RETROUVONS NOTRE COMPETITIVITE

La politique française et européenne de soutien à l'industrie doit être plus volontariste.

Partager


Notre industrie est en perte de compétitivité. Nous avons alerté les pouvoirs publics de ce décrochage bien avant qu'il ne se concrétise à partir de 1999/2000. En quatre ans, la part de la France dans les exportations de l'Union européenne vers le reste du monde a chuté de 17,5 % à 15 %. C'est considérable. C'est un problème que l'industrie ne surmontera pas seule. Si les entreprises ont maintenu leur équilibre financier, c'est par un sacrifice de leurs marges exigeant une compression de leur effort d'investissement et du nombre de leurs salariés. Cela n'est pas suffisant, des éléments extérieurs pénalisent notre capacité d'action. Ces trois dernières années, les charges sociales ont augmenté d'un point alors qu'elles diminuaient dans les autres pays européens. En matière de fiscalité sur les entreprises, la taxe professionnelle (TP) a encore progressé. Nous demandons l'achèvement de la réforme de la TP en 2005. Par ailleurs, le prix de l'électricité s'est envolé de 50 % en trois ans. L'industrie française, qui bénéficiait de l'électricité la moins chère d'Europe, vient de perdre cet avantage compétitif au nom de la concurrence au sein de l'Union et d'une interprétation contestable de la réglementation européenne, qui permet aux électriciens d'amplifier leurs marges aux dépens des industriels. Nous demandons que le prix de l'électricité ne soit pas fondé sur les 10 % qui s'échangent à nos frontières mais sur les 90 % consommés sur notre territoire. Sinon, c'est un cadeau injustifié à nos voisins.
Nous demandons aussi que tous ces handicaps soient levés par une nouvelle politique industrielle. Il faut aussi une politique des pouvoirs publics, en liaison avec la politique communautaire et mondiale, en matière de parité monétaire. Depuis 2001, les entreprises européennes ont perdu 38 % de leur compétitivité par rapport aux pays de la zone dollar dont la Chine fait partie. La situation est critique pour de nombreuses entreprises. La politique européenne et française doit être plus volontariste : l'euro doit être utilisé comme une arme économique et il faut arriver à une stabilité relative des changes.
Enfin, il est urgent de mettre en oeuvre " la nouvelle politique industrielle " que nous réclamons depuis des années. Nous avons besoin d'un Etat stratège qui définisse avec les industriels les priorités en matière de développement et d'innovation. Ce projet, exprimé dans le rapport Beffa, réussira si les industriels sont associés à l'instance de pilotage et si son organisation est simplifiée au maximum. Un accent particulier devra être donné aux industries de l'environnement dont la protection présente un important gisement de nouvelles technologies et de nouveaux procédés, plutôt que de se voir imposer des réglementations excessives, comme avec le programme Reach, qui se traduira par des coûts et des pertes d'emplois considérables. La dynamique est là ! Formons le voeu qu'elle puisse s'appuyer sur cette nouvelle politique industrielle.
Yvon Jacob, nouveau président du Groupe des Fédérations industrielles (GFI)
Président de la FIM, président du conseil de surveillance de Legris Industries.

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS