RFID : l'Afsset s'interroge sur les risques

L'agence française de sécurité sanitaire livre un rapport faisant un état des lieux des dangers potentiels de l'identification par radiofréquences. L'agence souhaite que la recherche se poursuive et s'inquiète du non respect de règles élémentaires de sécu

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RFID : l'Afsset s'interroge sur les risques
Pas de panique, mais attention ! L'avis de l'Afsset sur la technologie d'identification par radiofréquences RFID est on ne peut plus mesuré. L'agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail vient de rendre un rapport* dans lequel elle rassure les consommateurs, mais met en garde l'industrie. Le remplacement des traditionnels codes à barre par des étiquettes qui transmettent des données par onde radio est une grande avancée pour la traçabilité des produits ou la télédétection, mais il mérite une surveillance particulière. « Le rapport de l'Afsset met en évidence la nécessité d'expertise et de recherches sur les risques sanitaires, environnementaux et éthiques liés à la RFID » se félicite José Cambou, responsable de France Nature Environnement. C'est son association qui avait saisi l'agence en 2005 pour qu'elle s'intéresse au sujet.

« Les systèmes RFID engendrent la plupart du temps une exposition très faible des personnes au champ électromagnétique, en comparaison d'autres sources, comme par exemple l'usage d'un téléphone mobile » énonce l'Afsset. Pas question par conséquent d'affoler le grand public, en contact ponctuel avec la technologie. Il n'y a pas aujourd'hui de risque sanitaire lié à l'exposition aux champs électromagnétiques émis par des systèmes RFID. L'agence affirme en revanche qu'il est nécessaire de poursuivre la recherche scientifique sur les expositions professionnelles continues. Même si elle se veut rassurante avec les salariés travaillant aujourd'hui avec la technologie : toutes ses observations ont révélé des valeurs inférieures aux limites d'exposition. L'Afsset propose notamment que l'on étudie les effets biologiques des rayonnements aux fréquences spécifiques des RFID, en particulier au niveau des fréquences intermédiaires.

Pas d'avis sur le respect de la vie privée

Plus inquiétant, l'agence relève le grand nombre de fabricants et intégrateurs de systèmes RFID : « Tous ne semblent pas être au courant de la nécessité de contrôler que les dispositifs commercialisés, à travers le marquage « CE », doivent garantir la sécurité et la santé des personnes » affirme le rapport. L'agence se demande par ailleurs s'il ne serait pas opportun d'enrichir la normalisation. Les expositions étudiées concernent toujours le corps humain dans son entier. Elle souhaiterait que l'on s'intéresse aussi à des expositions plus localisées. Elle souhaite enfin que soient étudiées « de possibles incompatibilités électromagnétiques avec des dispositifs actifs médicaux implantés » et « les effets psychologiques potentiels liés au développement de ces technologies, notamment dans le cas des puces RFID implantables dans le corps humain, si cela devait se développer en France. »WWW
France Nature Environnement souhaitait aussi un avis relatif aux questions de respect de la vie privée liées à la généralisation de la technologie. Mais l'agence se déclare incompétente en la matière. Se contentant d'exposer la position de la CNIL. La Commission nationale de l'informatique et des libertés s'est prononcée sur le sujet en 2006.

Olivier Descamps

* RFID : Evaluation des impacts sanitaires, un rapport de l'Afsset (153 p.)

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