Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

RHONE-POULENC AGROCHIMIE

Publié le

RHONE-POULENC AGROCHIMIE



Un outil financier pour mieux juger les managers

L'objectif

· Trouver un critère autre que les seuls résultats opérationnels pour mesurer les performances des managers des centres de profit.

Les moyens

· Un nouvel indicateur synthétique pour apprécier la " valeur économique créée " (VEC).

Le résultat

· Le secteur agrochimie de Rhône-Poulenc a aujourd'hui la meilleure rentabilité des capitaux investis du groupe.

Il fallait faire simple tout en étant sûr que le nouvel outil mis en place, en corollaire d'une décentralisation plus poussée, permette de mieux apprécier les performances obtenues. Quand Alain Godard, nouvellement nommé à la direction générale du secteur agrochimie - alors déficitaire - de Rhône-Poulenc lance, fin 1993, son projet d'une nouvelle méthode de gestion baptisée SDM - S pour simplifier, D pour décentraliser et M pour manager -, il souhaite ne pas multiplier les critères sur lesquels seront jugés les patrons des centres de profit et leurs

6 000 salariés à travers le monde. Plus que des commerciaux obsédés par les résultats opérationnels dégagés à très court terme, il veut des " managers " qui s'intéressent aussi à la gestion des stocks, aux comptes clients, aux créances fournisseurs comme à toutes les immobilisations générées par leur activité. " Le résultat opérationnel ne reflète pas à lui seul la véritable contribution d'une activité à la valeur créée par l'entreprise, plaide Guillaume Prache, directeur général adjoint du secteur. Pour avoir un indicateur plus significatif, permettant notamment d'optimiser les capitaux investis et de réduire l'endettement, nous avons conçu par nos propres moyens un outil plus synthétique, que nous avons appelé VEC (pour valeur économique créée). Son intérêt : prendre en compte le coût des capitaux utilisés par une activité et ce qu'ils rapportent. " Rhône-Poulenc Agro dispose de capitaux investis consi- dérables, estimés à une valeur nette comptable de 8 milliards de francs. Pour élaborer cet outil, une dizaine d'experts de la direction financière et du contrôle de gestion du secteur agrochimie se mettent au travail. Ils sont assistés d'un comité économique, composé des directeurs financiers des principaux centres de profit. L'indicateur qui émane de cette réflexion n'est pas sans précédent. Coca-Cola, Eli Lilly, Dow Chemical ou Monsanto utilisent depuis le dé-but des années 90 le concept d'EVA (Economic Value Added) dont le but, également, est d'optimiser les actifs. Donc le coût des capitaux mis en oeuvre pour obtenir un résultat. Les théoriciens de ce nouveau concept : les consultants financiers américains Stern, Stewart & Co, dont EVA est une marque déposée.

Des objectifs de VEC sur trois ans

Au sein de Rhône-Poulenc Agro, la nouvelle méthodologie a été généralisée à l'automne de 1994 à la centaine de centres de profits. Elle a été utilisée, par centre et par manager, pour l'établissement des budgets de 1995. Avec des objectifs de VEC sur trois ans. Seules douze " unités de services communs " ne sont pas concernées. En particulier l'informatique, le juridique, la trésorerie, la logistique internationale, la fiscalité, la gestion des bases de données économiques, les services dits centraux. Pour ceux-là, les coûts et les recettes internes (négociées avec les utilisateurs) doivent être équilibrés. Les principales difficultés rencontrées, selon Guillaume Prache : l'adaptation des systèmes d'information et de reporting, la formation et la compréhension du nouvel outil. Et, naturellement, quelques problèmes classiques de prix de cession, de périmètre d'actifs et d'affectation de coûts. " Nous n'avons retenu que les coûts sur lesquels les managers avaient un réel contrôle. " La VEC est également utilisée pour mesurer les performances des responsables de centres de profit " afin qu'ils deviennent de véritables entrepreneurs responsables de leurs résultats ". 80 % de leur rémunération est directement liée à la VEC qu'ils ont dégagée. Ils ont à leur tour la possibilité de démultiplier le système au niveau de leurs équipes. Résultat : deux ans après la mise en place de la nouvelle organisation, Rhône-Poulenc Agro affiche la meilleure rentabilité des capitaux investis du groupe.

USINE NOUVELLE N°2578

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle