Quotidien des Usines

Rio Tinto fait le tri chez Pechiney

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L'aluminier historique français subit les choix de ses repreneurs successifs. A l'image de Rio Tinto qui se recentre sur le métal primaire. Revue de détail.

Rio Tinto fait le tri chez Pechiney

Attaqué par une offre non sollicitée de son compatriote et néanmoins concurrent (BHP Billiton), l'australo-britannique Rio Tinto a décidé de faire face sur trois fronts : son programme d'investissement, l'accroissement de ses cessions pour se désendetter suite au rachat d'Alcan et, bien sûr, un copieux plan de distribution de dividendes.

Si le recours à une autre alliance semble peu probable, une prise de contrôle par BHP Billiton ne provoquerait pas de choc culturel. Seul souci : une offre qui ne valorise pas Rio à sa « juste valeur ».

Pour Rio Tinto, il est vital de minorer la dette colossale qu'il porte depuis le rachat d'Alcan cet été. Le processus de dessaisissement a de plus été accéléré par l'offre de BHP, reconnaît le responsable de sa branche aluminium, Dick Evans. Les cessions souhaitées, qui devaient dépasser les 10 milliards de dollars, seront finalement supérieures à 15 milliards et pourraient même atteindre 30 milliards. Parmi les repreneurs potentiels, le norvégien Hydro a l'avantage d'avoir le même modèle intégré que Pechiney, l'américain Alcoa et l'indien Hindalco (repreneur de Novelis début 2007, ex-filiale d'Alcan).

30 sites en vente

Après une revue de ses actifs, le géant minier se recentre sur ce qui a fait sa fortune : l'extraction de ressources naturelles et la production de métal primaire. Il met donc en vente les activités aval.

Comme prévu, dans l'aluminium, la division « Emballages » qu'Alcan se préparait déjà à céder, sera donc vendue, ainsi que sa branche « Energy » aux Etats-Unis. En plus, Rio Tinto se dessaisit de ses produits usinés en aluminium, de ses participations dans des mines aux Etats-Unis et en Australie, de deux projets dans l'uranium et de « Rio Tinto Minerals Talc ». Dans cette dernière division, l'on trouve l'entreprise centenaire « Talcs de Luzenac » en Ariège, propriété du groupe depuis 1988.

En France, ces ventes toucheront de plein fouet les ex-sites Péchiney avant leur rachat par Alcan. Soit 30 des 39 sites de production du groupe (voir liste plus bas). Le site historique de Pechiney à Lannemezan devrait fermer comme prévu, mais resteront les activités métal primaire et bauxite-alumine localisées notamment à Gardanne, Vénissieux, Saint-Jean-de-Maurienne et près de Dunkerque. Globalement, il ne devrait pas rester plus de 4 000 salariés sur les 14 000 qu'en comprenait encore l'ex-Pechiney.

Un peu d'histoire

Coïncidence, le livre de Philippe Thaure, « Pechiney ?...vendu ! », récemment sorti aux Presses de l'Ecole des Mines de Paris, raconte la chute de la maison Pechiney, qui était encore en 1971, le premier groupe industriel français.

Incapable de choisir une stratégie entre identité française et internationalisation et entre concentration sur l'aluminium et diversification, le groupe est resté en gare, alors que le train des commodités s'ébranlait à vitesse accélérée. Et ce n'était pas faute de posséder les technologies adéquates : dans sa présentation aux investisseurs lundi dernier, Rio Tinto mettait en avant la technologie d'électrolyse « AP50 » développée par Pechiney.


Daniel Krajka


Les sites de production de Rio-Alcan en France


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