Electronique

Retour en force de Sharp dans l’électronique grand public

Ridha Loukil , ,

Publié le

Après cinq années consécutives d’absence, le groupe japonais d’électronique Sharp revient à l’IFA de Berlin. L’occasion de marquer son retour en Europe sur le marché de l’électronique grand public. Avec deux points forts : l’imagerie à résolution 8K et l’Internet des objets.

Retour en force de Sharp dans l’électronique grand public
Stand de l'IFA 2017
© Sharp

Les Samsung, LG et autre TCL n’ont qu’à bien se tenir. Sharp est bien de retour. Après cinq années consécutives d’absence, le groupe japonais d’électronique revient à l’IFA, la grande messe de la high tech grand public qui se déroule à Berlin, en Allemagne, du 1er au 6 septembre 2017. L’occasion de donner le coup d’envoi à sa contre-offensive sur le marché global de l’électronique grand public après des années de repli sur le Japon.

Un téléviseur 8K de 70 pouces

Pour marquer les esprits, le groupe d'Osaka, dirigé depuis août 2016 par le taiwanais Cheng-wu Tai, numéro deux du géant taiwanais de la sous-traitance électronique Foxconn, a choisi de cultiver sa différence en misant à fond sur trois évolutions majeures de l’électronique : l’imagerie à résolution 8K, l’Internet des objets, et les services à intelligence artificielle accompagnant les produits domestiques.

Sharp s’impose comme le pionnier du développement des écrans LCD 8K offrant une résolution d’image de 7 680 x 4 320 pixels, quatre fois la résolution des écrans à ultra haute définition qui constituent les écrans nec plus ultra disponibles aujourd’hui. Son premier produit dans cette résolution est un téléviseur de 70 pouces. Il sera commercialisé à partir d’octobre 2017 en Chine et au Japon, puis en 2018 en Europe et à Taïwan, à un "prix abordable". Dans l’Internet des objets, il entend jouer la carte de la connectivité pour ses appareils électroménagers et profiter de la vague d’intelligence artificielle pour proposer des produits de rupture comme des robots assistants.

Percée aux dépens de Samsung

L’offensive porte tout particulièrement sur la télévision, l’une de ses activités les plus emblématiques aux cotés de celles dans les écrans aux cristaux liquides et dans les panneaux solaires. Après avoir déserté le marché international au profit d’une stratégie de licence de la marque au chinois Hisense en Amérique du Nord et au slovaque UMC en Europe, Sharp revient en force. En Europe, il reprend la main en créant en 2016 Skytec, une coentreprise avec UMC dont il contrôle le capital. En Amérique du Nord, il peine toujours à conclure un accord similaire avec Hisense qui tient à garder l’usage de la marque japonaise jusqu’en 2021. Pour contourner le problème, il envisage de créer une nouvelle marque pour ses téléviseurs. Selon le cabinet TrendForce, Sharp pourrait écouler 7,5 millions de téléviseurs LCD en 2017, soit près du double des 4 millions vendus en 2016. Aux dépens surtout de Samsung qui verrait ses livraisons chuter à près de 40 millions d’unités, contre 50 millions en 2016.

Retour à la croissance

Depuis sa prise de contrôle en août 2016 par Foxconn, Sharp est engagé dans une lourde transformation et un changement complet de stratégie pour sortir du marasme dans lequel il était plongé depuis 2011. Sous la férule de Cheng-wu Tai, il est passé à un résultat d’exploitation positif sur l’exercice clos en mars 2017 après trois exercices consécutifs dans le rouge. La confiance retrouvée est telle qu’il prévoit une croissance de l’ordre de 20% de son chiffre d’affaires pour l’exercice à clôturer en mars 2018. Après quatre exercices consécutifs de recul, qui lui ont fait perdre 30% de son chiffre d’affaires, ce rebond marquerait un grand tournant pour un groupe considéré comme un pionnier dans les écrans LCD, la télévision à écran plat ou les diodes infrarouges.

Le plan stratégique à trois ans,  présenté par Cheng-wu Tai en mai 2017,  prévoit un chiffre d’affaires de 3,25 trillions de yens sur l’exercice à clôturer en mars 2020. Ce qui représente un bond de près de 60% par rapport au chiffre de 2,05 trillions de yens du dernier exercice fiscal clos en mars 2017. Si ce résultat se concrétise, il donnerait une vraie leçon de management aux groupes nippons de l'électronique dans le marasme, comme Sony, Panasonic ou Toshiba.

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