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Rhône-Alpes : Renault Trucks, le poids lourd

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Pour développer sa nouvelle gamme de camions, le constructeur automobile a su mettre à profit les compétences technologiques de ces fournisseurs.

Rhône-Alpes : Renault Trucks, le poids lourd
Le groupe a injecté 150 millions d’euros pour renouveler son outil industriel.

Associé au nom et à l’histoire de Berliet dans la région lyonnaise, Renault Trucks n’a pas fait d’infidélité à Rhône-Alpes pour renouveler sa gamme de camions. Depuis 2006, 5 000 personnes ont été mobilisées sur ce programme dirigé par Thierry Hours, de la recherche avancée au design, des bureaux d’études aux équipes de vente et après-vente, des finances au service communication. « Nous avons fait de l’engineering simultané, comme nous ne l’avions encore jamais fait, observe-t-il. Tous les départements concernés ont travaillé ensemble du début à la fin. »

Sur les 2 milliards d’investissements réalisés, 150 millions d’euros ont été injectés dans l’outil industriel, notamment à Vénissieux (Rhône) et à Bourg-en-Bresse (Ain). De très grosses presses ont été implantées dans l’usine lyonnaise pour fabriquer les pièces des nouvelles cabines. Évolution majeure, une ligne de développement a été aménagée sur le site de Bourg-en-Bresse. Cette ligne, dédiée à l’assemblage des 500 premiers véhicules, sert à tester l’ergonomie des postes d’assemblage et à former les opérateurs sans perturber la production en série sur les autres lignes.

Renault Trucks a fait appel à des moyens de simulation sophistiqués. Soixante designers maison ont travaillé avec les bureaux d’études sans faire appel à des prestataires extérieurs. La planche de bord a été visualisée sur un « power wall », avant d’être prototypée par stéréolithographie en 2007. « Dès 2008, nous avons figé la définition du véhicule, gelé son design », explique Thierry Hours. L’assemblage du châssis a également été simulé, de même que la caisse en blanc. Seuls trois prototypes de châssis ont été réalisés au lieu de 60 pour le renouvellement précédent.

Pour sa nouvelle gamme, Renault Trucks s’est appuyé sur un réseau de 50 fournisseurs régionaux, de 100 fournisseurs nationaux, de 300 à 400 fournisseurs étrangers. « On cherche à avoir le plus de continuité avec nos fournisseurs, la relation la plus pérenne possible, indique Thierry Hours. Le choix des fournisseurs fait l’objet de procédures strictes. » Certains ont été retenus pour les phases d’engineering et de production. D’autres ont été rémunérés pour des études, mais n’ont pas été sélectionnés pour la suite.

Partage des ressources

Renault Trucks porte beaucoup d’intérêt à la « surface technologique » de ses fournisseurs. Ils doivent pouvoir le suivre « en volume et en qualité ». Certains font l’objet d’un partenariat privilégié et disposent d’un site avancé pour optimiser les flux logistiques. Ils sont situés à proximité ou sur les sites industriels du constructeur. De la Plastics Vallée à la région stéphanoise, de la vallée de l’Arve à la plaine de l’Ain, Renault Trucks, plus grand employeur privé de Rhône-Alpes, travaille avec une?cinquantaine de fournisseurs locaux de pièces plastiques et mécaniques, de systèmes pneumatiques et de tuberie.

Adetel fait partie de ces élus. Le groupe lyonnais d’ingénierie en électronique (55 millions d’euros de chiffre d’affaires, 600 personnes) s’investit dans des projets de R & D. Sous-traitant et cotraitant, il est aussi « force de proposition, de créativité transverse, selon la formule de son vice-président Xavier Benoît. Avec Renault Trucks, nous sommes montés dans la chaîne de valeur. Être associé au-delà du quotidien permet de passer certains caps ». La PME, spécialisée dans les systèmes électroniques embarqués, réalise 20% de son chiffre d’affaires régional avec le constructeur. Et lui dédie une équipe de 30 à 50 personnes. Cette implication lui a donné accès à d’autres programmes du groupe Volvo pour des véhicules qui nécessitent une architecture électronique particulière.

Représentant des PME à la gouvernance de LUTB Transport & Mobility Systems, Xavier Benoît apprécie le rôle joué par Renault Trucks dans ce pôle de compétitivité. Cette participation se traduit par « la mise à disposition de ressources et de compétences au sein de commissions et de programmes de recherche », remarque Pascal Nief, le directeur général de LUTB. Le directeur de la recherche du groupe est impliqué dans le programme sur les systèmes de transport, la DRH dans le copilotage de la commission formation, un autre cadre dans la commission lean manufacturing… Renault Trucks a aussi intégré sa plate-forme d’essais de La Valbonne (Ain) au projet Transpolis. Cette plate-forme technologique, dédiée à l’étude des transports collectifs de biens et de personnes en milieu urbain, à l’expérimentation grandeur nature de zone de livraison reconfigurable, entrera en service en 2014.

Les principaux investissements en cours

  • Roche Diagnostics France, le numéro un du diagnostic biologique, investit 40 millions d’euros à Meylan (Isère) dans la construction de son nouveau siège. Le groupe prévoit d’embaucher une vingtaine de personnes en 2013.
  • SNF, le premier producteur mondial de polymères pour le traitement de l’eau, la récupération assistée du pétrole et les réactifs pour mines, construit 6 000 m² d’entrepôts supplémentaires sur son site d’Andrézieux-Bouthéon (Loire). Un investissement de 10 millions.
  • Fournier, le fabricant de meubles de cuisine du groupe Mobalpa, investit 23 millions en deux ans. Au menu, une nouvelle ligne de fabrication de caissons de cuisine ainsi qu’une refonte du système d’expédition sur le site du Bray à Thônes (Haute-Savoie).
  • Rexam Healthcare engage 15 millions d’euros en trois ans dans l’extension de 2 400 m² à La Verpillière (Isère) pour accroître la production des sous-ensembles de stylos injecteurs d’insuline pour Eli Lilly. Une cinquantaine d’emplois supplémentaires seront créés. 

 

Grenoble cultive son particularisme microélectronique

Avec près de 6 500 salariés à Grenoble et à Crolles, STMicroelectronics est le premier employeur privé de l’Isère. 1 900 emplois ont été créés à la suite des 6 milliards d’euros d’investissements, réalisés entre 2002 et 2012 dans de nouvelles lignes de production et dans la recherche. C’est le plus gros investissement effectué en France au cours de la décennie. Autour de STMicroelectronics et du CEA-Leti, c’est tout un écosystème qui irrigue l’économie iséroise avec 22 000 emplois, le tiers de la filière microélectronique française et une double compétence dans le soft et le hard. Ce qui place Grenoble parmi les clusters mondiaux en microélectronique, le pôle grenoblois étant reconnu dans le domaine de l’Electronic design automation (EDA). Cette spécialité explique l’installation du troisième centre mondial de R & D de l’américain Atrenta sur le campus Minatec. Cette filière a permis d’attirer une vingtaine d’équipementiers et de prestataires de service d’origine étrangère en dix ans, notamment le japonais Raytex, spécialisé dans les équipements de test et de mesure pour l’industrie des semi-conducteurs. Autre implantation plus récente, celle de Salesforce.com qui vient de créer un centre de R & D. Son patron répète urbi et orbi qu’il n’a trouvé nulle part ailleurs dans le monde une telle densité de compétences.

 

 

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