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Quotidien des Usines

RHONE-ALPESLe Pôle européen de plasturgie tente un nouveau départS'imposer auprès des petites entreprises : c'est un impératif de survie pour le Pôle, installé à Oyonnax, dont les prestations aux entreprises vont être regroupées dans une société anonyme.

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RHONE-ALPES

Le Pôle européen de plasturgie tente un nouveau départ

S'imposer auprès des petites entreprises : c'est un impératif de survie pour le Pôle, installé à Oyonnax, dont les prestations aux entreprises vont être regroupées dans une société anonyme.



Paul Deguerry, son président depuis quelques mois, n'hésite pas à parler de " refondation ". Le 1er janvier 2000, dix ans après sa création, le Pôle européen de plasturgie, installé à Bellignat, près d'Oyonnax (Ain), au coeur de la " Plastic Vallée ", va prendre en effet un nouveau départ. A cette date, sa nouvelle configuration sera effective. En particulier, toutes les prestations aux entreprises seront regroupées dans un centre technique qui aura le statut de société anonyme, séparé juridiquement du Pôle, qui restera une association. Le montage a ses subtilités. Ainsi, le Pôle restera propriétaire des équipements, mais il les louera au centre. Cette réorganisation est d'abord la sanction d'un échec. Les services aux entreprises n'ont pas su s'imposer auprès des petites entreprises, qui constituaient leur principale cible. " Manque d'intérêt pour nos besoins concrets, réactivité insuffisante, prix trop élevés " : ces griefs reviennent fréquemment dans les propos de leurs dirigeants, dont beaucoup ne prenaient d'ailleurs plus depuis longtemps la peine d'en vérifier le bien-fondé. Un audit réalisé auprès d'industriels sous la responsabilité de Jean Morand, P-DG de Cogémoule, corrobore ce jugement. Sa principale conclusion était que l'efficacité des prestations du Pôle n'est pas à la hauteur de ses compétences. La nouvelle équipe dirigeante s'est déjà mise au travail. Paul Deguerry, qui a quitté en juillet la présidence de la Banque régionale de l'Ain, et qui est sans doute l'homme qui connaît le mieux le tissu industriel local, consacre désormais tout son temps au Pôle. Quant au nouveau directeur général, Jean-Paul Besnard, c'est un ingénieur électronicien familier de la plasturgie et de la gestion des PMI. Il a fait l'essentiel de sa carrière dans la région du Centre, et, à Oyonnax, il est un homme neuf. Ce qui peut être un atout à la fois pour apporter un autre regard sur la réalité locale et parce que le Centre technique ne réussira que s'il se fait reconnaître nationalement par l'ensemble de la profession. Or, lors de la création du Pôle, les industriels d'Oyonnax se sont battus pour l'accueillir. Un certain nombre de leurs voisins rhônalpins et des confrères d'autres régions auraient préféré le voir s'installer à Lyon. Aujourd'hui, ils sont tentés de dire : " Les Oyonnaxiens ont voulu le Pôle ; qu'ils en assument les conséquences... "

Des urgences financières et organisationnelles

Le problème financier est urgent. Le déficit cumulé est de 56 millions de francs. Les collectivités locales font et continueront de faire un effort. Une dizaine de grands de la profession ont pris l'engagement de participer au capital du centre technique. Les nouveaux dirigeants affinent leurs budgets prévisionnels.

Certaines actions, déjà lancées, relèvent de l'organisation et des comportements (décloisonnement des services et aménagement des horaires pour améliorer la réactivité). D'autres passent par des investissements. " Dix ans après sa création, le Pôle a toujours fière allure, observe un industriel. Mais le professionnel qui le visite avec attention constate que des équipements ont vieilli. Il faut les mettre à niveau. " Selon Jean-Paul Besnard, les premières initiatives ont reçu un bon accueil de la part des industriels. Au-delà de l'urgence, la nouvelle équipe va reconsidérer l'ensemble du dossier. Le Pôle comporte deux piliers, l'un qui sera constitué en centre technique, l'autre étant un impressionnant outil de formation, avec notamment un lycée technique et une école d'ingénieurs. Cet outil fonctionne correctement. Les nouveaux dirigeants n'en envisagent pas moins d'étudier les possibilités de rapprochement de l'école d'ingénieurs avec une ou des homologues. Là aussi, il convient d'optimiser les ressources. D'autre part, le Pôle n'est pas le seul organisme à se remettre en cause. La Chambre syndicale des plastiques Oyonnax - Franche- Comté, particulièrement concernée par les événements en cours, même si ses dirigeants soulignent qu'il faut bien distinguer les responsabilités, a elle-même éprouvé le besoin de se réorganiser. Ce qu'elle a fait après la nomination d'un nouveau directeur général, Jean-Paul Sabran.

