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L'Usine Santé

Roche et La Paillasse mettent les big data au service du traitement du cancer

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Pour mieux comprendre et traiter le cancer, le laboratoire pharmaceutique Roche et La Paillasse ont lancé à Paris un audacieux challenge. Grâce à une plate-forme web et à l’utilisation de données variées, spécialistes comme étudiants ont six mois pour soumettre un projet collaboratif.  

 

Innover via la santé 2.0 sans s’allier à Google ? C’est le pari lancé par la filiale France de Roche. Jeudi 5 novembre, le groupe pharmaceutique a donné le coup d’envoi à Paris d'un challenge participatif hors norme, en s’alliant au laboratoire communautaire La Paillasse. Le principe de “Challenge4Cancer”: ouvrir et croiser les big data pour les mettre au service de l’épidémiologie, afin de mieux comprendre et traiter le cancer.

Etudiants de Normale Sup’, statisticiens, biologistes, experts en data viualisation… 200 participants de tous horizons ont répondu à l’appel. Durant six mois, ils vont plancher par équipes pluridisciplinaires sur leur projet : travail de recherche pouvant aller jusqu’à une publication, un prototype algorithmique au service des hôpitaux, ou encore un programme de prévention à partir des tendances analysées (exemple, sur le sport et le cancer).

faciliter le pilotage des politiques de sante

Parmi les 21 000 jeux de données mis à disposition des participants figurent des informations diagnostiques, thérapeutiques mais aussi juridiques, socio-économiques ou environnementales en accès libre sur Internet. Numéro un mondial des traitements du cancer, Roche a également fourni douze études en cancérologie que la CNIL doit valider.

A l’origine du projet, sa filiale française a cherché comment aller au-delà de la fourniture de médicaments, en identifiant "des solutions intégrées permettant de créer de la valeur médicale pour les patients et les professionnels de santé, mais aussi de la valeur économique pour tout le système", confie Isabelle Vitali, directrice de l’innovation et du développement des partenariats de Roche France.

L’écosystème français offrait de belles possibilités d’alliances en la matière. C’est Gilles Babinet,  “Digital Champion” de l’Hexagone, qui a soufflé le nom de La Paillasse. Le programme de recherche scientifique Epidemium est né, dont “Challenge4Cancer” est le premier appel à projets. "Epidemium pourrait permettre à l'épidémiologie d’être un véritable outil de pilotage des politiques de santé", estime Olivier de Fresnoye, co-coordinateur du programme pour La Paillasse.

Cédric Villani ou encore Orange au sein du jury

Pour prévenir d’éventuelles dérives, un « comité d’éthique indépendant » a été mis sur pied. Parmi ses dix membres figure le mathématicien Cédric Villani. "L'alliance du big data et des questions médicales est extrêmement puissante mais doit en même temps être rigoureusement encadrée par les principes qui ont prévalu à l'exercice de la médecine depuis longtemps", explique-t-il à L’Usine Nouvelle.

Un comité scientifique pluridisciplinaire sera chargé d’évaluer la pertinence scientifique et méthodologique des projets. Nicolas de Cordes, vice-président marketing anticipation d’Orange, un groupe très impliqué dans la santé avec une division dédiée et des projets dans l’accompagnement de patients atteints de cancer, en fait partie. Il apporte son expérience, ayant mis en place les projets Data4Development en Côte d'Ivoire et au Sénégal. "Outre les résultats et leurs aspects méthodologiques, nous regarderons les questions de gouvernance et d’éthique de l’accès aux données et de diffusion des résultats que poseront certaines des solutions et applications concrètes proposées par les candidats", confie-t-il.

Ces deux comités constitueront le jury qui sélectionnera en mai 2016 les meilleurs projets. D’ici là, ces derniers seront partagés sur une plateforme en accès libre, un « wiki ». Et ne seront en rien la propriété de Roche, qui a investi 200 000 euros dans l’aventure. S’il est intéressé, le laboratoire pourra simplement les accompagner, voire soutenir la création de start-up.

Gaëlle Fleitour

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