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Réussir sa labellisation ISO 26000

Frédéric Parisot , ,

Publié le

Sgame a obtenu le plus haut niveau de labellisation pour la norme relative à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Un bon moyen de se différencier.

Réussir sa labellisation ISO 26000
Sgame s’est lancé seul dans l’aventure ISO 26000, à l’heure où les grands groupes ne faisaient que se renseigner sur la norme.

En matière de normes, il y a toujours de l’intérêt à être en avance. Pour Sgame, un sous-traitant spécialisé dans la fabrication de cartes électroniques en petites et moyennes séries, les normes sont un bon moyen de se démarquer d’une concurrence essentiellement artisanale. L’entreprise a mis un point d’honneur à faire certifier son système de management de la qualité (norme ISO 9001) puis son système de management environnemental (norme ISO 14001). Jean-Claude Gas, le PDG et fondateur de Sgame, entend parler par hasard de l’ISO 26000, la norme relative à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). « Un client potentiel est venu nous auditer fin 2012 et beaucoup de ses questions tournaient autour de la RSE. À l’époque, nous ne connaissions pas cette norme, mais nous nous sommes aperçus que nous étions bien avancés sur le sujet », se souvient le patron de cette PME de 22 salariés, qui réalise 4 millions d’euros de chiffre d’affaires. Sgame se lance début 2013 dans le projet d’évaluation ISO 26000 et deviendra un an et demi plus tard la première PME industrielle labellisée au niveau le plus élevé de la norme.

1 Exploiter l’existant

Pour atteindre si rapidement cette certification, l’entreprise, établie à Chaponost (Rhône), n’est pas partie de rien. Jean-Claude Gas faisait déjà de la RSE sans le savoir. Parmi les mesures instaurées dès la création de la société, en 1986, les salariés bénéficient d’horaires de travail libres. « Cela a créé de la responsabilisation, note Jean-Claude Gas. Si un soudeur a besoin de son après-midi, il le prend et s’organise pour rattraper ses heures. Cela suppose qu’il sache où en est son travail et qu’il soit impliqué dans le respect des quantités et des délais commandés par le client. » Une mesure difficile à justifier au début devant l’inspection du travail, pour qui chaque heure est tracée, mais le dirigeant désire créer une entreprise où il fait bon vivre. Autre mesure mise en place dès 1986 : l’intéressement. Il s’élève à 20 % du résultat de l’entreprise avant impôts. « Cela nous a valu une dégradation de notre notation Banque de France. Mais pour les employés cela change tout, ils peuvent recevoir jusqu’à trois à quatre mois de salaire supplémentaires par an », affirme Jean-Claude Gas. Ces mesures se révéleront des atouts pour l’audit ISO 26000, qui attache une grande importance au bien-être et aux conditions de travail des salariés.

2 Chercher des partenaires

Malgré les dispositifs existants, rédiger un dossier ISO 26000 ne s’improvise pas. Après une formation théorique à l’Association pour l’amélioration de la qualité (Afaq), le patron de Sgame se lance à la recherche de subventions pour l’accompagner dans le processus. La PME ne peut se permettre d’assumer seule le coût de l’audit, de l’ordre de 7 500 euros. Mais, à l’époque, la norme vient d’être publiée et aucun dispositif d’accompagnement n’est disponible, que ce soit auprès de la chambre de commerce, de la Région, de l’État et même au niveau européen. Sgame parvient tout de même à bénéficier d’une aide du syndicat de la métallurgie du Rhône sur les aspects juridiques et environnementaux du projet. « Et l’ensemble du personnel s’est mobilisé pour la certification, notamment les employés des services administratifs, qui ont rédigé la partie documentaire du dossier », souligne Jean-Claude Gas. Heureusement, un consultant du cabinet d’audit BCI France entend parler de cette PME qui souhaite se lancer seule dans l’aventure ISO 26000, à l’heure où les grands groupes ne font que se renseigner sur la norme. Interpellé par le courage du dirigeant de Sgame, le cabinet accepte d’auditer l’entreprise à prix réduit.

3 Viser l’excellence

Après ce premier audit, Sgame obtient la labellisation ISO 26000. BCI France lui accorde le premier niveau de maturité (sur quatre), mais Jean-Claude Gas pense déjà à atteindre le niveau de maturité le plus élevé. Si pour le premier audit il s’agissait surtout de transcrire des processus existants, il faut désormais répondre à toutes les exigences de la norme. « Il a fallu lister l’ensemble des parties prenantes internes et externes de notre organisation, à savoir les employés, les fournisseurs, les clients, les banques, les collectivités locales, mais aussi les clusters d’entreprises et les centres de recherche avec lesquels nous avons des relations, détaille Jean-Claude Gas. Puis il a fallu indiquer, pour chacune d’entre elles, l’importance qu’elle joue dans notre modèle économique, la vision que nous avons d’elle et les mesures mises en place pour recueillir la vision qu’elle a de nous. » La rédaction de ce chapitre a représenté plusieurs mois de travail. Le comité de direction a dû aussi prouver qu’il avait prévu tous les conflits d’intérêts possibles entre les parties prenantes. Il a fallu imaginer des garde-fous, afin d’éviter qu’un salarié n’embarque l’entreprise dans une démarche illégale, ou que les collaborateurs ne détiennent des intérêts chez un concurrent ou chez un fournisseur. Un autre sujet important au regard de la norme est la rédaction d’un code éthique pour la société. « Nous avons défini des règles internes garantissant le respect des droits de l’homme sur toute la chaîne d’approvisionnement, précise le PDG. Ce code éthique, adressé à tous nos clients, comporte les coordonnées de l’auditeur ISO 26000. Il permet d’alerter l’auditeur si l’un d’entre eux a le moindre doute sur l’une de nos pratiques. »

4 Appliquer l’amélioration continue

À ces mesures qui décrivent les interactions avec d’autres entreprises, Sgame a ajouté un chantier lean pour améliorer de façon durable les conditions de travail en interne. Les projets ont porté sur la santé et la sécurité des salariés, ainsi que sur la gestion des déchets. Une fois ces dispositifs d’amélioration continue mis en place, l’entreprise a reçu une nouvelle visite de l’auditeur, qui lui a accordé la note maximale, le niveau exemplaire. À l’époque, Sgame est la première PME à accéder à ce niveau, qu’aujourd’hui seules 8 % des entreprises labellisées ont atteint. « Cela a changé notre image auprès de nos clients et de nos fournisseurs », se félicite Jean-Claude Gas, qui a remporté le trophée du manager industriel de l'année lors du salon Industrie Lyon 2015. Au final, l’ISO 26000 a ceci de vertueux qu’elle oblige les dirigeants à envisager la vie de leur entreprise sous un angle différent, à voir au-delà de leur métier de base.

La norme ISO 26000


La responsabilité sociétale consiste à envisager l’impact des décisions et des activités d’une entreprise sur la société et sur l’environnement. Les mesures doivent assurer la santé et le bien-être des salariés, contribuer au développement durable de la société, et prendre en compte les attentes de toutes les parties prenantes (entreprises ou collectivités). Les procédures pouvant être très différentes d’une entreprise à l’autre, l’ISO 26000 ne fait pas l’objet de certifications comme les autres normes ISO, on parle donc de labellisation.

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