Economie

Retraites : la durée de cotisation passe à 41,5 ans

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[ACTUALISE] - Comme évoqué par la presse le 4 juillet, la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein va passer à 41,5 ans pour la génération née en 1955.

Retraites : la durée de cotisation passe à 41,5 ans © DR

C’est ce qu’a annoncé le ministre du Travail, Xavier Bertrand, le 5 juillet sur Europe 1. Il explique que c’est tout simplement une conséquence de l’application de la loi de 2003. Elle stipule que les gains d’espérance de vie à 60 ans doivent se répartir entre un allongement de la vie professionnelle et de la retraite. "Ce principe nous amène à passer aujourd'hui de 41 ans à 41,5 ans, précise Xavier Bertrand. C’est nécessaire pour préserver l’équilibre de notre système de retraiteVivant plus longtemps, il est logique que l'on travaille un peu plus longtemps".

Un décret devrait être publié dans ce sens avant le mois de décembre. Le 6 juillet, le Conseil d'orientation des retraites (COR) doit rendre un "avis technique", évoquant, selon des sources concordantes, ce même allongement de la durée de cotisation à 41,5 ans pour les générations nées à partir de 1955.

Les rumeurs concernant cette annonce a provoqué l’ire des syndicats le 4 juillet. "C'est clairement une double peine, pour Philippe Pihet, chargé des retraites pour FO. On ajoute la réforme de 2003 à celle de 2010". Son homologue de la CFDT, Jean-Louis Malys, précise que "le cumul des deux mesures, le recul de l'âge légal à 62 ans et l'allongement de la durée de cotisation, n'est pas acceptable".

A la CGT, c'est le système entier des retraites qui est remis en cause. Pour Eric Aubin, "il faut stopper ces mécanismes et redéfinir ce qu'est une carrière complète, revenir sur l'âge légal, et avoir un dispositif reconnaissant la pénibilité". L'UCR-CFDT, l'Unar CFTC, l'Unir-CFE-CGC, l'UCR-CGT, l'UCR-FO, la FGR-FP et Unsa retraités ont déjà appelé à manifester le 6 octobre prochain pour la prise en charge de la perte d'autonomie et la défense du pouvoir d'achat des retraités.

Quant à la présidente du Medef, Laurence Parisot, elle approuve l'annonce de Xavier Bertrand. Lors de sa conférence de presse mensuelle, elle explique qu'"il est tout à fait essentiel pour l'équilibre du dispositif de maintenir constant le rapport entre le temps de travail et le temps de retraite"

Du côté politique, la réaction majeure de la journée est venue du parti socialiste. Interrogé sur RMC Info le 5 juillet au matin, Arnaud Montebourg, candidat à la primaire socialiste, a réagi dénonçant "une réforme injuste qui repose sur les seules épaules de ceux qui n'ont que leur travail pour vivre". Eva Joly, candidate à la primaire d'Europe-Ecologie les Verts, explique que c'est une double peine infligée aux salariés. Au Parti communiste, on dénonce une mise à sac des retraites. 

Actuellement, la durée de cotisation est de 40 ans et trois trimestres pour la génération 1951 et elle doit passer en 2012 à 41 ans pour la génération 1952. La réforme des retraites de 2010 a prévu qu'elle passerait ensuite à 41 ans et un trimestre en 2013 pour les générations 1953 et suivantes.

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