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Quotidien des Usines

Rhône-Alpes

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Dossier

Un nouveau souffle pour Processium

En décidant de confier à la PME lyonnaise de génie chimique, Processium (1 million d'euros de chiffre d'affaires, 10 salariés), la conduite de trois projets - deux sur l'intensification des procédés, un dans le domaine du traitement de l'eau -, le pôle de chimie verte Axelera l'a littéralement boosté. Sans y être vraiment préparée, l'équipe a dû mener en parallèle des démarches administratives, financières, technologiques, scientifiques et .... diplomatiques. « Nous avions plusieurs projets de développement de procédés, mais sans le soutien du pôle, nous ne les aurions pas mis en oeuvre aussi vite », estime Pascal Rousseaux, le P-DG.
M. Q.


Xenocs s'insère dans les bons réseaux

Depuis que son projet Hibrix, visant à développer une nouvelle génération de composants optiques,a été labellisé par le pôle Minalogic, Xenocs, spécialisée dans les composants optiques pour rayons X, noue des contacts à un niveau qu'elle n'aurait pas pu imaginer.

Malgré sa petite taille (3 millions d'euros de chiffre d'affaires, 35 salariés), elle est en contact régulier avec des groupes comme STMicroelectronics, Philips, Freescale Semiconducteurs et Soitec. Elle s'est, de surcroît, insérée dans des réseaux d'affaires et des réseaux scientifiques où elle côtoie des financeurs, des ingénieurs du CEA, des chercheurs de l'INPG. Cette école d'ingénieurs lui a d'ailleurs délégué un thésard afin qu'elle accélère les développements en cours.
M. Q.


OPI multiplie les contacts

Pour Gilbert Alberici, P-DG d'OPI (11 millions de chiffre d'affaires, 60 ingénieurs), une société biopharmaceutique spécialisée dans le développement de produits destinés à traiter les maladies orphelines, Lyon Biopôle, pôle focalisé sur les maladies infectieuses, est un catalyseur de projets et un intéressant moyen d'élargir son champ d'actions. Le fait de piloter le projet Pravic, qui vise à évaluer de nouvelles biomolécules pour les pathologies infectieuses rares, lui a permis de nouer des contacts avec des sociétés comme Protein'Expert ou l'américain Vaccinex, et de renforcer les échanges avec deux partenaires du projet : les Hospices civils lyonnais et le Centre anticancéreux Léon-Bérard. «Je ne connaissais pas complètement le champ de leurs compétences », reconnaît le dirigeant.
M. Q.



La chimie lyonnaise se met au vert

En dépit de la stratégie de rationalisation des grands groupes, la chimie lyonnaise ne baisse pas les bras. Pour conforter des bases toujours solides, elle mise plus que jamais sur l'innovation et sur sa complémentarité avec les éco-industries.

La fin d'année a été mouvementée pour la chimie lyonnaise ! A peine Rhodia venait-il, fin octobre, d'annoncer la cession au chinois Blue Star de son activité silicones - 710 emplois dans la région - que le groupe américain Huntsman confirmait la fermeture, d'ici à 2008, de son usine de Saint-Fons (Rhône), ex- Ciba spécialités chimiques, qui emploie 250 salariés dans les pigments et colorants pour textiles

Pour bon nombre de professionnels du secteur, ces choix résultent des stratégies de recentrage mises en oeuvre par les grands groupes : selon eux, Rhodia se désengage des silicones car il ne veut plus investir dans un domaine où il occupe une faible part du marché mondial. Pour les mêmes raisons, d'autres groupes implantés localement peuvent être amenés à céder des usines. Dans certains cas, elles sont désignées pôles d'excellence et bénéficient d'investissements massifs, dans d'autres elles sont fermées.


Sous les projecteurs

Axelera nous oblige à nous surpasser

Pascal Rousseaux, le P-DG de Processium, jeune pousse de Villeurbanne (Rhône), spécialisé dans les procédés innovants pour la chimie, la pharmacie et le pétrole.
« Comme nous jouons un rôle d'interface entre les industriels de la chimie et les chercheurs, nous avons en permanence plusieurs projets de développement de nouveaux procédés. Grâce au pôle de compétitivité Axelera, nous les mettons en oeuvre beaucoup plus vite. Malgré notre petite taille, nous pilotons deux projets importants dans l'intensification des procédés et un troisième dans le traitement d'effluents aqueux par photocatalyse. Dès la création du pôle, nous nous sommes mobilisés. Nous avons convaincu des interlocuteurs dans le tissu industriel et scientifique de s'impliquer à nos côtés. Sans y être vraiment préparés, nous avons dû mener en parallèle des démarches administratives, financières, technologiques et scientifiques auprès d'interlocuteurs très variés. »


Malgré cette redistribution des cartes qui transforme la chimie régionale (la moitié des sites sont dorénavant contrôlés par des groupes étrangers), ses bases restent solides. « Rhône-Alpes est toujours la première région française en terme de production. On la connaît grâce à ses grands groupes mais elle peut aussi compter sur un solide tissu de PMI dynamiques », affirme Jean-Jacques Gillot, le délégué régional de l'UIC (Union des industries chimiques).

