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Rick Nichols, PDG de Goss International : "Nous allons sauver 123 emplois"

Olivier James , , , ,

Publié le

Exclusif Alors que le sort de sa société, placée en liquidation judiciaire, sera scellé ce mercredi 3 juillet, Rick Nichols, PDG de Goss International, a accordé une interview exclusive à L’Usine Nouvelle.

Rick Nichols, PDG de Goss International : Nous allons sauver 123 emplois © DR

L’Usine Nouvelle : Dans quelle situation se trouve le secteur des rotatives pour imprimerie ?

Rick Nichols : D’une manière générale, l’industrie connait un déclin important depuis 2008 en Europe. Ce qui est aussi le cas dans notre activité. Mais dans notre secteur, nous souffrons aussi d’autres facteurs, en particulier l’arrivée de la presse en ligne et le déclin des journaux et magazines papier. Nous ne sommes pas au niveau d’activité que nous avions envisagé il y a une dizaine d’années. A l’avenir, avec la baisse du prix des nouvelles technologies, de plus en plus de lecteurs vont se diriger vers la presse en ligne dans les pays développés. Notre secteur va rester atone dans les prochaines années. Malgré tout, nous sommes convaincus que la presse papier de qualité survivra. Nos concurrents ont tous connu une baisse d’activité de 60% entre 2008 et 2012. Ils ont dû mener des restructurations comme nous sommes amenés à le faire en France.

Goss International connaît les mêmes difficultés ?

Dans ce contexte difficile, Goss International s’en tire plutôt mieux que ses concurrents, grâce à la diversité de nos produits et à nos nombreuses implantations dans le monde. Suite aux réorganisations de l’entreprise, l’effectif au niveau mondial a été réduit de 1 450 personnes sur les 3 600 en 2008. Notre secteur souffre toujours de surcapacités et cela augmente le niveau de la concurrence. Les trois à cinq prochaines années vont être très difficiles. Nos opportunités se situent maintenant dans les marchés émergents et les segments tels que l’emballage.

Ne pensez-vous pas que Shangai Electric a acheté Goss International au mauvais moment, au début de la crise économique, et que ce groupe ne veut plus payer ?

Comme dans toutes les autres industries, les acquisitions opérées à ce moment-là n’arrivaient probablement pas au bon moment. Personne ne pouvait alors prédire ce qui allait se passer.

Quelle est la situation de Goss International en France ?

Depuis notre arrivée en 2008, le groupe a alloué environ 122 millions d’euros à sa filiale Goss International France et à ses deux sites, Nantes et Montataire. Nous avons procédé à des restructurations en 2009 et 2010 qui ont couté respectivement 13,9 et 25,5 millions d’euros. Malgré cela, le chiffre d’affaire a continué à décliner de 259 millions d’euros en 2008 à 97 millions d’euros en 2011 et 129 millions d’euros en 2012. Les pertes se sont élevées à 26 et 12,6 millions d’euros en 2011, puis en 2012. Nous pensons que le niveau d’activité va rester faible, à un niveau inférieur de 60% par rapport à celui de 2008.

Pourquoi créer une nouvelle société pour racheter une part de ce que vous avez déjà ?

C’est une opportunité de changement. Nous avons besoin de moderniser notre organisation. Goss va devoir se réorganiser pour mieux répondre aux besoins de ses clients. Notre secteur est en situation de surcapacités. Nous devons nous adapter à ce nouvel environnement. Nous allons continuer de produire des machines de qualité. Les besoins des clients ont changé. Je crois qu’ils n’ont pas forcément besoin de technologies mais plutôt d’avoir accès très rapidement à des services de qualité. A l’avenir, nous devrons les aider à trouver des solutions technologiques qui réduiront leur coût de production.

Pour certains salariés, vous procéder de cette manière pour éviter de payer un plan social. Que répondez-vous à ces accusations ?

Nous avons déjà injecté beaucoup d’argent dans nos deux sites français ces cinq dernières années. Nous avons restructuré ces sites, pour près de 40 millions d’euros. La situation devient intenable. Nous devons aujourd’hui sauver ce qui peut encore l’être. Et offrir des opportunités d’emploi au maximum de nos salariés.

En France, la fermeture d’usines est devenue un enjeu national. Avez-vous peur que votre situation devienne un enjeu politique ?

C’est le contexte économique qui nous impose un changement de périmètre industriel. Ce que nous essayons de faire, c’est de maintenir une activité durable en Europe. Les actions que nous mettons en place visent à maintenir notre survie. Dans le même temps, nous avons augmenté nos capacités en Asie. Ce n’est pas un problème politique à mon avis.

Vous avez fait des propositions au tribunal de Compiègne qui les a refusées. Le comprenez-vous ?

Je ne peux pas faire de commentaires sur ce que le tribunal a fait et je dois rester prudent sur ce que nous allons proposer mercredi. Je peux seulement dire que nous allons proposer de maintenir 123 emplois dans les services après ventes et les bureaux d’études. J’espère vraiment que cette proposition sera acceptée par le tribunal, car c’est le maximum que nous puissions faire.

Que se passera-t-il si le tribunal refuse ?

Quoi que le tribunal dise, nous nous maintiendrons en Europe, dans des pays tels que la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie, via la vente commerciale et les services. Nous essayons vraiment de faire de notre mieux et de proposer une alternative intéressante pour le plus grand nombre de gens. Je suis optimiste. Nous faisons au mieux pour maintenir une activité viable. Je suis convaincu que nous faisons ce qu’il faut pour l’avenir.

Propos recueillis par Olivier James

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