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L'Usine Energie

RTE démontre avec Twenties la faisabilité d’un réseau offshore en courant continu

Manuel Moragues , , ,

Publié le

Entretien Twenties, le grand projet européen de R&D sur l’intégration des énergies renouvelables est terminé. RTE, le gestionnaire du réseau haute tension français, était en charge, avec Alstom, d’inventer le réseau offshore en courant continu qui raccorderait les parcs éoliens offshore à terre. Et de démontrer sa faisabilité. C’est fait, estime Olivier Grabette, directeur général adjoint de RTE en charge de l’économie, des marchés et de l’innovation, qui explique à L’Usine Nouvelle en quoi les résultats obtenus ouvrent la voie à la mise en place d’un tel réseau en mer du Nord.

RTE démontre avec Twenties la faisabilité d’un réseau offshore en courant continu © Jasper Carlberg

L'Usine Nouvelle - Pourquoi se tourner vers le courant continu pour raccorder les éoliennes offshore ?

Olivier Grabette - Le transport de l’électricité en courant alternatif à haute tension trouve ses limites en mer : les pertes capacitives ne permettent pas d’utiliser de longs câbles au-delà de quelques dizaines de kilomètres. Or les parcs éoliens offshore qui sont appelés à se développer en mer du Nord seront situés loin des côtes. Il est donc nécessaire de recourir au courant continu à haute tension [CCHT, ou HVDC pour High Voltage Direct Current] pour raccorder ces fermes au réseau terrestre.

En outre, les nouvelles technologies d’électronique de puissance qui se développent pour la conversion AC/DC offrent d’autres avantages, avec un meilleur contrôle des flux électriques, qui intéressent les gestionnaires de réseaux.

Des liaisons à courant continu sont déjà en construction entre des fermes éoliennes et les côtes en Allemagne, qu’apportez-vous de nouveau avec Twenties ?

L’enjeu est de passer de telles liaisons, dites point-à-point, à un véritable réseau maillé offshore en mer du Nord. Il y a un potentiel de 90 gigawatts d’éolien offshore dans cette zone. Plutôt que de raccorder chaque parc ou groupe de parcs à un point donné à terre, un réseau maillé permettrait de mutualiser l’ensemble de la production éolienne de la zone et de la distribuer à tous les pays qui l’entourent.

Le potentiel éolien serait ainsi mieux valorisé : il serait plus facile d’évacuer l’énergie produite et il serait possible de la diriger vers le pays où il y en a le plus besoin. En cas d’indisponibilité d’un câble, d’autres voies pourraient être trouvées. Enfin, le réseau HVDC offshore peut aussi servir d’interconnexion entre les pays.

En quoi avez-vous démontré la faisabilité d’un réseau maillé en courant continu à haute tension ?

Quand le projet a démarré, il y a près de quatre ans, un tel réseau était impossible : on ne savait pas comment assurer sa protection. On n’avait pas les moyens, par exemple, de déconnecter et reconnecter une ligne pour orienter les flux d’électricité ou isoler une branche. Deux innovations majeures ont été réalisées. Avec l’Ecole Centrale de Lille et le G2eLab de Grenoble, nous avons réalisé des simulations et un démonstrateur en laboratoire qui nous ont permis de concevoir des systèmes capables de détecter les défaillances et d’assurer la stabilité d’un réseau HVDC. Avec Alstom, nous avons mis au point un prototype de disjoncteur ultrarapide indispensable pour le HVDC, qui n’existait pas. Les derniers essais viennent d’être terminés : 5200 ampères à plus de 160 000 volts ont pu être coupés en moins de 5,5 millisecondes. Un verrou technologique vient de sauter ! 

Quelles seront les suites de ces études ? A quand un tel réseau HVDC ?

Ce n’est pas pour tout de suite ! D’autant que les investissements se chiffrent en dizaines de milliards d’euros. Mais nous savons désormais que nous devrions disposer d’un disjoncteur commercial à l’horizon 2020. Cela nous permet d’intégrer le HVDC dans notre planification des réseaux. La suite directe de Twenties est un nouveau projet de recherche sur le HVDC pour lequel nous attendons le feu vert de la Commission européenne.

Il s’agit de travailler avec les trois grands spécialistes de cette technologie, Alstom, ABB et Siemens, pour définir comment leurs systèmes pourraient être interopérables et d’être capable de qualifier et certifier cette interopérabilité. Cela sera indispensable pour bâtir et opérer un véritable réseau maillé.

Propos recueillis par Manuel Moragues

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