Le secteur draine de surcroît plus de 400 millions d'euros d'investissements industriels sur place chaque année ! La région est aussi bien placée en matière de recherche-développement puisqu'elle abrite plus de 20 % du potentiel hexagonal dans ce domaine, avec de puissants centres de recherche, universitaires et privés comme celui de l'Institut français du pétrole (IFP) à Solaize, dans le domaine de la catalyse, ou ceux des groupes Arkema et Rhodia.

Un moteur de l'économie locale

> La filière chimie-environnement en Rhône-Alpes représente près de 48 000 emplois directs, 1 900 établissements, 4 700 brevets par an et 3 000 chercheurs. Elle totalisait un chiffre d'affaires annuel de 12,3 milliards d'euros en 2005.
> La chimie a généré 8,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2005 avec près de 25 000 salariés.
> Avec 22 990 emplois, la filière co-industries regroupe 1 500 entreprises pour un chiffre d'affaires de près de 4 milliards d'euros.
Pour valoriser leurs atouts, les lyonnais ont décidé de miser plus que jamais sur la matière grise. Au service d'un nouveau créneau : la chimie... verte. « L'avenir passe par la mise au point d'une nouvelle génération de procédés et produits faisant appel à des matières premières et des technologies innovantes et par l'exploitation des agroressources afin de faire émerger une chimie plus performante, plus sûre et moins agressive pour l'environnement », explique Jean-Jacques Gillot.

Les grands chimistes ont d'autant plus besoin de trouver des solutions alternatives que le pétrole, matière première de quantité de produits, est de plus en plus remis en cause. « La hausse du prix du pétrole et son impact environnemental rendent de plus en plus compétitives les solutions alternatives », affirme Denis Bortzmeyer, le directeur des partenariats à la direction des recherches d'Arkema.

Le moment est d'autant mieux choisi que la filière régionale des éco-industries s'est fortement structurée en une dizaine d'années. Selon la CCI de Lyon, elle regroupe aujourd'hui 1 500 entreprises et réalise 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, soit 17 % du potentiel hexagonal. Dans ce contexte particulier, le projet de pôle de compétitivité Chimie-Environnement, Axelera, lancé fin 2004 par les géants de la chimie locale, est tombé à pic.

Mis en place par Arkema, Rhodia, Suez, l'IFP et le CNRS, le nouveau pôle à vocation mondiale mobilise près d'une centaine d'adhérents (entreprises industrielles, laboratoires de recherche, organismes de formation), dont une moitié de PMI. « Il constitue déjà un puissant accélérateur d'innovation dans les domaines de la catalyse, des procédés et des matériaux », déclare Pascal Barthélémy, le directeur des relations extérieures et de la valorisation de Rhodia et président du pôle. Son comité scientifique a lancé douze grands projets représentant près de 120 millions d'euros en R et D, dont six sont déjà opérationnels.

Le pôle de compétitivité Axelera

> Axelera rassemble plus de 90 adhérents, dont 50 % de PME-PMI et 30 % de laboratoires de recherche.
> 6 projets de coopération technologique ont été engagés en 2006, représentant plus de 70 millions d'euros de R et D.
> Les autres projets labellisés par le pôle représentent 30 millions d'euros.
Parmi eux, le projet Intensifications des procédés porté par Arkema, Rhodia, l'IFP et le CNRS va consacrer 15 millions d'euros à la mise au point des unités de production chimiques plus discrètes, plus compactes, moins consommatrices en énergie et qui génèrent moins d'effluents que les installations actuelles.

Lui aussi labellisé par le fonds de compétitivité des entreprises, le projet Rhodanos, qui fédère une vingtaine de partenaires, va investir 12 millions d'euros d'ici à 2009 afin d'inventer « la station d'épuration du futur ». Quatre autres projets sont en phase finale de financement, dont Bioressources, qui ambitionne de développer des processus permettant à l'industrie chimique d'utiliser des ressources renouvelables à la place de ressources fossiles dans les matériaux, la dépollution et la valorisation des sols et la polycondensation.


Des partenariats, tremplins technologiques

Porté par les grands groupes, le mariage chimie-environnement fait également progresser les structures plus modestes. Exemple avec le groupe Condat (365 salariés), qui réalise 85 millions d'euros de chiffre d'affaires dans les lubrifiants industriels. La PMI, qui considère l'environnement comme une composante clé de son développement, étudie depuis cinq ans des solutions alternatives basées sur l'utilisation de matières issues de l'agriculture. Engagée dans le programme Bioressources, elle y accélérera le développement de nouveaux produits visant à valoriser des ressources renouvelables.

