Royaume-Uni: Sunak estime que le plan américain sur l'accord fiscal mondial pourrait fonctionner

par William Schomberg

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Royaume-Uni: Sunak estime que le plan américain sur l'accord fiscal mondial pourrait fonctionner
Le ministre britannique des Finances, Rishi Sunak (en photo), a déclaré que la proposition américaine de se concentrer sur les 100 entreprises les plus grandes et les plus rentables du monde dans le cadre d'un accord fiscal mondial pourrait fonctionner, mais il a insisté sur le fait que les grandes entreprises technologiques doivent payer plus d'impôts dans les pays où elles opèrent. /Photo prise le 2 juin 2021/REUTERS/Dylan Martinez

LONDRES (Reuters) - Le ministre britannique des Finances, Rishi Sunak, a déclaré que la proposition américaine de se concentrer sur les 100 entreprises les plus grandes et les plus rentables du monde dans le cadre d'un accord fiscal mondial pourrait fonctionner, mais il a insisté sur le fait que les grandes entreprises technologiques doivent payer plus d'impôts dans les pays où elles opèrent.

Rishi Sunak a déclaré à Reuters que le Groupe des Sept faisait "des progrès" sur cette réforme, avant que les ministres des Finances du G7 ne s'envolent pour Londres pour des discussions vendredi et samedi.

Cette réunion sera leur première rencontre en face à face depuis que la pandémie de coronavirus s'est déclarée. Ce sera aussi la première depuis que Joe Biden a remplacé Donald Trump à la présidence des États-Unis, ce qui suscite l'espoir d'une plus grande coopération entre Washington et le reste du monde.

Le plan simplifierait l'approche de l'imposition des multinationales. Il se concentrerait sur les bénéfices des 100 plus grandes entreprises qui ont le plus profité de la mondialisation, au premier rang desquelles les géants de la technologie, qui ont vu leurs activités exploser pendant la pandémie.

La Grande-Bretagne et d'autres pays craignent que cette mesure ne compense pas l'impact éventuel d'un projet parallèle de taux minimum mondial d'imposition des sociétés, qui pourrait faire entrer davantage d'argent dans les coffres des États-Unis à leurs dépens, au moment même où ils doivent faire face aux coûts énormes qu'implique la gestion de leurs économies pendant la crise du coronavirus.

La Grande-Bretagne, qui préside le G7 cette année, est particulièrement préoccupée par le fait de manquer une occasion de s'attaquer à la manière dont les entreprises mondiales déplacent leurs bénéfices vers des pays à faible fiscalité.

Mais Rishi Sunak, un ancien analyste chez Goldman Sachs âgé de 41 ans dont l'ascension fulgurante au sein du gouvernement a fait de lui un candidat possible au poste de premier ministre, a félicité son homologue américaine Janet Yellen pour avoir "changé la dynamique" et a déclaré qu'il y avait une voie à suivre sur la base de la proposition américaine.

"Je ne peux pas entrer dans les détails mais mon point de vue général est que l'approche qu'ils ont établie en principe est quelque chose avec laquelle nous pouvons travailler, a déclaré Rishi Sunak dans une interview," réalisée dans son bureau au 11 Downing Street.

"UN SIGNAL FORT"

En l'absence d'un accord mondial sur la manière de répartir les droits fiscaux, la Grande-Bretagne et d'autres pays ont imposé des taxes sur les services numériques ciblant les revenus des entreprises technologiques.

Ces taxes avaient suscité la colère de l'administration Trump qui avait lancé un processus qui pourrait conduire à des droits de douanes supplémentaires.

L'administration Biden a suspendu ce processus plus tôt cette année. Mercredi, elle a annoncé des droits de douane de 25% sur plus de 2 milliards de dollars d'importations en provenance de six pays, dont la Grande-Bretagne, mais les a suspendus pendant 180 jours pour se concentrer sur les négociations internationales.

Rishi Sunak, qui s'exprimait avant l'annonce de Washington concernant les droits de douane, a déclaré que les 500 millions de livres sterling que la Grande-Bretagne prévoit de récolter cette année grâce à sa taxe sur les services numériques "vous donnent une idée de ce qui est approprié" pour le résultat d'un accord mondial.

Rishi Sunak a déclaré qu'il restait "confiant et optimiste" quant à la possibilité de parvenir à un accord fiscal au sein du G7 à temps pour être soumis aux ministres des Finances du G20 en juillet.

Selon le ministre britannique, au-delà des chiffres, la conclusion d'un accord sur la réforme fiscale - et les progrès réalisés pour aligner davantage le système financier sur la lutte contre le changement climatique - montreraient que la coopération internationale fonctionne à nouveau.

"Je pense que cela envoie un signal vraiment fort que les grandes économies, le G7, sont capables de se réunir pour travailler sur des problèmes difficiles... et trouver comment les résoudre", a-t-il déclaré. "Nous n'avons pas vu cela depuis un certain temps."

(version française Camille Raynaud)

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