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Riber ou l'amour du vide

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Enquête Cette PME du Val-d'Oise réalise 85% de son chiffre d'affaires à l'export. Numéro un des machines d'épitaxie par jets moléculaires, elle prépare sa diversification dans les Oled et le photovoltaïque.

L'usine se situe dans une rue calme de Bezons (Val-d'Oise). À l'intérieur, on est loin de l'ambiance d'une fourmilière. Ici, il s'agit d'un travail de précision, réalisé en partie en salle blanche. Riber fait partie de ces pépites portant haut l'excellence française dans le monde. La PME, qui réalise 85% de son chiffre d'affaires à l'export, est le numéro un mondial des machines d'épitaxie par jets moléculaires. En résumé, des machines capables de créer du vide pour réaliser des semiconducteurs à haute performance, achetées par les laboratoires de recherche du monde entier et par certains fabricants de semiconducteurs.

Riber est créé en 1964 pour distribuer des produits ultravides. À partir de 1976, elle développe la technique de l'épitaxie par jets moléculaires. Les premières machines sont vendues en deux ans plus tard. L'entreprise, qui ronronne, est reprise en main en 2008 par une nouvelle équipe de direction à l'occasion d'un changement d'actionnaires. Celle-ci met en place d'autres méthodes de management. « Il est important de laisser les différentes compétences de l'entreprise s'exprimer au sein de l'équipe de direction, argumente Frédérick Goutard, le président du directoire. Même si je tranche en dernier recours, la recherche d'un consensus est la meilleure manière de rassembler les gens derrière une stratégie cohérente. Et pour une société de 110 personnes, cela reste la meilleure solution de management. »

 

Répondre aux besoins industriels

L'évolution de Riber s'appuie sur un double savoir-faire, rare : fabriquer des machines capables de créer un vide sidéral de 10 (- 11) mbar, supérieur par exemple à celui que l'on trouve sur la Lune ; et maîtriser l'épitaxie par jets moléculaires, une manière de tirer parti de ce vide. Les premiers modèles sont conçus pour les centres de recherche. Puis des machines de plus grande taille sont mises au point pour répondre aux besoins d'industriels. Pourtant, dans les années 2000, la forte croissance attendue sur ce marché n'est pas au rendez-vous. Les machines de production se trouvent en concurrence avec une autre technologie moins coûteuse, la MOCVD (metalorganic chemical vapour deposition), qui utilise du gaz pour transporter la matière. Riber, après avoir pensé délaisser les machines de recherche, décide de remettre en avant son coeur de métier, au moment où de nombreux laboratoires dans le monde travaillent sur les semiconducteurs du futur. L'option est payante : ces machines constituent actuellement la majorité des ventes, soit une quinzaine environ par an.

Dans le même temps, l'équipe de R et D travaille sur la prochaine génération de machines de production. Un prototype est prévu pour le premier trimestre de l'année 2013. « Le marché est en contre-cycle, c'est le moment de développer une nouvelle génération de systèmes qui permettent de baisser les coûts d'opération de nos clients. Cela nous aidera à restaurer nos marges », assure Frédérick Goutard. L'un des ingénieurs de Riber travaille actuellement à plein-temps au laboratoire de recherche d'Imec à Louvain (Belgique), qui met au point une nouvelle génération de semiconducteurs CMOS. La livraison au cours du premier trimestre 2012 d'un système MBE robotisé a été accompagnée par la signature d'un partenariat. Il visait la mise en oeuvre d'un programme de recherche pour l'intégration de cette machine dans la chaîne de production silicium.

 

Profiter de l'essor des écrans Oled

Riber a trouvé d'autres débouchés en s'appuyant sur ses compétences. L'entreprise propose ainsi un élément s'intégrant dans la chaîne de production des écrans Oled. La couche d'argent de l'écran du smartphone Galaxy S de Samsung est, par exemple, réalisée avec une machine fabriquée à Bezons. Pour l'industrialisation des écrans de télévision Oled, le fabricant coréen cherche à remplacer l'argent par de l'aluminium afin de diminuer les coûts. Les ingénieurs de Riber travaillent sur la mise au point d'une machine capable d'assurer cette évolution. « Nous cherchons actuellement à renforcer notre présence en Corée », explique Frédérick Goutard. La PME française est ainsi bien placée pour profiter de l'essor annoncé des téléviseurs à écran Oled des coréens LG et Samsung, leaders du marché. Les panneaux photovoltaïques à couche mince constituent le deuxième axe de diversification. « Le marché du solaire est cyclique, remarque Frédérick Goutard, mais avec un cycle différent de celui des machines d'épitaxie à jets moléculaires. Cela nous permettra de mieux lisser notre activité. Et la notoriété de Riber va nous aider. Le premier achat d'une machine par un laboratoire chinois remonte à une vingtaine d'années. Notre marque est associée à une image de robustesse et de qualité. »

Technologie de précision

L'épitaxie par jets moléculaires est une technique de dépôt sous vide qui consiste à évaporer, sous forme de jets, des matériaux. Ces jets sont dirigés vers un substrat, chauffé à haute température, sur lequel ils forment une structure cristalline identique au support. Il est possible de superposer jusqu'à plusieurs dizaines de couches de matériaux différents ou de créer des alliages. La finesse de la couche créée va jusqu'à l'échelle atomique. Les matériaux sont conservés dans des cellules en quantité suffisante pour un an d'utilisation. Le vide dans la machine est obtenu par pompage à l'aide de divers équipements traitant les différents gaz rencontrés.

RIBER EN CHIFFRES

110 collaborateurs 29 millions d'euros de chiffre d'affaires (+ 40%) 4,3 millions d'euros de résultat net (+ 14,8%) 11,2 millions d'euros de trésorerie nette (17%) La R et D représente 16,9% de la masse salariale Chiffres 2011

 

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