Charles Dubost, le directeur de Thetis Environnement (6 salariés), spécialisée dans la lutte contre les légionnelles en milieu hospitalier, considère même le pôle comme un tremplin technologique. « Grâce aux partenaires que nous y côtoyons et les moyens supplémentaires auxquels nous pouvons accéder, nous allons pouvoir améliorer les performances de nos générateurs de dioxyde de chlore et développer de nouvelles applications dédiées aux micro-organismes, bactéries et virus », s'enthousiasme-t-il.


L'avis de

Charles-Henri des Villettes, directeur général de Givaudan Lavirotte (70 personnes), à Lyon.
Chim'Innove aide les PMI à faire naître leurs projets
« Début 2006, nous avons participé, avec cinq autres PMI, à la première session de l'opération Chim'Innove. Lancée par l'UIC Rhône-Alpes, elle aide, pendant un an, les PMI de 15 à 250 salariés dans leur démarche d'innovation. Pour un coût modeste de 5 000 euros, nous avons pu faire émerger un projet de nouveau produit et un autre dans le domaine du service. Nous avons aussi acquis de nouveaux outils en matière de gestion de projet et de techniques de résolution de problèmes. Au départ du programme, nous avons constitué une équipe projet composée des responsables concernés par l'innovation. Celle-ci a ensuite bénéficié de 21 demi-journées de conseil personnalisé par un consultant spécialisé et de 15 journées de formation collective consacrées au management de projet, aux techniques de créativité et d'analyse de la valeur et au financement de l'innovation. »



Un solide tissu de PMI dynamiques

Airpoll, une petite entreprise locale spécialisée dans la mesure, l'analyse en continu et le traitement des odeurs et COV, s'est quant à elle impliquée dans Rhodanos, fin 2005. Son objectif : adapter au domaine du traitement des eaux usées son outil informatisé de mesure des odeurs mis au point pour lutter contre les nuisances émises par les déchets de compostage. L'enjeu économique et technologique est important car les industriels et les villes éprouvent de plus en plus de difficultés à s'équiper en station d'épuration à cause de l'opposition des riverains qui redoutent les nuisances olfactives. Grâce au pôle, Airpoll peut conforter ses liens avec un grand groupe local de l'environnement qui est un de ses principaux clients.

Si Axelera se voue à la chimie verte, ce mouvement dépasse le cadre strict du pôle. La chimie lyonnaise peut aussi compter sur de nombreuses autres jeunes entreprises à fort potentiel dans ce domaine. A l'image d'Activation, récemment créée par deux ex-chercheurs de Rhône-Poulenc. Grâce à sa maîtrise des techniques de catalyse appliquée au développement de nouveaux procédés « verts » (micro réactions de synthèse permettant d'économiser réactifs et solvants), cette jeune pousse a déjà créé 8 emplois, dont 4 de chercheurs, en l'espace de trois ans.

« Grâce au travail en réseau entre chercheurs et industriels de la chimie et des éco-industries, nous allons pouvoir concevoir et développer de nouvelles générations de produits et procédés plus performants sur le plan technique, économique et environnemental », assure Pascal Barthélémy. D'ici à deux ou trois ans, de nouveaux produits généreront, espère l'ensemble de la filière lyonnaise, des ventes et... des emplois qui pourront compenser l'érosion en cours de ses effectifs.


De notre correspondant Michel Quéruel


Reconversion réussie pour la plate-forme des Roches-Roussillon

En décidant de transformer son site chimique des Roches-Roussillon (Isère) en plate-forme multi-entreprise pour en pérenniser l'activité, alors qu'il se recentrait sur la chimie de spécialités, Rhodia a vu juste. Sept ans plus tard, le groupe s'est désengagé de plusieurs segments de marché mais la plate-forme emploie toujours autant de salariés : 1 500 emplois directs et 400 indirects. Entre temps une majorité d'entre eux a changé d'employeur. Ils travaillent maintenant pour Adisseo, Novapex, Prayon, Blue Star ou l'une des entreprises ayant repris une activité vendue par Rhodia.

Quand il cédait des ateliers, le groupe privilégiait les repreneurs qui s'engageaient à maintenir l'activité sur place et à la développer. Cette approche a permis de drainer 415 millions d'euros d'investissement en sept ans. L'autre facteur de succès réside dans la mutualisation des moyens. Dès 1999, Rhodia a transféré les 300 salariés de ses services administratifs et techniques au sein d'un GIE, qui fournit aux industriels du site les utilités (énergies, fluides, traitement des déchets...) dont ils ont besoin. Et le site pourrait bientôt encore s'étoffer.

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