En fait, la crise que traversent le Pôle et les organisations professionnelles de la Plastic Vallée sont au moins partiellement une conséquence (à retardement) de celle qui a affecté les entreprises au début de la décennie. Crise qui était une première pour une activité encore jeune et habituée à une expansion soutenue. Aujourd'hui, les industriels constatent que les organismes qu'ils ont mis en place pour accompagner leur développement sont moins efficaces qu'ils ne le pensaient. Par exemple, quand ils ont voulu ajuster leurs stratégies collectives au terrain, ils se sont rendus compte qu'ils ne disposaient que de statistiques sommaires. D'où le lancement, par le syndicat, d'une enquête sur la consommation de matières premières par ses adhérents (un GIE d'achats, Ronax, regroupe déjà quelques entreprises). Ce syndicat projette de créer une Maison de l'industrie réunissant plusieurs profession, la profession de la Vallée et un observatoire économique. Quant au Pôle, il va créer un observatoire de veille technologique.

L'avenir de la filière en jeu

Il en existe un, qui fonctionne bien, dans la Vallée de l'Arve (Haute-Savoie). Et, dans la Plastic Vallée, on regarde de plus en plus ce qui se fait dans la " Tecnic Vallée " savoyarde. Les deux régions ont beaucoup de points communs : spécialisation (ici, la plasturgie ; là, le décolletage), densité du tissu de PMI, relations complexes entre les entreprises, à la fois complémentaires et concurrentes, et entre les entrepreneurs, dont les fortes personnalités se heurtent parfois durement et qui entretiennent avec constance d'obscures querelles, mais qui pratiquent l'union sacrée quand les circonstances l'exigent. Or la vallée de l'Arve a su mettre sur pied des initiatives peut-être moins ambitieuses que celles d'Oyonnax, mais pointues et efficaces.

Aujourd'hui, la Plastic Vallée a retrouvé la voie d'une croissance modérée. Mais, plus que la vallée de l'Arve, elle est affectée par des mouvements de délocalisation et d'achat par des entreprises étrangères. Ce qui fait évoluer les structures industrielles et déstabilise quelque peu psychologiquement les acteurs locaux. En ce qui concerne le Pôle, les achats relancent le débat récurrent sur l'exploitation des savoir-faire locaux par des intervenants extérieurs. Débat dépassé, affirment la plupart des leaders, qui s'en agacent. Mais l'un des risques est précisément de voir se créer un fossé entre ces leaders et les " petits ". Déjà, la natalité entrepreneuriale a décliné, et les investissements nécessaires pour se développer et franchir ce cap se sont accrus.

Aussi est-il important que les petits luttent contre l'érosion de leurs marges en augmentant leur valeur ajoutée. C'est pourquoi la stratégie du Centre technique en direction des petites entreprises n'est pas seulement un impératif commercial pour celui-ci. De sa réussite dépend aussi l'avenir de la filière.



L'incontestable leader national

La région Rhône-Alpes représente environ 15 % de l'activité nationale dans la plasturgie. Ce qui la place au premier rang devant les Pays de la Loire, la Picardie, l'Ile-de-France, le Centre, l'Alsace et le Nord. Si la part globale de la Plastic Vallée s'amenuise à l'échelle nationale, elle reste, néanmoins, la seule à regrouper sur un aussi petit territoire tous les acteurs de la filière, de la distribution technique à la conception et à la réalisation de moules et d'outillages. Si l'automobile est le principal client des plasturgistes, avec des leaders qui ont pour noms MGI-Coutier, Groupe Neyr ou Ercé, la gamme des productions est très diversifiée, de la lunetterie (Berthet-Bondet) au jouet (Superjouet), et du flaconnage (PRP) au mobilier de jardin (avec Grosfillex, dont le dynamisme n'a d'égale que la discrétion).

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