RWE VA VERSER 1,5 MILLIARD D'EUROS À E.ON

"Ça ressemble à une initiative avantageuse pour E.ON à première vue", dit Thomas Deser, gérant de fonds chez Union Investment, qui possède des parts dans E.ON, RWE et Innogy. "Via le canal du renouvelable, RWE devrait aussi être en mesure de compenser le recul de ses activités dans le nucléaire et le lignite et d'attirer des partenaires pour le développement de ses activités éoliennes", ajoute-t-il.

RWE va prendre une participation de 16,67% dans E.ON via l'augmentation de capital de 20% à laquelle ce dernier va procéder et le premier va aussi verser au second 1,5 milliard d'euros en numéraire pour combler un écart de valeurs dans ces échanges d'actifs complexes.

Cette transaction pourrait être surveillée de près par la Commission européenne, qui a refusé de s'exprimer sur le sujet, et par l'Office fédéral de lutte contre les cartels en Allemagne, qui n'a pas répondu dans l'immédiat aux demandes de Reuters.

Innogy traverse une période délicate depuis un avertissement sur ses résultats en décembre qui a poussé à la démission son président du directoire, Peter Terium. Début mars, son directeur financier, Bernhard Günther, a été victime d'une attaque à l'acide.

Des rumeurs persistantes sur un rachat par Engie

La compagnie a été l'objet de rumeurs persistantes sur un éventuel rachat par le français Engie ou l'italien Enel dans le cadre d'une possible réorganisation du secteur européen de l'énergie.

Engie avait néanmoins déclaré jeudi ne pas envisager d'acquisition de la taille d'Innogy.

L'accord va être mis en oeuvre en plusieurs étapes, ont précisé les deux groupes, en rappelant qu'il devait obtenir l'aval de leurs conseils de surveillance respectifs et des autorités de tutelle du secteur et de la concurrence.

Cette opération a pris par surprise la VkA, la fédération des actionnaires municipaux allemands qui contrôlent ensemble environ 23% du capital de RWE. Cette dernière a prévenu qu'elle allait examiner attentivement la transaction.

Les analystes de Bernstein estiment à environ 500 millions d'euros les synergies rendues possibles par cet accord.

Innogy doit publier ses résultats annuels le lundi 12 mars puis ce sera au tour de RWE le mardi 13 mars et d'E.ON le mercredi 14 mars.

 

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