Roland Berger critique la gestion des grands programmes

L’aéronautique fait rêver. Et sa première vitrine, le salon du Bourget qui va se tenir du 20 au 26 juin, sera sûrement une nouvelle occasion de s’enthousiasmer devant les fabuleuses machines volantes. Mais elle fait aussi sourire…à ses dépens. Avec des avionneurs et équipementiers en passe de devenir la risée des autres industriels.

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Roland Berger critique la gestion des grands programmes

Il faut dire que les derniers grands programmes aéronautiques ont systématiquement dérapé : que ce soit Airbus avec le super jumbo A380 et l’avion de transport militaire A400M ou Boeing avec le 787 ou la version allongée de son 747. Des retards qui ont généré des milliards d’euros de dépassement de budget. "Les gens de l’automobile et de l’énergie ironisent sur les retards de l’aéronautique", nous confiait un spécialiste du secteur aéronautique.

Cette industrie est toutefois consciente de son mal principal. Une récente étude réalisée auprès des plus grandes entreprises européennes de l'aéronautique met d'ailleurs comme priorité n°1 la gestion de programme, avant la stratégie marketing et la politique de globalisation. "C’est d’autant plus critique qu’il y a un nombre inédit de programmes en phase de développement ou de démarrage de la production. Pour y faire face, les industriels doivent être capables de résoudre les problèmes non plus en urgence mais par anticipation", explique Stéphane Albernhe, Managing Partner chez Roland Berger.

Selon l’étude, les origines de ces retards sont multiples. Primo, les industriels s’engagent souvent à l’impossible. Que ce soit en termes de coûts, de calendrier ou de performances à atteindre. La gestion du programme de l’avion de transport militaire A400M d’Airbus est typique de ce travers. Les engagements étaient intenables : il fallait faire mieux que les Américains, moins chers et avec un ramp-up industriel plus rapide !

Segundo, ils maitrisent mal les risques liés à l’introduction de nouvelles technologies. Pressée par leurs clients ou sous la pression de la compétition, les fournisseurs sont poussés à intégrer dans la phase de conception, des technologies qui ne sont pas suffisamment matures. Ce qui peut déstabiliser la production. Ainsi 54% des dirigeants sondés estiment que la maturité du design technologique est la première condition de succès pour une industrialisation réussie.

Tertio, la gestion de la supply chain n’est pas aussi rigoureuse qu’elle devrait l’être. Clairement, avec son programme 787, Boeing a trop outsourcé de charge de travail auprès de ses fournisseurs sans mettre en place les mécanismes de contrôle et d’alerte en cas de dérapage.

Résultat : le secteur aéronautique paye cher son inefficacité industrielle affichant une rentabilité médiocre. Il faudra pourtant y remédier pour enfin transformer les plantureux carnets de commandes en flux de revenus profitables.

Consultez les nouveautés du salon de l’aéronautique du Bourget 2015


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